Marcel Pagnol, celui qui a aussi été président du jury du festival de Cannes et a remis la première Palme d'or

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À l'occasion du 50ᵉ anniversaire de la disparition de Marcel Pagnol, retour sur cette année 1955 où l'artiste provençal a présidé à la destinée de la Palme d'Or. C'était pour la 8ᵉ édition du Festival de Cannes. Le dramaturge et romancier était aussi réalisateur, scénariste et dialoguiste, avec à son actif un impressionnant parcours dans le monde du 7ᵉ art.

On connait depuis peu la sélection de 19 longs-métrages parmi lesquels le jury présidé par Greta Gerwig devra choisir celui qui sera digne de la Palme d'Or 2024.

Il y a 69 ans, en 1955, c'est un film d'amour américain qui avait été choisi pour la distinction suprême du Festival de Cannes : Marty, du réalisateur Delbert Mann, Palme d'Or de la 8ᵉ édition. Choix du jury présidé par un certain... Marcel Pagnol.

Car le célèbre écrivain au régionalisme revendiqué était aussi connu et reconnu pour ses talents de cinéaste. En cette année 1955, à 60 ans, il signe la fin de son parcours cinématographique en tant que président du jury du Festival International du Film à Cannes. Cette année voit aussi la naissance de la fameuse Palme d'Or créée par la joaillière Lucienne Lazon.

Marcel Pagnol est filmé pendant toute une journée. On le suit de Monaco, où il est membre de l'Académie jusqu'à Cannes où il est cette année président du Festival du Film. ©INA - ORTF - Provence Magazine - Magazine

  • Coup de foudre et coup de projecteur

Fils d’un instituteur et d'une couturière, Marcel Pagnol naît le 28 février 1895 à Aubagne (Bouches-du-Rhône) et s'éteint le 18 avril 1974 à Paris, il y a tout juste un demi-siècle. Hasard ou destinée, l'année de sa naissance correspond à l'invention du 7ᵉ art par les frères Auguste et Louis Lumière.

L'ancien professeur d’anglais exilé de sa Provence natale, devenu dramaturge, découvre le cinéma parlant en 1929 en visionnant Broadway Melody à Londres. C'est une véritable révélation pour cet amoureux du verbe et du sens de la répartie qui décide de se consacrer au septième art. 

Le cinéma est un moyen d’expression dramatique beaucoup plus commode, beaucoup plus riche que le théâtre

Marcel Pagnol

En 1932, il abandonne le théâtre et décide de fonder sa maison de production et ses studios à Marseille. Le Gendre de Monsieur Poirier, sorti en 1933, est son premier film en tant que réalisateur. Dès lors, les tournages et les triomphes s'enchainent pendant une décennie. Autant de films à succès qui donneront lieu, bien des années plus tard, à différents remakes en France et à l'étranger.

  • Des succès en série

Il adapte au cinéma certaines de ses œuvres dramatiques telles que Topaze, La fille du puisatier, Merlusse ou encore César, l'ultime volet de sa fameuse trilogie marseillaise

Pagnol le prolifique adapte aussi certaines œuvres de son contemporain également écrivain et cinéaste Jean Giono tels que Jofroi, Angèle, Cigalon, La femme du Boulanger. Ses scènes désormais pagnolesques et ses répliques cultes "Tu me fends le cœur" couplés aux talents de ses grands interprètes : Raimu, Pierre Fresnay, Fernandel ou encore Louis Jouvet font recette.

Homme de lettres, de théâtre et de cinéma, ce self "Made in Provence" aux multiples talents connut la gloire en continu de son vivant et à titre posthume. Petit bémol pendant la Seconde Guerre mondiale, période sombre où il tourne une partie de son film "La Prière aux étoiles" qui restera inachevé. Marcel Pagnol détruit la pellicule pour qu'elle ne soit pas reprise par la société Continental Films, créée en septembre 1940 par Joseph Goebbels, le tristement célèbre ministre de la Propagande du IIIᵉ Reich.

Marcel Pagnol est mort à Paris le 18 avril 1974, il y a presque 50 ans jours pour jour.