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A défaut de publier ses comptes, Lactalis collaborera avec l'observatoire des prix et des marges

Le groupe reste campé sur sa position qui consiste à ne pas publier ses comptes annuels. Pour autant, le géant laitier a assuré vouloir collaborer avec l'Observatoire de la formation des prix et des marges.
"Nous sommes un groupe familial et nous sommes attachés à notre indépendance. Nous ne sommes pas opposés au dépôt des comptes mais nous sommes opposés au jeu de la communication qui pourrait en être fait", a déclaré Michel Nalet, le directeur de la communication de Lactalis, devant la commission des affaires économiques du Sénat. "L'administration fiscale connaît très bien nos comptes. Notre groupe paye ses impôts en France. Il y a une très grande transparence vis à vis de cette administration", a-t-il assuré.

Lundi, plusieurs sénateurs ont déposé un amendement au projet de loi sur le droit à l'erreur afin que soient plus lourdement sanctionnés les groupes agro-alimentaires, dont Lactalis, qui ne publient par leurs comptes.

La loi sur "la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique", dite loi Sapin 2, a été adoptée le 8 novembre 2016. Elle prévoit  que le président de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires puisse "saisir le président du tribunal de commerce afin que ce dernier adresse à la société une injonction de le faire à bref délai sous astreinte" (ne pouvant excéder 2% du chiffre d'affaires journalier moyen réalisé en France).

Insuffisant pour les députés pour qui l'amendement proposé renforcerait le dispositif de loi en supprimant l'intervention du président de l'observatoire et en confiant directement au président du tribunal de commerce la mission d'adresser à ces sociétés des injonctions sous astreinte.

"L'objet de l'amendement Sapin 2 c'est de pouvoir donner des informations sur les niveaux de marge réalisés par l'ensemble de la filière, mais nous souhaitons pouvoir aussi protéger le secret des affaires", a souligné Michel Nalet, estimant qu'il était du ressort de Lactalis "d'avancer pour que l'observatoire des prix et des marges ait des données claires, précises et concises sur les marges effectuées par notre profession", même "s'il y a là aussi des problèmes de confidentialité qu'on aura à traiter".

Par ailleurs, les députés socialistes, ont annoncé ce mercredi, par la voix de leur chef de file Olivier Faure, la création dune commission d'enquête parlementaire sur l'affaire du lait contaminé par des salmonelles du groupe Lactalis.



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