Nantes : Lucie, médaille d'or du concours des meilleurs apprentis sommeliers de France

C'est une passionnée et ses connaissances et sa façon de parler du vin ont séduit le jury du meilleur apprenti sommelier de France. Lucie a obtenu la médaille d'or avec un joli 18 sur vin... pardon, sur 20.

Lucie avait commencé des études de commerce avant de se réorienter avec succès vers la sommellerie.
Lucie avait commencé des études de commerce avant de se réorienter avec succès vers la sommellerie. © France Télévisions Olivier Quentin

Autour d'elle, son formateur, Bruno Laigneau, du CFA Henriman à Nantes, et Véronique et Christophe François, les patrons des "Chants d'avril", le restaurant où elle a été embauchée, ne tarissent par d'éloges.

Lucie les a conquis, comme elle a conquis ce jeudi 21 janvier le jury du concours des meilleur(e)s apprenti(e)s sommeliers de France. C'est vrai qu'elle est étonnante Lucie. On a du mal à la croire lorsqu'elle dit qu'elle a été une élève renfermée qu'on ne faisait pas participer en classe. On sent d'ailleurs chez elle la volonté de prendre sa revanche vis à vis d'une Education Nationale qui, dit-elle, l'a laissée dans son coin. 

Pourtant, la Nazairienne a obtenu un bac ES. Elle est ensuite partie pour des séjours en Irlande et en Espagne, pour voir du pays, rencontrer, apprendre les langues avant de tenter un DUT techniques de commerce. Mais cette filière l'a déçue. Trop de théorie.

 

Des rencontres primordiales

Retour chez les parents et première rencontre importante : Thibault qui deviendra son compagnon. Il fait des études de sommelier au lycée Nicolas Appert d'Orvault. Qui fera le plus craquer Lucie ? Thibaud ou le métier de sommelier ?  

La jeune femme pense avoir trouvé sa voie et tente sa chance. Elle est reçue pour un entretien par Bruno Laigneau, formateur aux métiers de sommellerie au CFA Henriman. Bingo ! Deuxième rencontre importante. Sa candidature est retenue et elle commence en septembre 2019 sa formation d'apprentie sommelière. 

Bruno Laigneau, Christophe et Véronique François et Lucie Jaulin devant les "Chants d'avril"
Bruno Laigneau, Christophe et Véronique François et Lucie Jaulin devant les "Chants d'avril" © France Télévisions Olivier Quentin

Mais il lui faut trouver aussi un restaurant pour son alternance. On lui conseille alors "Les Chants d'avril", dans le quartier du Champs de Mars, à Nantes. Déjà, le nom est sympa. Mais plus encore, les patrons, Véronique et Christophe, qui acceptent de la prendre comme apprentie. Troisième rencontre importante pour Lucie.

"Ici, les menus changent régulièrement, s'enthousiasme Lucie, ce qui permet de travailler sur l'accord met-vin." Mais Lucie apprécie aussi qu'on lui laisse sa chance. "On m'a laissée m'exprimer dans le conseil aux clients même si j'étais drivée. Et j'ai eu la chance de goûter tous les plats, de découvrir la truffe, le caviar, certains légumes. J'ai découvert un univers que je ne connaissais pas."

 

"Le vin, c'est un vecteur d'émotions"

Et Lucie, qui a aujourd'hui 22 ans, apprend vite. "Elle est passionnée et passionnante" dit d'elle son formateur au CFA Bruno Laigneau, qui aime la façon dont la jeune femme parle du vin. "Le vin, c'est un vecteur d'émotions s'enflamme Lucie. Ça rappelle des souvenirs. C'est le partage aussi."

Véronique et Christophe insistent sur sa ténacité, son envie d'apprendre. "Elle a le vin dans les veines" constate Véronique. "Ça fait 25 ans que je suis maître d'apprentissage, ajoute Christophe. C'est la première fois que j'ai un apprenti qui est médaille d'or. C'est rare. Je suis fier."

"Les personnes qui n'y connaissent rien vont m'apprendre des choses par leur franchise." Lucie Jaulin.
"Les personnes qui n'y connaissent rien vont m'apprendre des choses par leur franchise." Lucie Jaulin. © France Télévisions Olivier Quentin

Après avoir remporté le concours régional, Lucie a préparé le concours national des meilleur(e)s apprenti(e)s en sommellerie. Pas facile dans le contexte de crise sanitaire et alors que le restaurant qui l'a prise sous son aile est fermé du fait du deuxième confinement. Lucie, pourtant perfectionniste, en profite pour prendre un peu de distance et se ressourcer. Efficace visiblement car certains, démotivés par les reports successifs du concours, ont renoncé. Seuls quatre ont tenté le titre national ce jeudi 21 janvier. 

J'ai eu la chance de rencontrer des gens qui m'ont formée de cette manière. L'alternance, ça fait grandir.

Lucie Jaulin

Une partie théorique avec des questions sur les vignobles mais aussi sur les autres boissons, thés, cafés, rhums et même eaux. Capacité à situer un vin étranger par sa seule étiquette. Et, bien sûr, les épreuves pratiques, l'analyse sensorielle, la décantation et le service, le service des vins effervescents aussi, l'argumentation commerciale en Français et en Anglais...

Lucie obtient le graal, une note de 18 sur 20, qui lui permet de décrocher la médaille d'or des meilleur(e)s apprenti(e)s de France.

 

Un faible pour les vins de Loire

La sommelière hésite un peu avant de dire quel vignoble a le plus ses faveurs. Mais elle apprécie de travailler dans un restaurant qui fait une grande place aux vins de Loire. "C'est une région qui est très riche en empreinte terroir dit-elle à propos du Muscadet. C'est un des meilleurs vins en qualité/prix/plaisir".

Parfois ses parents lui disent : "Mais tu ne vas pas ouvrir une aussi bonne bouteille avec nous ?" La réponse lui semble évidente : "Mais avec qui je vais l'ouvrir si ce n'est avec ceux que j'aime ?"

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