A Nantes, les travailleurs sociaux se mobilisent pour défendre leurs droits.

Alors que des centaines de travailleurs sociaux manifestaient à Paris pour défendre leurs conditions de travail, une soixantaine d'autres sont venus à Nantes demander des comptes à leur employeur la Nexem.

Par Thierry Bercault

De nombreuses menaces pèsent sur le 350 000 travailleurs sociaux qui travaillent un peu partout en  France. C'est pourquoi ils ont décidé d'organiser une journée d'action nationale à l'appel de la CGT et de Sud-Santé. En Loire Atlantique, les 10 000 salariés du secteur qui comprend la protection de l'enfance et l'accompagnement des handicapés entre autre, ont été invités à débrayer. Mais très peu ont répondu présents. ils n'étaient qu'une soixantaine à venir manifester à Nantes devant le siège de Nexem.

Les manifestants étaient venus demander à leur employeur, le Nexem, de se positionner contre les contrats à impact social qui permettent à des financeurs privés de se positionner sur des projets d'innovation sociale souvent très rentables. Les délégués de la Nexem leur ont répondu qu'ils n'étaient que de simples éxécutants de cette politique nationale décidée et conduite par le Ministère de l'Economie.

Non à la marchandisation du social


"La Sauvegarde du Nord a commencé à expérimenter de tels projets avec le BNP et nous n'en voulons pas ici" explique Johan Benoist, secrétaire départemental de Sud- Santé 44, "C'est la porte ouverte à la marchandisation de la protection de l'enfance."

Ce qui inquiète aussi les syndicats c'est l'ordonnance Macron qui permet à un financeur de projet de ne pas respecter la convention collective grace au droit d'inopposabilité. "Tous les cinq ans, un employeur pourra renégocier les contrats de travail et remettre en cause à sa guise les jours de carence et les jours d'ancienneté" poursuit Johan Benoist. "Nous ne pouvons l'accepter".

Pas de convention au rabais


Et ce n'est pas tout. La loi Séraphin va autoriser les collectivités à revoir le financement de toutes leurs activités sociales par une nouvelle tarification du paiement à l'acte. En réalité, le gouvernement cherche par tous les moyens à faire des économies sur les dépenses sociales et c'est ce qui met en colère les syndicats contestataires comme la CGT, Sud et peut-tre bientôt FO. 

"Nexem veut réviser la convention 66, notre convention collective." explique Jean Yves Lechat, délégué CGT à l'ADEPEI 44. " Nexem veut la remplacer par une convention unique et étendue. On n'est pas contre mais à condition que ce ne soit pas une convention au rabais".

Tous ce motifs d'inquiétude conduiront l'intersyndicale CGT -Sud à rejoindre un mouvement de plus grande ampleur, le 22 mars, l'appel à la grève dans la fonction publique et le 7 avril la journée mondiade la santé.

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