"Tu me fends le cœur" : Marcel Pagnol en cinq répliques et citations cultes, 50 ans après sa mort

Marcel Pagnol est mort le 18 avril 1974, il y a 50 ans. Si son œuvre a marqué les esprits, c'est notamment pour son sens de la formule, immortalisé par les débuts du cinéma parlant.

"Tu me fends le cœur." Cette réplique du film Marius, adaptée de la pièce de théâtre de Marcel Pagnol, a marqué les esprits depuis plus d'un demi-siècle. Répétée haut et fort lors d'une partie de carte par un César tricheur à un Escartefigue distrait, elle est extraite d'une scène qui mélange provençal, expressions populaires, mimiques et de mauvaise foi. “Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n'est plus la peine de jouer aux cartes”, ajoute ensuite César.

Marius, pièce de théâtre présentée sur scène la première fois en 1929, est adaptée par Alexander Korda au cinéma en 1931. Marcel Pagnol, qui supervise le tournage, est l'un des premiers, en France, à avoir saisi l'importance du cinéma parlant. Dans un article paru dans le quotidien Le Journal en 1930, il défend "’l'immense valeur artistique et commerciale du nouveau moyen d’expression." Marius est l'un des premiers succès populaires du cinéma parlant en France. 

A l'occasion des 50 ans de la mort de Marcel Pagnol ce 18 avril, France 3 Provence-Alpes a listé cinq répliques ou citations cultes de l'auteur.

"Si vous voulez aller sur la mer sans aucun risque de chavirer, alors n'achetez pas un bateau : achetez une île !"

Cette phrase est aussi tirée de la trilogie marseillaise, de la pièce de théâtre Fanny, adaptée au cinéma par Marc Allégret en 1932. La réplique a gagné en célébrité lorsque Emmanuel Macron l'a mentionnée dans son discours de passation avec Michel Sapin au ministère de l'économie en 2016. Au terme d'une prise de parole toute en métaphore filée sur le domaine maritime, celui qui quittait alors Bercy pour lancer son mouvement En marche ! l'a assuré : "Je me devais de prendre la mer".

"L'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois"

Dans le film Marius, cest une phrase d'un père (César, interprété par Raimu) à son fils, Marius. La création consacre Pagnol, son sens du dialogue et de la formule. Le critique André Bazin écrit en 1953 : "Le cinéma de Pagnol est tout le contraire de théâtral, il s’insère par l’intermédiaire du verbe dans la spécificité réaliste du cinéma. Pagnol n’est pas un auteur dramatique converti au cinéma, mais l’un des plus grands auteurs de films parlants."

"Je ne te dis pas que tu es un bon à rien, je te dis que tu es mauvais en tout !"

C'est une phrase de Fernandel prononcée dans Le Schpountz, film écrit et réalisé par Marcel Pagnol en 1938. L'oeuvre raconte l'histoire d'un jeune commis épicier un peu mythomane, Irénée, à qui le cinéma a tourné la tête. Convaincu qu'il deviendra un acteur célèbre, il rencontre une équipe de tournage qui lui réserve une plaisanterie cruelle. Le terme du "schpountz" signifie simple d'esprit ou "fada" (fou). Pagnol livre dans sa création menée par Fernandel une satire du septième art et de ses travers.

"Ça n'est pas moi qui pleure, se sont mes yeux"

C'est Daniel Auteuil, amoureux éconduit, qui le dit dans Jean de Florette. Le film réalisé en 1986 par Claude Berri est adapté du livre de Pagnol L'Eau des collines (1963) et tiré du film Manon des sources, que Marcel Pagnol réalise en 1952. La déclaration d'amour à Manon restera tout autant célèbre : "Quand je mange, ça a pas de goût. Le sommeil, ça me l'a tué. Alors si tu me veux pas, ou je meurs ou je deviens fou."

"Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants"

Dans les dernières pages de son roman Le Château de ma mère, Marcel Pagnol montre que son sens de la formule ne s'applique pas qu'au registre comique. Il sait aussi se montrer sensible. L'auteur y poursuit, après La Gloire de mon père, le récit de ses souvenirs d'enfance dans les collines du Garlaban.