TEMOIGNAGE. "Je me retrouve sans revenus", en situation de handicap, son allocation de la CAF retirée quelques mois avant la retraite

Ollivier Uzan, un habitant de la Seine-Saint-Denis, s'approche de la retraite. Il a fêté ses 62 ans en mars et souffre de plusieurs pathologies pulmonaires. Alors qu'il touchait l'Allocation Adulte Handicapé de la CAF, il affirme qu'elle lui a été retirée du jour au lendemain. La Caisse d'allocations du département explique comment éviter une telle situation.

"Il va falloir que je me serre la ceinture." Olliver Uzan accuse le coup. À 62 ans, il s'approche de la retraite. Celle-ci lui sera accordée en octobre prochain. En situation de handicap, il explique qu'il a perçu jusqu'en mars dernier, l'Allocation Adultes Handicapés (AAH) de la part de la CAF et que depuis le 8 mars dernier, cette allocation lui a été retirée.

"J'ai consulté mon espace en ligne et me suis rendu compte que je ne touchais plus que les 186 euros de ma prime d'activité mais pas les 920 euros de l'AAH, c'était l'incompréhension. Je n'ai pas reçu de courrier pour me prévenir", raconte-t-il.

Ollivier Uzan se rend dans les locaux de la CAF de Bobigny pour obtenir des explications. "On m'a dit qu'étant donné que mon taux d'invalidité inférieur à 80%, le versement n'est plus effectué à partir de 62 ans. Cela ne prend pas en compte la nouvelle réforme qui repousse l'âge à 62 ans et six mois pour les gens de mon année de naissance", explique-t-il.

"Plusieurs mois sans ressources" selon l'allocataire

L'homme né en 1962 souffre d'un handicap invisible. "J'ai trois pathologies pulmonaires assez sévères, je fais beaucoup de crises d'asthme et d'accidents d'ordre respiratoires", détaille cet habitant de Livry-Gargan. Du fait de ces pathologies, de nombreux métiers lui sont inaccessibles. "Je ne peux pas faire d'activité physique importante, donc tous les métiers dans lesquels il faut rester debout longtemps sont compliqués. Dernièrement je faisais traverser des enfants devant une école mais j'ai dû arrêter à cause de l'exposition aux gaz d'échappements", indique-t-il.

Depuis quelques mois, il est donc sans emploi et craint de se retrouver sans ressources jusqu'à ce qu'il touche sa retraite en octobre prochain.

"C'est très compliqué car je n'ai aucun moyen de retrouver un travail avec mes différentes pathologies. Je touche un peu d'argent du Pôle Emploi. Je vis chez ma mère alors elle accepte que je ne lui paye pas le loyer mais je pense à tous ceux qui sont dans ma situation et qui doivent payer un loyer et les factures. Je ne pense pas être le seul cas de figure", indique-t-il.

Pour tenter de régler sa situation, cet ancien sondeur par téléphone dit avoir adressé un recours à la Caisse d'Allocations Familiales. Celui-ci est pour l'instant rester sans réponse selon ses dires.

Des situations complexes à anticiper

L'Association pour la Prise en Compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privés dénonce que "tout n'est pas été anticipé dans la Réforme des Retraites pour venir en aide aux personnes en situation de handicap".

Son président Mathieu Annereau indique que "ce genre de choses se produit souvent dans la mise en place des réformes. L'AAH reste coupée d'office aux personnes de 62 ans qui ont une invalidité inférieure à 80%. Et ce malgré le fait qu'elles partent à la retraite 6 mois plus tard avec la réforme. C'est un trou dans la raquette", note Mathieu Annereau.

De son côté, la CAF 93 dit prendre en compte les difficultés évoquées par les bénéficiaires de l'AAH et s'assurer que "chaque acteur procède aux démarches dans les délais impartis".

Concernant le cas d'Ollivier Uzan, la Caf du 93 affirme qu'elle a "adressé le 29 septembre 2023 un courrier à monsieur Uzan sur les démarches à engager concernant les droits retraite afin d'éviter toute rupture de droits. Il était notamment attendu une preuve du dépôt de la demande de pension. M. Uzan a déposé sa demande de droits à la retraite le 15/03 auprès de l'assurance vieillesse sans l'adresser à la Caf"

L'organisme souligne également avoir répondu à la demande de réclamation de l'allocataire mais qu'aucun recours de sa part n'a été formulé auprès de ses services.

Pour éviter que ce type de situations ne se reproduisent, la caisse d'allocations assure : "Nous avons engagé en mars 2024 des écoutes clients auprès d'allocataires et partenaires afin de prévenir les ruptures de droits liées aux transitions d'âge et d'activité."

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