Transat Jacques-Vabre : à la barre du voilier Time for Oceans, des skippers engagés pour l’environnement

Le Time for Oceans, le voilier de Stéphane Le Diraison et François Guiffant. / © Ludovic de Cockborne // Time For Oceans
Le Time for Oceans, le voilier de Stéphane Le Diraison et François Guiffant. / © Ludovic de Cockborne // Time For Oceans

Le Francilien Stéphane Le Diraison et son coéquipier François Guiffant prennent ce dimanche au Havre le départ de la Transat Jacques-Vabre, à la barre du bateau Time for Oceans. Un voilier baptisé par Yann Arthus-Bertrand qui, comme les skippers, milite pour préserver les océans.

Par EH / PDB / France 3 PIDF

Time for Oceans, l’Imoca de 18 mètres de long avec lequel Stéphane Le Diraison et François Guiffant prennent le départ de la Transat Jacques-Vabre ce dimanche, a été baptisé la veille par un invité de marque : Yann Arthus-Bertrand. Le photographe, qui depuis 2005 alerte sur l’état de notre environnement à la tête de la fondation Good Planet, porte aujourd’hui un regard pessimiste.

« J’ai 73 ans, depuis que j’ai 20 ans je m’intéresse à l’écologie et tous mes espoirs ont presque été à chaque fois anéantis par les rapports du GIEC (NdlR. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), raconte le photographe. On vit dans un déni, on ne peut pas croire à une fin du monde et pourtant si on continue comme cela, on va vers une fin compliquée pour l’humanité. »
Et de poursuivre : « Les scientifiques parlent de la sixième extinction sur Terre. C’est la mort de mes petits-enfants. Et je le dis avec émotion. On continue dans ce système car la croissance est le socle de notre civilisation. »

Stéphane Le Diraison, à la barre de Time for Oceans avec son coéquipier François Guiffant, ne s’engage pas que dans la compétition, mais aussi pour l’écologie. Rencontre avec le skipper de Boulogne-Billancourt, qui se bat pour la préservation des océans.
Yann Arthus-Bertrand a baptisé le Time for Oceans samedi, la veille du départ. / © Ludovic de Cockborne // Time For Oceans
Yann Arthus-Bertrand a baptisé le Time for Oceans samedi, la veille du départ. / © Ludovic de Cockborne // Time For Oceans

France 3 Paris IDF : Vous êtes un navigateur en solitaire, comment fonctionnez-vous en double ?

Stéphane Le Diraison : Nous sommes deux solitaires mais nous formons une équipe quand le bateau en a besoin. A tour de rôle, on prend soin du bateau, de sa performance. On manœuvre, on change de voile à deux.
C’est donc un mixte avec une ambiance particulière pour un marin en solitaire comme moi. Et cela permet de tirer plus sur le bateau, d’être plus proche des 100 % du bateau.
François Guiffant : Non, ce ne sont pas deux solitaires. Car les manœuvres, on les fait ensemble. Mais ce sont deux identités. C’est ça qui est intéressant dans le double, ce qui est riche. On a tous à apprendre de l’autre.

Quelles sont les forces et les faiblesses du duo ?

SLD : Notre force, c’est notre complémentarité dans nos expériences et nos spécialités à chacun. Moi je connais bien mon bateau, j’ai une bonne connaissance de certains aspects liés aux télécommunications par exemple.
Nos faiblesses : on manque de compétitions en duo. On a couru deux courses ensemble. Face à des duos qui sont rodés depuis plusieurs éditions, ce sera un point faible.
FG : Notre force : on est complémentaire on s’entend bien sur l’eau, notre entente est venue naturellement. La faiblesse : on aimerait aller plus vite. Ça sera l’année prochaine avec les foils (NdlR. Des dérives spéciales permettant aux voiliers d'atteindre de très fortes vitesses de pointe) !

Quelles sont vos ambitions sportives ?

SLD : L’ambition est d’être dans les deux ou trois meilleurs bateaux sans foils et il y en a qui sont très très bons. Et puis, aussi, essayer de jouer les trouble-fêtes avec des bateaux plus récents, plus performants car c’est une course qui le permet.

On va bien s’accrocher au départ et essayer de ne pas décrocher dans la Manche car ça va accélérer. On va rester à l’affût car il y aura des choses à faire à l’ouest du Portugal. On y va sans complexe, motivés, conscients de nos atouts tout en restant humble.
FG : Mon envie ? Le mieux possible ! Premier ! On espère être dans le haut du tableau. Il y a de beaux concurrents, il y a des bateaux récents. Il faut se battre au maximum. Etre dans la première partie, ce serait un très beau résultat.

Ce qui fera la différence avec les autres, ce sont l’action, l’engagement, l’expérience, l’analyse de la météo et la stratégie. La voile est un sport complet et c’est cela qui est beau.

La Transat Jacques-Vabre est-elle une répétition avant le Vendée Globe, qui part en novembre 2020 ?

SLD : Oui, chaque navigation est une forme d’entraînement même si la Transat Jacques-Vabre est un événement en soi. Cette course est aussi une répétition générale avant la mise en place des foils qui permettra de peaufiner la connaissance et les performances du bateau dans sa configuration actuelle.

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