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Publicité pour un site de rencontres retirée : censure...ou pudibonderie ?

Des publicités pour le site de rencontres extra-conjuguales Gleeden ont été retirées par l'afficheur au début du mois dans certaines villes d'Ile-de-France, en réaction à des protestations d'habitants. Aujourd'hui ce retrait suscite la polémique : "censure" ou pudibonderie ?
© Bruno Fahy/Belga/AFP
La publicité critiquée - une pomme croquée sous un titre sobrement formulé "le 1er site de rencontres extra-conjugales pensé par des femmes" -, avait engendré, dès son apparition, de nombreuses protestations parmi des habitants et des usagers des réseaux de transports tels que Transdev et Keolis, puisque les publicités s'étalaient à l'arrière des bus urbains.

Le site, Gleeden.com affirme aujourd'hui dans un communiqué que les publicités ont été retirées à l'arrière de bus dans des communes des Yvelines, telles que Poissy, Rambouillet, Saint-Germain, Chatou, Conflans-Sainte-Honorine, Versailles ainsi qu'à Sèvres (Hauts-de-Seine), avant la fin de la campagne prévue le 9 février. Et le site dénonce "une atteinte à la liberté d'afficher", "un retour en arrière", soulignant que "l'infidélité ne constitue plus un délit pénal depuis 1975".

Keolis a confirmé avoir décidé de retirer la publicité, notamment à Versailles pour "répondre aux attentes des voyageurs", après avoir reçu 500 réclamations en une semaine, contre environ 900 par an habituellement. Mais la municipalité (DVD) de Versailles précise avoir approuvé la décision, sans pour autant l'avoir réclamée.

Car aujourd'hui, personne ne veut apparaître comme "censeur" dans cette histoire. D'où cette polémique qui naît : s'agit-il d'un acte de censure ou d'une pudibonderie nécessairement exagérée dans notre époque ?

L'avocat des associations familiales catholiques, maître Hubert de Beauregard, a fait savoir qu'il avait assigné mercredi devant le tribunal de Paris la société éditrice du site, Black Divine, pour "contester la légalité du site et de ses communications publicitaires".
Quant aux élus des communes concernées, le maire UMP de Rambouillet, Marc Robert avait pris les devants: alerté par des habitants, il a envoyé un courrier à Transdev pour lui faire part de son étonnement et lui demander de faire le nécessaire.
« En ma qualité d'officier d'état-civil, explique-t-il, j'estime que cette publicité est clairement une incitation au non respect du Code civil qui stipule que "Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance"».
Le maire de Versailles argumente « Ces publicités posaient un certain nombre de problèmes à une partie de la population, notamment des catholiques pratiquants les plus attachés aux valeurs familiales »

Gleeden, site français qui revendique 2,3 millions de membres, principalement en Europe, dont plus d'un million en France, affirme ne pas comprendre l''intensité de ces réactions :« On ne comprend pas ces réactions exagérées, d'autant que nous communiquons depuis cinq ans. La campagne comportait un message très neutre et n'avait rien de choquant ».
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