Déconfinement : de Menton à Cannes les secouristes des Alpes-Maritimes appellent à la vigilance le weekend

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Écrit par Hélène France .

Déconfinement des restaurants, commerces... Un vent de liberté souffle cette semaine. Nombreuses sont les personnes qui envisagent de sortir en mer, au bord des lacs ou en montagne. Les secouristes des Alpes-Maritimes appellent à redoubler de vigilance pour ce weekend de Pentecôte.

 

Un sac à dos plein de vêtements et de matériel de bivouac a été trouvé en pleine nature par un randonneur sur la commune d’Utelle, au-dessus des Granges de la Brasque dans les Alpes-Maritimes le week-end dernier. Sitôt alertée, le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM 06) s’est rendu sur les lieux. Un document d’identité était dans une poche du sac. Certainement un randonneur s’était égaré ou avait été victime d’un problème. 

Une enquête a été menée diligemment nécessitant des reconnaissances par les airs à bord de Dragon 06 et des secouristes ont poursuivis les investigations au sol.

Le randonneur a été retrouvé chez lui, tranquillement installé dans son salon dans la région parisienne. Il avait tout simplement abandonné son sac à dos sur le bord d’un chemin après l’avoir trouvé trop lourd et être fatigué de marcher. 

L’anecdote est racontée par un des gendarme-secouristes de Saint-Sauveur-sur-Tinée. Elle illustre parfaitement selon lui "l’inconscience et le manque de réflexion de certains promeneurs du dimanche."

Un disparu en mer

Il y a, hélas, eu bien plus grave le week-end dernier. Une jeune personne qui nageait jusqu’à la bouée des 300m est portée disparue au large d’Antibes. Les recherches sont arrêtées mais l’enquête continue.

Autre cas de figure qui aurait pu être aussi tragique sans la douzaine de sapeurs-pompiers déployée avec l’hélicoptère de la gendarmerie, ce jeune couple parti sur la commune de Cipières pour descendre dans un gouffre, sans matériel ni équipement. Un déploiement phénoménal de secouristes dont l’association agrée de sécurité civile Spéléo Secours pour une imprudence caractéristique qui aurait pu coûter la vie aux deux jeunes gens.

Les exemples sont nombreux où les secours sont appelés à la rescousse. Entre arrivée des beaux jours, déconfinement et élargissement des horaires de couvre-feu, les adeptes de sports en plein air multiplient les sorties et les risques de se retrouver en mauvaise posture.

Les secouristes ne cessent de s'entraîner dans cette perspective :

Le PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne des Alpes-Maritimes) basé à Saint-Sauveur-sur-Tinée, par la voie de l’adjudant-chef Philippe Grosskost souligne qu’il convient d’être très prudent au-dessus de 2.000 m d’altitude pour les randonneurs à ski et les balades en raquettes au regard du manteau neigeux. 

"De la galère au danger, il n’y a qu’un pas"

Par ailleurs, cet hiver a été pauvre en randonnée eu égard à la crise sanitaire et les promeneurs doivent y aller très progressivement. 

En fonction de l’orientation des versants de montagnes, les randonneurs peuvent se faire surprendre selon qu’ils trouvent un tapis d’herbe de printemps ou des sentiers enneigés. De la galère au danger, il n’y a qu’un pas si les personnes sont mal équipées. En mai et juin, tout n’a pas fondu et il reste des névés.

Philippe Grosskost l’adjudant-chef au peloton de gendarmerie de haute montagne des Alpes-Maritimes.

Même discours chez les sapeurs-pompiers qui rappellent qu’il y a eu 7 morts dans des avalanches dans les Alpes-du-Nord et 3 dans les Hautes-Alpes le 3 mai dernier .

" Le département des Alpes- Maritimes est très touché par les risques d’avalanche en ce moment" prévient le capitaine Olivier Javelle, adjoint au chef du groupement des opérations du SDIS 06.

"Il faut choisir des itinéraires avec une pente inférieure à 30°, disposer du triptyque DVA (détecteur de victime en avalanche), avoir une pharmacie de secours et disposer d’un « fond de sac », c’est-à-dire couverture de survie et nourriture.

Il précise également que si l’on fait découvrir la montagne à des amis, il faut impérativement adapter l’activité au niveau du groupe.  

Du coté maritime, l’activité a été soutenue ce dernier week-end en raison des rafales de vent qui ont occasionné plusieurs incidents heureusement sans gravité. 

5 interventions de sapeurs-pompiers ont eu lieu entre Menton et Cannes pour remorquer des paddles qui n’arrivaient plus à rejoindre leur port de départ.

Une voile de kitesurf perdue n’a été signalée par son propriétaire ce qui a donné lieu à une opération en mer puisque tout signalement induit des moyens engagés. 

Le Crossmed rappelle par ailleurs la quasi-obligation de marquer les voiles d’un numéro de téléphone et d’un nom. 



Les principaux facteurs d’accidents sont le manque d’entretien de l’activité physique durant cet hiver de pandémie et le matériel défaillant non vérifié avant le départ. 

On constate beaucoup de nouveaux sports en mer qui, selon la direction du vent au large, risquent d’entraîner des demandes d’interventions et d’assistance

Gil Rochette SNSM à Cagnes sur Mer.

Le Crossmed prévoit déjà un gros boom le long week-end de l’Ascension notamment dus à l’explosion des sports nautiques (planche à voile, paddle, kitesurf, kayak…).

La porte-parole de la préfecture maritime de la Méditerranée rappelle quelques conseils avant toute sortie en mer :

  • Ne pas se surestimer quel que soit le sport nautique pratiqué.
  • Bien vérifier la météo et l’état de son matériel.
  • Se munir d’un moyen de communication (VHF ou téléphone portable avec batterie chargée dans une pochette étanche).
  • 196 c’est le numéro gratuit d’appel d’urgence à composer par une victime ou un témoin en cas de situation inquiétante en mer.
  • Emporter de quoi se signaler (fusée de détresse, vêtements voyants, petite lampe flash pour se faire repérer par les intensificateurs de lumière des secours).

Le capitaine des sapeurs-pompiers du SDIS 06, Olivier Javelle, précise quant à lui « il faut absolument savoir, surtout pour ce week-end, si il n’y a pas d’alerte vague de submersion.

D’une manière générale il faut éviter de partir seul, nager près des côtes et idéalement se doter d’une bouée de nage afin d’être visible. En eaux intérieures n’oublier pas de vous renseigner sur les lâchers d’eau prévus pour les barrages à cause de la fonte des neiges

Olivier Javelle, SDIS 06.

Enfin, au regard de la crise sanitaire, si vous pouvez désormais vous déplacer sur la totalité du territoire, les rassemblements ne sont toujours pas autorisés.

Pour ce grand week-end, les patrouilles redoubleront de vigilance pour prévenir les free-party sur les terrains propices dans l’arrière-pays. Sur les routes, les contrôles de sécurité (vitesse, alcoolémie) seront multipliés.

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