À la découverte de la forêt du Gâvre : ses arbres, ses champignons, son patrimoine naturel et bien d'autres trésors

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Une balade nature ça vous tente ? La forêt du Gâvre, située en Loire-Atlantique, est une magnifique destination ! Avec ses 4 500 hectares, elle offre une histoire et une biodiversité remarquable. Laissez-vous guider à travers cette forêt millénaire et ses environs pour découvrir ses trésors !

Historiquement, La forêt du Gâvre, immense forêt millénaire, recouvrait toute la Bretagne intérieure qui s'étendait au sud de la Loire, jusqu'en pays de Retz. Lors du mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII en 1491, la forêt est rattachée au domaine Royal, et après la révolution française et jusqu'à ce jour, elle devient une forêt domaniale, gérée par l'État.

Elle abrite d'imposants chênes et une faune variée, ce qui en fait, un véritable joyau naturel. La forêt est un écosystème précieux, qui fait d’abord le plaisir des ramasseurs de champignons !

La saison des champignons : le cèpe en vedette

Votre promenade croisera peut-être le chemin de Jean-Paul Leroux. Il connaît la forêt depuis son enfance. Président de la maison de la forêt du Gâvre, il est un véritable expert en champignons.

Il propose des animations en forêt, des ateliers sur le thème de la faune, de l’archéologie tout en partageant sa passion pour les trésors forestiers.

En Loire-Atlantique, la cueillette est autorisée tous les jours sauf le jeudi et déconseillée les jours de chasse à tir. On ne peut ramasser que 5 litres de champignons par personne et par jour et il est interdit de les revendre. Parmi ses trésors, on trouve les délicieux et très recherchés cèpes de Bordeaux qui ne sont pas faciles à voir avec leur couleur marron au milieu des feuilles !

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Cueillette de champignons ©Les Nouveaux Jours Productions

Une cueillette prudente avant tout !

Il existe 460 espèces de champignons dans la forêt, mais attention, toutes ne sont pas comestibles ! Dans la forêt du Gâvre, on trouve une soixantaine de champignons toxiques et sept sont mortelles comme la tristement célèbre amanite tue mouche.

La plupart des décès sont provoqués par ce champignon, il faut donc être très vigilant. En Laponie, les rennes en sont très friands. Cette consommation entraîne chez eux des comportements très bizarres comme des sauts nerveux et inexpliqués !!

Il y a aussi des champignons qui sont toxiques à cause de leur environnement. On voit parfois des gens qui ramassent des champignons sur des ronds-points ! Or Le champignon est une éponge, il absorbe tous les polluants et peut devenir très toxique alors qu’à l’origine, il ne l’est pas !

En cas de doute, rendez-vous chez le pharmacien le plus proche ou contacter les identificateurs de l’association mycologique de l’ouest.

Des sabotiers à une autre histoire, celles des imprimeurs

Durant plusieurs siècles, la population du Gâvre a vécu par sa forêt. On était bûcherons, scieurs de long, rouliers, charbonniers, cercliers, fournisseurs d’écorce pour les tanneries. On comptait de nombreux sabotiers jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, une soixantaine d’ateliers était installée autour de la forêt. On fabriquait 250 000 paires de sabots par an ! Les sabotiers vivaient la semaine dans la forêt dans des abris rudimentaires qu’on appelait des loges. Mais avec l'arrivée des rangers américains, l'utilisation des sabots a décliné, entraînant la disparition de ces loges dans la forêt. 

Non loin de là, à Blain, le château de la Groulais garde la trace d’une autre histoire, celle de l’imprimerie. Un musée éponyme a vu le jour grâce à la passion d’un habitant de Blain. Cet ancien typographe s’est mis à récupérer de vieilles machines qui partaient à la ferraille au moment de l’arrivée de l’offset. La ville qui avait un château vide lui a prêté une salle.

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Le musée de l'imprimerie au Château de Blain, ©Les Nouveaux Jours Productions

Ce musée a été créé avec l’idée de maintenir la connaissance de ce métier. On vient avec ses mains et il n’y a plus qu’à créer avec les machines ! Les bénévoles utilisent le matériel pour leurs créations et participent également aux nombreuses animations du musée lors des journées portes ouvertes.

Marielle

Artiste - L'atelier Lettres en voyage

Depuis, la collection de machines s’est agrandie et ça fait 25 ans que le musée de l’imprimerie est installé dans le château-fort de Blain. Toutes les machines récupérées racontent cinq siècles d'imprimerie classique !

Le musée présente l’essentiel des techniques d’impression, de la typographie jusqu’à la reliure. Il possède tous les outils manuels et les techniques qui permettent de faire un livre à l’ancienne. Ce sont les bénévoles de l’association Amagraph qui font vivre le musée. 

Ce musée est devenu la deuxième maison de Marielle Lefeuvre, artiste bauloise. Elle réalise des affiches en utilisant des végétaux.

Une quête à travers l'histoire de la forêt !

En 1669, devant la surexploitation forestière en France, Colbert, alors secrétaire d’État de la marine, réglemente la sylviculture et interdit les coupes pour permettre aux arbres intéressants de vieillir afin d’être utilisés par les arsenaux navals de Nantes, Lorient et Brest.

Chaque année, des ingénieurs de la marine royale venaient choisir les arbres susceptibles d'être utilisés pour la construction navale. Ils préféraient les chênes doublement courbés qui permettent de suivre les lignes des pièces désirées, comme la forme des coques de bateau, sans avoir à couper le fil du bois.

Ils étaient alors marqués avec un marteau spécial où figurait l'ancre de marine. Ces marteaux furent utilisés jusque dans le courant du XIXe siècle.

Aujourd’hui, les arbres sont coupés par des entreprises de travaux forestiers qui travaillent pour l’ONF. Ils sont revendus à des scieries de la région pour en faire du bois de chauffage, des meubles, des charpentes, et aussi des tonneaux avec les chênes à merrain (en France, 70 % de l’approvisionnement des entreprises de tonnellerie).

Dès que je suis en forêt, je me sens bien, mais c’est ici que je me sens le mieux ! Éloigné des routes, abrité par les arbres, on entend parfaitement le chant des oiseaux. Les chênes qui approchent les 200 ans sont plus grands ici et leur feuillage dense donne un éclairage tamisé. On dit d’ailleurs que dans une forêt qui est arrivée à maturité, la lumière n’atteint presque plus le sol.

Corentin Levesque

Responsable de l'unité territoriale de l'ONF en forêt du Gâvre

Le renouvellement des arbres se fait par ensemencement naturel pour certains arbres, plantation pour d’autres. Cette sylviculture, pratiquée par les forestiers depuis des siècles, permet de maîtriser le processus de production du chêne à grain fin. Une fois arrivés à maturité (180 ans), les chênes sont progressivement récoltés.

Cette opération appelée “coupe de régénération” permet d’assurer la qualité et le renouveau du peuplement, en créant des conditions favorables au développement de jeunes semis. 

La forêt du Gâvre est en bonne santé. Elle a pour ça deux atouts majeurs : des pluies régulières et la présence de sols hydromorphes qui permettent de capturer l’eau de pluie et aux feuillus de résister à des périodes de sécheresses assez longues.

En forêt du Gâvre, des balades en nature, guidées et gratuites, sont organisées par des associations Consulter l'agenda des balades en nature.

Huiles végétales : l'agriculture artisanale à l'honneur

Vous voulez vivre une expérience agricole authentique ? Allez donc faire un tour dans la ferme de Franck Durand, à La Meilleraye de Bretagne où il produit des huiles végétales artisanales de tournesol, colza et de chanvre. C’est en 2022 que Frank a repris le flambeau de ses parents, Daniel et Réjane, partis à la retraite.

Au départ, ses parents avaient eu l’idée de produire de l’huile pour en mettre dans leur tracteur comme bio carburant. Un magasin bio les a alors contactés pour savoir s’ils pouvaient faire de l’huile alimentaire et c’est comme ça que l’histoire a commencé.

Il faut aller chercher de l’huile première pression à froid et bio, car l’huile, c’est 99 % de lipides. Ce sont eux qui transportent les produits chimiques comme les solvants et produits chimiques utilisés souvent pour produire de l’huile bas de gamme.

Franck Durand

Producteur d'huiles végétales

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L'huile 100 % végétale produite en forêt du Gâvre ©Les Nouveaux Jours Productions

Ils ont arrêté la ferme classique avec les animaux et vendent aujourd’hui, 13 000  litres d’huile par an. Ils sont quatre à travailler sur l’exploitation de 55 hectares. Franck travaille avec sa sœur Viviane et sa compagne Marine qui gère l’embouteillage et la préparation des commandes. Ils sont en bio depuis 1998 et proposent au public de découvrir les secrets de fabrication de l’huile avant de déguster ces produits de qualité.

La forêt du Gâvre est un trésor naturel qui révèle sa richesse au fil des saisons. Sa biodiversité, son histoire et ses trésors cachés en font un lieu exceptionnel à découvrir pour tous les amoureux de la nature. Bonne balade !

Pour en savoir plus sur la forêt du Gâvre et ceux qui la préservent, regardez Envie Dehors, présenté par Julie Hattu ce dimanche 15 octobre à 12 h 55, ou retrouvez l'émission en replay sur notre plateforme France.tv dans notre collection Envie Dehors.

Envie Dehors !

Magazine d'aventure (26 minutes)

Production exécutive : Les Nouveaux Jours
Producteur : Maël Mainguy
Réalisation : Aurélie Piel
Rédaction en chef : Alexandra Lahuppe

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