L’IGPN saisie après l’interpellation de collégiens à Vitry-sur-Seine, des plaintes déposées pour injures racistes

Les familles de quatre adolescents ont déposé des plaintes pour injures racistes et homophobes, au cours d’une interpellation fin mai à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) par des policiers de la BAC.

Le parquet de Créteil a saisi l’IGPN, la "police des polices" (illustration).
Le parquet de Créteil a saisi l’IGPN, la "police des polices" (illustration). © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Alors que les manifestations contre le racisme et les violences policières se multiplient depuis la semaine dernière, quatre plaintes ont été déposées contre des policiers de la BAC du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) pour injures racistes et homophobes, détention arbitraire et violence volontaire. Les faits remontent eu 26 mai dernier, à Vitry-sur-Seine : quatre collégiens sont alors contrôlés par la police. Trois seront placés en garde à vue.

Au cours de l’interpellation, les jeunes – qui étaient soupçonnés par les fonctionnaires d’un vol à l’arraché à Villejuif – disent avoir été la cible de coups mais aussi d’insultes racistes et homophobes.
"Un monsieur a dit à mon ami : "Vous faites quoi ici ?", témoigne l’un des adolescents, qui souhaite rester anonyme. [Mon ami] a dit "on sort ensemble", dans le sens où l’on sort entre potes. Après [un policier] a commencé à dire à ses potes : "Eh regardez le maghrébin et les deux noirs, ils sont gays !" Ils ont dit : "Bon, ils cassent les couilles ces deux négros, mettez-le dans la voiture avec le maghrébin". Ils nous ont mis dans la voiture, moi j’étais au milieu. Ils lui ont dit : "Si tu ne rentres pas, on te rentre avec les jambes"."

L’IGPN saisie

De leur côté, les policiers, qui s’opposent à la version des collégiens, assurent avoir prévenu les parents de la garde à vue. Toujours selon eux, les adolescents auraient également vu un avocat et un médecin.

Il n’y a eu aucune injure

"L’interpellation est absolument claire, défend Julien Schenardi, secrétaire régional Alliance 94. Il n’y a eu aucune injure, que ça soit à caractère racial ou homophobe. Je pense qu’on est plus là dans une instrumentalisation. On surfe sur une haine anti-police actuelle. Une députée La France Insoumise, Mathilde Pano, a récupéré cette affaire à son compte et en fait son cheval de bataille pour aujourd’hui discréditer la police."

Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne, a en effet dénoncé l’affaire, indiquant mercredi sur Twitter : "24 heures de GAV alors qu’ils étaient innocents, insultes racistes, homophobes, gifle, intimidations, non-respect des droits des mineurs. […] Nous ne laisserons pas faire !"

Des jeunes inconnus des services de police

Les collégiens, inconnus des services de police, ont en tout cas été depuis innocentés. "Il n’y avait rien contre eux, pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont rien fait, affirme Me Jérôme Karsenti, l'avocat des collégiens. Et quand bien même ils auraient fait quelque chose, ça n’aurait en rien autorisé les policiers à être discriminants, insultants ou violents. C’est la cerise sur le gâteau : ils se sont retrouvés en garde à vue alors que c’était leur premier contact avec la police, et pour rien."

Quand on est noir ou arabe, on est très vite perçu comme un délinquant

L’avocat espère "une enquête d’une autre couleur que d’habitude" : "J’espère que l’on respectera la parole des enfants comme celles des policiers. Qu’on ne mente pas, qu’on ne dénature pas. J’espère que les services de police agiront en toute indépendance." Selon lui, l’affaire a pour caractéristique de montrer "ces interpellations, ce harcèlement quotidien" : "Quand on est noir ou arabe, on est très vite perçu comme un délinquant".

Selon leur avocat, le droit des mineurs n’a pas été respecté. Le parquet de Créteil a saisi l’IGPN (l’Inspection générale de la police nationale), la "police des polices".

 

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