Après deux ans d’interruption, le "train des primeurs" est de retour à Rungis

Le train, qui transporte des fruits et légumes de Perpignan (Pyrénées-Orientales) jusqu’au marché international de Rungis (Val-de-Marne), a repris du service. La liaison était suspendue depuis l’été 2019.

La liaison, qui permet l’acheminement de fruits et légumes du sud de la France et du bassin méditerranéen, est relancée après deux ans d’arrêt. Le "train des primeurs" est arrivé tôt ce samedi matin, vers 3h, au marché d'intérêt national (MIN) de Rungis. Un retour accueilli en grandes pompes.

Le train est composé de 12 wagons réfrigérés. Un convoi qui remplace l’équivalent de 18 camions sur les routes.

"Il y a un problème de trafic routier et de densification sur la route qui ne permet plus de faire rouler autant de camions, avance Franck Desmettre, président du Syndicat des Fruits et Légumes. Et il y a toujours une croissance de la demande. C’est indispensable d'avoir cet outil qui rentre au coeur de l’Île-de-France."

Le train nous apporte une fiabilité

Franck Lliso, grossiste

Le convoi devrait alimenter les grossistes cinq jours par semaine de novembre à juillet. De quoi représenter 10% du flux des fruits et légumes à Rungis. Franck Lliso, grossiste, est venu contrôler des palettes de citrons, reçus depuis l’Espagne et passés par Perpignan. "Le train nous apporte une fiabilité, quand il arrive à l’heure, explique-t-il. Il apporte une garantie pour nos clients, d’avoir toujours tôt leur marchandise."

Deux fois moins de wagons qu’il y a deux ans

Le train est parti la veille à 16h28 de Perpignan, en présence du Premier ministre Jean Castex. Il est subventionné à hauteur de 14 millions d’euros durant trois ans. Le retour du train est jugé comme timide et incertain par certains.

La liaison avait été suspendue en juillet 2019, faute de clients. Les négociations pour maintenir le train avaient échoué entre la filiale Fret SNCF et les sociétés de chargeurs. Les wagons, vétustes après presque 40 ans de service, étaient arrivés en fin de vie. Les nouveaux wagons nécessitaient des investissements importants.

A noter plusieurs bémols. Le nouveau convoi, qui repart vers le sud à vide, a deux fois moins de wagons qu’il y a deux ans. Les transporteurs demandent par ailleurs en urgence la modernisation du marché international de Rungis : la gare actuelle ne peut pas accueillir de train complet.

"Je lance un grand appel d’offres pour créer une gare de transport combiné ici à Rungis, avec des grues, des moyens pour décharger des conteneurs, et avec la possibilité pour les camions de laisser leurs remorques sur le train, affirme Stéphane Layani, président du marché international de Rungis. C’est comme ça qu’on créera de véritables autoroutes ferroviaires."

Un nouveau terminal pourrait permettre d’élargir les capacités de dessertes ferroviaires vers d’autres marchés européens, comme Barcelone par exemple.

 

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