Barcelonnette : les saisonniers manifestent, les directeurs de stations signent un manifeste

Moniteurs de ski, employés de remontées mécaniques, loueurs se sont rassemblés pour faire valoir leurs droits. Dans le même temps, directeurs d'écoles de ski, présidents de clubs et élus signent un manifeste. 
Ils étaient près de 200 ce lundi 30 novembre au matin, à défiler dans les rues de Barcelonnette. Tous travaillent dans les stations de sports d'hiver, immobilisées par la fermeture des remontées mécaniques, décidée par le gouvernement.

Johan François fait partie de la mobilisation. En temps normal, il travaille aux remontées mécaniques de la station de St Jean Monclar, dans les Alpes de Haute-Provence.
"Je milite pour que les stations ouvrent, explique-t-il. Hier j'étais à la manif de Briançon, samedi j'étais à celle de Gap".
Toutes les Alpes se mobilisent face aux mesures prises par les autorités.

Ouvrir... et fermer à la fois

La décision d'"ouvrir les stations" tout en fermant les remontées mécaniques est mal vécue par les professionnels des sports d'hiver.
" Il nous est facile d'appliquer la distanciation aux pieds des remontées mécaniques. Nous sommes tout de même à l'extérieur, peste Johan. Nous sommes dans une incompréhension totale car les mesures gouvernementales sont inégales".

Comme chaque année, Johan va signer son contrat aux alentours du 15 décembre, pour démarrer sa saison. Et il basculera immédiatement en chômage partiel. C'est ainsi que les stations de ski ont décidé d'agir.
Pour ne pas perdre leur personnel saisonnier habituel, elles leur ont promis il y a quelques jours, de signer leurs contrats, quelques que soient les mesures prises par le gouvernement. Quitte à les mettre en chômage partiel en cas de non ouverture des stations.
"C'est tout de même pas la même chose", souligne Christelle Divry, une autre saisonnière. "Nous ne toucherons que 70% de notre salaire, en chômage partiel. Et nous n'aurons pas non plus nos primes habituelles, qui peuvent se monter à 200 euros".
La fermeture des remontées mécaniques dans une station ouverte, peu de montagnards y croient vraiment. même si l'Allemagne réclame haut et fort la fermeture de toutes les stations en Europe.
Christian Réverbel, directeur de la Sem Sedev à Vars se confie ainsi au Dauphiné :
"Le côté ridicule de l’annonce, c’est qu’à partir du 15 décembre, tout le monde pourra circuler , donc les gens vont venir en station, faire des raquettes, de la peau de phoque, monter à pied pour skier... Mais la station étant fermée, le personnel ne sera pas embauché, donc il n’y aura pas de service de secours : comment on fait ?"

La saison n'a pas encore démarré. Et nombreux sont ceux qui pensent pouvoir encore faire changer les choses. 
C'est le cas notamment des signataires d'un manifeste établi sous la houlette du président de la région Renaud Muselier, et édité ce dernier week-end.
Il est signé par de nombreux élus de montagnes, de présidents de clubs alpins, de directeurs d'écoles de ski.

"Nous ne sommes pas résignés"

Ces derniers regrettent la décision prise :  "Ouvrir les stations de ski mais fermer les remontées mécaniques, c’est faire preuve d’une méconnaissance profonde du fonctionnement de nos vallées", écrivent-ils. Rajoutant : "Mais nous ne sommes pas résignés !"

S'appuyant sur l'amélioration des conditions sanitaires en France et dans la région,
les signataires appellent  "à l’instauration d’une clause de revoyure toutes les semaines".
Ils précisent également que la traumatologie liée au ski "est traitée à 94% en station" et qu'elle n'engorgera pas les services hospitaliers".

Cette revoyure réclamée par le manifeste de l‘union de la montagne et des vallées des Alpes du Sud, vient d'être obtenue.

Une avancée grâce à la "revoyure"

L'information a été donnée à la mi-journée de ce lundi 30 novembre, au terme d'une réunion entre le Premier ministre, les acteurs de la montagne, et les présidents de région.

"Nous avons obtenu une clause de revoyure fixée au 11 décembre", explique Renaud Muselier, président de la région Sud, et de régions de France.
"Nous regrettons toutefois que soit exclue de ces discussions, une ouverture différenciée par massif, en tenant compte de la situation sanitaire de chaque région".
La réunion prévue le 11 décembre permettra d'étudier les conditions d'une réouverture en janvier.
La date du 1er janvier a été évoquée dans le cas d'une fermeture des stations de ski jusqu'à la fin de l'année. Mais, "sans promesse ni engagement, pour une réouverture des domaines skiables", regrette renaud Muselier.





 
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