Alpes-Maritimes : un couple d'alpinistes sain et sauf après avoir passé une nuit à 2900 m d'altitude

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Écrit par Anne Le Hars

Un couple d'alpinistes vient de passer une nuit à 2900 m d'altitude, bloqué au sommet de La Cougourde dans les Alpes-Maritimes. Le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne 06 est venu à leur secours. C'est la troisième intervention pour le PGHM après un été "calme".

Les Caïres de Cougourde, ou plus communément La Cougourde, est un sommet frontalier situé dans la chaîne des Alpes, dans le massif du Mercantour dans les Alpes-Maritimes.

Un haut lieu de l'alpinisme et de la randonnée, aux paysages de carte-postale. Ce samedi 28 août, c'est vers ce sommet culminant à près de 3000 m, qu'un couple de la région Rhône-Alpes s'est lancé.

Parti en cordée de deux depuis le parking du Boréon, ce couple s'est mis en chemin dès 6 heures du matin. "Il était bien équipé et avait préparé leur ascension, tout était prévu... Sauf les nuages de fin de journée", nous raconte le Capitaine Corentin Hassmann du Peloton de gendarmerie de haute-montagne PGHM 06.

La Cougourde, c'est plusieurs sommets numérotés de I à IV dans le sens décroissant de leur altitude respective. Eux étaient sur la cime III quand ils se sont perdus dans les nuages vers 18 heures. Ils ne retrouvaient pour descendre qu'un chemin de pierres, trop dangereux mais ne voyaient plus la voie principale.

Capitaine Corentin Hassmann.

Cette en effet, une erreur d'itinéraire sur la fin de voie à cause des nuages qui leur donnait l'impression d'être arrivé au sommet. "Ils étaient bloqué en bout de corde, et risquaient de se mettre en danger en désescalade sur les pierres à côté de la voie normale," précise le secouriste.

Le couple décide d'appeler les secours vers 20 heures 30 ce samedi soir, alors qu'il se situe à 50 m du sommet de La Cougourde. "S'ils décidaient de changer de chemin, ils risquaient des jets de pierres". 

Deux secouristes partent alors de Saint-Sauveur-sur-Tinée pour rejoindre le refuge de la Cougourde à pied. Il commence à faire nuit. Aucune intervention par le ciel ne peut donc se faire.

Le contact était établi, nous avons échangé avec eux. Le couple était installé sur une vire à 2900 m d'altitude. C'est comme une terrasse étroite sur la paroi de la montagne. Ils étaient rassurés par notre intervention, mais nous avons dû attendre le petit matin pour pouvoir intervenir avec l'hélicoptère,

raconte le capitaine parti sur place avec son colègue Manuel Moreno. 

C'est donc de la base hélicoptère de la sécurité civile de Cannes, que le Dragon 06 est parti ce dimanche matin. 

7 heures 30, l'hélicoptère est sur zone.

Le couple d'alpinistes est treuillé sur la crête puis hélitreuillé pour redescendre. "Nous les avons accompagné jusqu'à leur véhicule, tout allait bien !" Soulagé, le Capitaine Hassmann précise que les deux personnes étaient en parfaite santé et en forme. Contacté, le couple n'a pas souhaité raconter sa nuit.

La nuit a dû être rude pour eux, mais bravo pour leur sang-froid et leur résistance !

Pour le PGHM, cette opération est certes une belle histoire, et semble conclure un été calme en terme d'intervention.

3e opération cet été

En effet, le peloton intervient habituellement une dizaine de fois chaque été sur ce type de sortie. "D'habitude à cette date, le refuge de Courgoude est complet et nous, nous enchaînons les "opé" de secours," constate le capitaine. En ce 29 août, une seule réservation au refuge et seulement trois interventions donc cet été pour le PGHM.

En moyenne, les gendarmes sont appelés une dizaine de fois durant l'été.

On pensait que le déconfinement aurait poussé les amateurs de plein air à s'oxygéner dans les montagnes, mais non. Au printemps, la gendarmerie de haute montagne des Alpes-Maritimes basée à Saint-Sauveur-sur-Tinée, par la voix de l’adjudant-chef Philippe Grosskost soulignait "qu’il fallait être vigilant".

Finalement, si l'été a été pour l'heure calme en terme d'intervention, c'est faute de pratiquant !

Les gens ont pensé que depuis la tempête Alex, l'arrière-pays n'était pas praticable, que les chemins n'étaient pas accessibles. C'est faux ! Il y a de gros travaux de réalisés, et il y a moyen de se faire plaisir en prenant toutes les mesures de précautions comme toujours, notamment se faire accompagner si on ne connaît pas la montagne,

selon le Capitaine Corentin Hassmann.

Sortir, mais en sécurité

Depuis le passage de la tempête Alex en octobre dernier, les randonneurs n'ont plus accès à tous les sentiers qu'offre habituellement le Parc national du Mercantour. 

Plus de 10 mois après la catastrophe, les stigmates sont toujours visibles sur la nature mais, les chemins sont en partie praticables comme l'indique cette carte actulisée :

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Et toujours en cas de danger, ne pas hésiter à faire appel aux services d'urgence

"Même des alpinistes comme le couple d'hier nous contacte, cela leur à sauvé la vie", conclue le Capitaine du PGHM.