Grève du 28 mars contre la réforme des retraites : Angers et Nantes font le bilan, du mobilier cassé et plusieurs blessés

Ce 28 mars était la dixième journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites. Elle a laissé des traces dans plusieurs villes de la région.

Angers avait perdu l'habitude de voir son centre-ville mutilé lors de manifestations. Il restait le souvenir lointain des manifestations paysannes des années 80 mais depuis, les cortèges défilaient sans laisser de cicatrices. 

Avec la colère populaire contre la réforme des retraites, la cité du Roi René se trouve, comme Nantes, à compter les dégâts après les récentes mobilisations des 23 et 28 mars.

Affrontements avec la police

Ce jeudi, en fin de journée, la Préfecture du Maine-et-Loire faisait le bilan des manifestations dans ce département, chiffrant la mobilisation à 5 000 personnes à Angers (9 000 selon les syndicats), 2 400 à Cholet, 1 800 à Saumur et 250 à Segré-en-Anjou Bleu.

Mais, alors que les rassemblements se sont déroulés dans le calme dans les autres villes, à Angers, la mobilisation s'est terminée par des affrontements.

"Un groupe de 300 casseurs s’est désolidarisé du cortège et n’a cessé de rechercher l’affrontement avec les policiers" relate la préfecture qui évoque aussi des abribus cassés, des feux de poubelles et deux policiers blessés légers ainsi qu'un manifestant et un journaliste, lequel a été transporté au CHU.

Ces incidents n'ont pris fin que vers 19h30.

13 blessés en Loire-Atlantique

A Nantes (60 000 manifestants selon les syndicats, 18 000 selon la préfecture), où les dégâts sont souvent spectaculaires, on constatait également mardi soir du mobilier urbain brisé, de nombreux feux de déchets et, notamment, l'incendie de la façade de l'agence BNP du quartier Feydeau, qui a sonné le début des affrontements en milieu de journée.

Le Service Départemental d'Incendie et de Secours de Loire-Atlantique comptabilisait principalement sur Nantes et aussi sur Saint-Nazaire 34 feux et 13 blessés.

Le vice-président du Conseil d'Etat dénonce de nouvelles dégradations sur l'immeuble du Tribunal Administratif de Nantes.

"En s’entêtant, le Président de la République met le pays en tension"

Dans un communiqué, la maire de Nantes, Johanna Rolland, déplore la situation et appelle Emmanuel Macron à retirer sa loi.

"Des actes de vandalisme tout à fait inacceptables, que je condamne, déclare Johanna Rolland, ont entaché à Nantes, comme dans de nombreuses villes de France, la 10ème manifestation organisée par le front syndical uni, alors même que plusieurs centaines de milliers de personnes, représentant la grande diversité de la société française, ont une nouvelle fois pacifiquement exprimé leur refus d’une réforme des retraites injuste et brutale. En s’entêtant, le Président de la République met le pays en tension et dans une impasse dangereuse. Sa responsabilité n’est pas de laisser ce climat perdurer, sa responsabilité c’est d’apaiser, de ramener le calme dans le pays, en retirant cette réforme des retraites ou en saisissant la main tendue par l’intersyndicale ce matin".

Une onzième journée de mobilisation est annoncée pour le jeudi 6 avril.