COVID19 "La danse : c'est là où je peux agir sur le monde" pour la mancelle Marjorie Kellen

Dans le magazine de la création artOtech, nous laissons carte blanche à des artistes pour chorégraphier un lieu. Marjorie Kellen improvise dans les fontaines du parc Théodore Monod au Mans 
© anaïs Crusson - artOtech
Dans l'épisode d'artOtech consacré à Armand Meignan, le fondateur de Europa Jazz, nous avons demandé à Marjorie kellen d’improviser une chorégraphie dans le parc Théodore Monod au Mans
 
La danseuse Marjorie Kellen chorégraphie un jardin public du Mans
 

Ce jour-là, pour le tournage d'artOtech, nous étions dans la ville du Mans 

Au troisième jour de tournage en Sarthe, à l'heure du déjeuner, entre deux séquences tournées avec le chanteur Xavier Plumas à Dollon et l'artiste de cirque Johann Le Guillerm, nous nous sommes rendus au parc Théodore Monod que nous avions repéré quelques jours auparavant avec notre réalisateur Bertrand Guérry. Ce joli jardin public de deux hectares situé dans le centre de la ville du Mans nous est apparu comme l'écrin rêvé pour notre séquence dédiée à la danse. 
Il faut dire que la grande cascade, tapissée de pierre, offre un bel effet de vague et en cette journée chaude de septembre, l'endroit était idéal pour faire un break et invité la danseuse Marjorie Kellen. 

Cette artiste belgo-mancelle n'a peur de rien et son sourire cache une énergie et une combativité à toute épreuve. Ce n'était donc pas quelques fontaines jaillissantes d'un miroir d'eau comme celui du parc qui allaient lui faire peur.
Mais pas question d'un combat ! D'ailleurs l'endroit baptisé du nom du grand naturaliste et humaniste français, amoureux du silence des déserts, se prête plutôt à la méditation qu'à l'agitation !
La danseuse Marjorie Kellen y a d'emblée puisé inspiration et mouvement. C'est donc sur cette crête ténue et douce que s'est engagée Marjorie.
Elle a improvisé cette marche sur les pas du chercheur d’absolu qu’était Théodore Monod.
 


Le confinement et ses conséquences

Jamais je n'ai aussi bien pensé, n'ai autant vécu, n'ai aussi bien été moi-même que dans les longs voyages que j'ai faits seul à pied

Théodore Monod

Qu'aurait dit ce grand humaniste ? Qu'aurait-il pensé de cette épidémie de COVID 19 qui nous confine chez nous avec notre propre conscience ?  Et qu'en pense Marjorie dont l'art symbolise bien la liberté ? Elle répond joliment par la situation qu'elle vit en ce moment "enceinte depuis huit mois, cette période est propice à la plus grande et à la plus belle des créations" 

La danse et notre vie 

Confinement ou pas, la danse occupe une place très importante dans sa vie. Elle a choisi ce métier "parce que c'est une place dans laquelle je me sens juste" et qu'elle se sent utile "à mon échelle, c'est là où je peux agir sur le monde".
Un dessein qu'elle assigne également à la création "à chaque spectacle que je joue ou dans les ateliers que je donne, je pense toucher quelqu'un(s) et activer cet endroit du sensible unique à chacun". Est-ce utile de stimuler ce sensible des êtres humains ? "Oui, je crois que c'est essentiel" conclue-t-elle.


Pour voir ou revoir l'épisode artOtech avec Armand Meignan et Marjorie kellen, c'est ici : 
 
artOtech avec Armand Meignan, fondateur d'Europa Jazz au Mans

 
Quelques repères sur Marjorie Kellen
Originaire de Belgique, Marjorie étudie la danse en Autriche, au Pays Bas et en Afrique. Sur les routes pendant de longues années, elle dépose ses valises en France il y a six ans. D'abord à Paris où elle travaille avec Marion Lévy, Laurent Cotillard, Loreta Juodkaite, la cie 6eme Dimension puis décide de s'installer en Sarthe il y a trois ans où elle danse pour Nathalie Bailleau.
Elle intègre à temps plein la compagnie Zutano Bazar, dirigée par Florence Loison. 
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