"Je ne sais pas comment je vais faire" : des résidents du Crous délogés en Île-de-France pendant les JO de Paris-2024

Des étudiants qui louent des appartements du Crous en Île-de-France devront libérer leur logement durant la période des Jeux Olympiques de Paris-2024. Une mesure qui fait polémique sur les réseaux sociaux. Si le Crous assure que les étudiants seront relogés, les organisations étudiantes font part de leurs inquiétudes.

"Je suis scandalisée." Pour Krista Haro, le couperet est tombé ce jeudi. En consultant le site de la résidence du Crous à Montreuil en Seine-Saint-Denis, elle a appris que son logement serait réquisitionné durant les Jeux Olympiques de Paris-2024. "Je ne sais pas comment je vais faire pour me loger durant cette période", raconte l'étudiante en sciences politiques à l'université Paris-Nanterre.

Son bail ne se terminera pas comme prévu initialement le 31 août mais le 30 juin dans le but de libérer son hébergement qui sera occupé par des membres du personnel des Jeux. "Je vais me retrouver dans une situation très difficile. Je vais devoir déménager, faire de nouvelles visites et laisser mon appartement pour les besoins d'une compétition qui ne sert aucunement aux étudiants", proteste-t-elle.

Depuis quelques jours, d'autres étudiants franciliens résidants dans des logements du Crous reçoivent des mails les informant que "le comité d'Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques nous demande de mettre à sa disposition la résidence où vous êtes actuellement logés" durant l'été 2024.

L'objectif : y loger des "volontaires et partenaires mobilisés pour l'événement", selon le Crous. Une dizaine de résidences en Île-de-France seraient concernées notamment dans les départements des Yvelines de Seine-Saint-Denis et à Paris. Au total, près de 3 000 étudiants pourraient être délogés à partir du 30 juin 2024.

Le Crous promet de reloger les étudiants 

La polémique enfle depuis la publication sur Twitter du mail reçu par un étudiant de la part du Crous de Versailles. Le courriel l'informe que sa résidence devra être "vide de tout occupant" avant le début des Jeux.

Dans une série de tweets publiée ce jeudi, le Crous précise que "les étudiants souhaitant rester en Île-de-France durant la période pourront être relogés." Cela se fera de façon "temporaire dans une autre résidence", lit-on dans le mail en date du 10 mai.   

Concernant le retour des étudiants dans leur logement, l'organisme explique que "ceux pour qui le logement est renouvelé sont assurés de le retrouver à la rentrée de septembre 2024, sans payer de loyer sur la période estivale."

Clément Cadoret, le directeur général délégué du CNOUS, structure rassemblant l'ensemble des Crous au niveau national, assure que la structure "va accompagner individuellement les étudiants qui souhaiteront rester dans un logement à proximité pendant l'été." En outre, il indique qu'il y a "assez peu d'étudiants qui demeurent dans leurs logements durant la période estivale donc nous pensons avoir la capacité de trouver une solution appropriée à chaque étudiant."

"Une situation ubuesque" 

Cette situation interpelle les organisations étudiantes. "On annonce à des jeunes qu'ils vont devoir quitter leur lieu de vie, c'est ubuesque, beaucoup d'entre eux travaillent l'été et ont besoin de leurs logements", regrette la présidente de l'UNEF Iman Ouelhadj.

La dirigeante de l'union étudiante estime que "si le gouvernement veut utiliser des logements CROUS, il doit le faire sur des habitations libres. Les étudiants ne peuvent pas être pénalisés ni être la variable d'ajustement des JO." Elle remet également en question le choix de la date du 1er septembre pour le retour des résidents dans les appartements. "On leur demande donc de gérer à la fois leur réaménagement et la rentrée en même temps, cela risque d'être très compliqué."

Une pétition lancée ce vendredi par un internaute sur le site Mesoponions.fr pour dire "non à l'expulsion des étudiants de leur logement Crous pour les JO" recueille déjà plus de 8 600 signatures.

Avec Antoine Marguet