Agression d'une professeur : "On n’excuse pas le geste de l’élève, mais les gamins ont besoin d'être encadrés"

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Les personnels et les parents d’élèves du collège Fabien à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dénoncent l’agression d’une enseignante par un élève pendant un cours, vendredi 15 avril.

Les faits sont survenus "pendant le cours". "Un élève a violemment agressé à mains nues l’une de nos collègues", vendredi matin, déplore un collectif de membres du personnel du collège Fabien à Saint-Denis, dans un communiqué relayé sur Twitter. "Immédiatement, des élèves sont intervenus pour protéger leur enseignante", poursuit le collectif.

La victime a ensuite été "prise en charge par le Samu et menée à l’hôpital". Les personnels dénoncent une "agression particulièrement grave".

Du côté des parents d'élèves, Catherine Denis, représentante FCPE au collège Fabien, confirme une "agression physique d’un élève envers une professeure". "Il y a des incidents fréquemment dans notre collège, mais c’est événement assez insolite par sa gravité. En tant que parents délégués, on n’a vu que du soutien de la part des élèves et des familles. C’est vraiment une enseignante bienveillante et investie. On a été très choqués", raconte-t-elle.

"Dans le contexte politique actuel, nous refusons toute récupération de cet événement qui tendrait à stigmatiser davantage nos élèves", souligne de son côté le collectif de personnels. Ces derniers mettent en avant "le contexte" à l’origine selon eux de l’agression.

"Cet incident n’est en rien un phénomène isolé. Il est le symptôme d’une situation qui se dégrade dramatiquement ces dernières années, essentiellement en raison d’un manque de moyens et de personnels", explique ainsi le collectif.

Le manque de moyens pointé du doigt

Les membres du personnel du collège pointent du doigt le refus du classement en REP+ (Réseau d'éducation prioritaire renforcé) de l'établissement, aujourd’hui classé REP, "suite à une erreur administrative". "Ces moyens nous permettraient de prévenir ce genre de crise : avant toute chose, les classes seraient moins chargées, ce qui favoriserait un meilleur accompagnement des élèves et une ambiance de classe plus apaisée", affirme le collectif.

Les personnels pointent aussi du doigt le non-remplacement d’enseignants, parfois "absents depuis plus de six mois". Et ce, alors que le collectif craint "une énième fermeture de classe pour la rentrée prochaine".

Catherine Denis déplore aussi "le manque de moyens humains et budgétaires" malgré "une équipe d'enseignants qui se décarcasse". "Par exemple, il manque un professeur d’histoire-géo depuis six mois. Ça entraîne de grosses lacunes en termes d’apprentissage. A plus court terme, les enfants ne savent pas comment ils vont pouvoir gérer leur épreuve du brevet. Mon fils est en troisième, il a raté l'équivalent d’un an de scolarité depuis la sixième", dénonce la représentante FCPE.

On n’excuse pas le geste de l’élève, mais les gamins ont besoin d'être encadrés. On fait remonter nos problématiques, mais on ne voit pas beaucoup de changements.

Catherine Denis, représentante FCPE au collège Fabien

Le collège a reçu ce mardi le Directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), qui a décidé de mettre en place une cellule psychologique, indique Catherine Denis. "Ils ont écouté, en prenant le point de vue des familles puis des enseignants", explique-t-elle.

La représentante FCPE se dit toutefois "inquiète face à la baisse de moyens encore programmée à l’avenir" : "On a l'impression qu’on retire des choses au collège depuis des années. L’établissement est sous tension. On n’excuse pas le geste de l’élève, mais les gamins ont besoin d'être encadrés. On fait remonter nos problématiques, mais on ne voit pas beaucoup de changements."

Catherine Denis explique que les parents d’élèves ont décidé ce weekend "d’écrire à madame Macron". "Un dernier espoir", selon la représentante FCPE.