Les cendres d'un ancien marin déposées par 130 m de fond sur l'épave du Protée

Raymond Morales, denier survivant du Protée. / © F3 CA
Raymond Morales, denier survivant du Protée. / © F3 CA

Il y a 70 ans, un sous-marin français, le Protée, disparaissait en mer alors qu'ils fuyait vers l'Algérie pour échapper au sabordage et continuer le combat. A la fin des années 90, il a été retrouvé au large de la Ciotat. Tout l'équipage a péri sauf un homme. Il vient de rejoindre ses amis.

Par Anne Le Hars

Le 18 décembre 1943, sous les ordres du capitaine de corvette Georges Millé, il part en mission au large de Marseille et disparaît. La Marine française a longtemps cru que la perte du Protée était la conséquence d'un combat en surface avec des navires allemands. Mais une plongée effectuée par Henri Delauze à bord du Remora 2000 en 1995 a permis de localiser l'épave au large de Cassis à 130 m de profondeur.

Une mission pour confirmer la cause du naufrage du sous-marin “Protée”.

En septembre dernier, nous vous annoncions, qu'une plongée était prévue. Les circonstances du naufrage restent en effet un mystère, mystère que l'expédition Deep-Sea-Odyssey cherche à lever depuis plusieurs années. Pour la 1ère fois, le descendant de l'un des marins allait observer l'épave.

Disparition Protée

L'hommage au seul survivant du naufrage :

Depuis, c'est un hommage au marin Raymond Morales qui a été rendu. A l'époque, tout l'équipage avait péri sauf cet homme qui n'avait pas embarqué comme prévu, échangeant son jour de repos à terre avec son meilleur ami. Ses cendres viennent d'être déposées sur l'épave. Il a rejoint ses amis de l'époque comme il le souhaitait.

Reportage Accarias Sophie, Ramirez Nathalie et Guerin Gilles :
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Histoire du Protée qui disparaissait en mer
Il y a 70 ans, en pleine seconde guerre mondiale, un sous marin français, le Protée, disparaissait en mer alors qu'ils fuyait vers l'Algérie pour échapper au sabordage et continuer le combat. A la fin des années 90, le Protée a été retrouvé par 110 mètres de fond, au large de la Ciotat. Tout l'équipage a péri sauf un homme qui a eu une chance folle : il n'avait pas embarqué comme prévu. Voici son histoire racontée par Nathalie Ramirez et Gilles Guérin.
Intervenants : Hubert Morales - Son fils, Maryline Morales - Sa fille et Jean-Michel Pontier - Plongeur, spécialiste du Protée.

L'équipage de l'époque:

Cdt au 19.12.1943 : LV Georges MILLÉ
Etat Major : LV Frédéric. VIÉ - I.M Louis LAUBIE - EV René DUBOIS - EV Robert ETIENNE
Equipage : GILLET Jean - L’HERMITE Jean-Yves - VARLET Georges - CASE Jean - CUFF Pierre - LE FOLL Noël - LABBE Joseph - BURTEY René - RIOU Albert - CATHOU Roger - VILLALARD Frédéric - CAMENEN Joseph - GUENVER Victor - BRIANT Marcel - AUBERT René - PUJOLS André - JOUANJEAN Olivier - LE GOULM Henri - JAGOT Pierre - MARTIN André - BASSARD René - RAVARD - SEBIRE Pierre - LAGAT Jacques - BARBIER Jean - FORTUNY Michel - KERVAREC Mathieu - BUONO François - BULBER Etienne - NICOLAS Albert - PERON Jean-François - CURTET Gilbert - CECCALDI Pierre - JOUAN Auguste - FAROULT Raphaël - LECLEACH Eugène - GIRAULT Emile - QUILLIEN Joseph - PAPENHOFF Georges - JARDIN Pierre - KERLOCH Raymond - BOUVIER Louis - CHAPUIS René - BLANDAMOUR André - BARRES Georges - LEFEBVRE André - VOILLAT Robert - THEVENARD René - POIROT Séraphin - GUILLOU Ernest - LE DUC Joseph - SEILER Auguste - ROUSSEAU Robert - FRELIN André - BONJEAN André - BAZIN Pierre - LABORIE Maurice - ANDRE Louis - LE CHANTOUX Yves - LAMOTTE André - FAVALI André - MOURET Guy - MAGGIOTTI Paul - BARBREAU Marcel - MAURICE Paul - VIAUD Lucien -
Equipe de liaisons Britanniques : S/Lieutenant DAWAEL Aurian - Acting leading signalman USHERWOOD John - Acting leading - télégraphist COLLIER Denis

Rappel de l'histoire :

En novembre et décembre 1943, le sous-marin Protée effectue plusieurs missions sous le commandement de la France Libre. Le 18 décembre, à 9h30, il largue ses amarres avec à son bord 74 hommes d’équipage dont trois marins de l’équipe de liaison britannique. Il part pour une nouvelle patrouille devant Marseille. Dès le 22 décembre, un premier message lui est adressé lui ordonnant de permuter de secteur à partir du 25 avec son homologue, le Casabianca, qui se trouve alors devant Toulon. Le 28, un nouveau message lui ordonne de terminer sa patrouille le 31 décembre au soir et de rentrer à Alger le 3 janvier 1944. Le Protée n’accuse réception d’aucun des deux messages, conformément aux directives interdisant d’émettre sans nécessité absolue et son silence ne donne lieu à aucune inquiétude.

Le 3 janvier, il n’est pas au rendez-vous fixé devant Alger. Dans la journée du 4, une inquiétude réelle commence à son sujet. Elle est accentuée par l’arrivée du Casabianca qui déclare avoir entendu dans l’après-midi du 29 décembre un grenadage très violent et prolongé.

L’équipage du Protée sera considéré comme disparu à la date du 18 décembre. Le 10 mars 1944, le sous-marin et son équipage sont cités à l’ordre de l’armée.

Le 6 avril 1995, le Protée est découvert par 125 mètres de fond. L’épave repose sur le plateau des Blauquieres, près de la fosse de Cassidaigne, à 8 milles nautiques de Cassis. Source marine nationale.

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