Elu à Cannes, David Lisnard brigue la présidence de l'Association des Maires de France, quels sont les enjeux ?

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Écrit par Emilie Mechenin
Actuel vice-président de l'AFM, David Lisnard veut maintenant en prendre la présidence.
Actuel vice-président de l'AFM, David Lisnard veut maintenant en prendre la présidence. © Vincent Isore / IP3 PRESS/MAXPPP

A cinq mois de l’élection présidentielle, c’est une autre élection qui se joue chez les élus locaux. Celle du renouvellement du bureau et du comité directeur de l’Association des Maires de France. Pour la première fois depuis de nombreuses années, deux listes vont s'affronter.

Ils briguent le même siège : celui de président de l’Association des maires de France (AMF). David Lisnard, maire LR de Cannes, et Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (92), vont se soumettre au vote de 35.000 maires et présidents de communautés. Le Cannois se présente en binôme avec le maire PS d’Issoudun, André Laignel, qui connaît très bien cette association pour en avoir été vice-président depuis longtemps.

Réunis pour leur 103ème congrès, les élus locaux vont élire le bureau, le comité directeur et le président de l’AMF.

L'actuel président, François Baroin, maire de Troyes (LR), ne renouvelle pas son mandat et chose qui n’était pas arrivée depuis plusieurs années : deux listes vont s’affronter pour sa succession.

Il a ouvert le congrès par la rencontre avec les élus des Outre-mer ce 15 novembre.

Le scrutin en ligne débute ce mardi 16 novembre à 17 heures et dure jusqu’au 17 novembre, 15 heures. 

Dauphin

En septembre dernier, David Lisnard annonçait renoncer à la course à la présidentielle, malgré les rumeurs sur sa candidature et l'émergence du #Lisnard2022 sur les réseaux sociaux. Le maire de Cannes a préféré briguer la tête de l'Association des Maires de France, dont il est déjà le vice-président. 

« Union soutenue par François Baroin», c'est le nom de la liste qu'il présente pour le bureau de l'AMF. Le message est clair : il est le dauphin désigné du président sortant.

Et ce même s’il a quitté le parti des Républicains pour fonder «Une Nouvelle Énergie pour la France». 

Si le maire de Cannes semblait tout désigné pour prendre la suite de François Baroin, une deuxième liste a été validée par la commission électorale, le 15 septembre dernier. Celle de Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux, en banlieue parisienne. 

Conflit dans le sud

L'élu francilien, actuel secrétaire général de l'AMF, est lui aussi soutenu par plusieurs élus Républicains, dont le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau, second sur sa liste. 

Ce 15 novembre, dans une lettre aux maires, Renaud Muselier, président de la région PACA, a appelé à voter Philippe Laurent.

Égratignant au passage le maire de Cannes qui, « du haut de son tapis rouge, niché dans son Palais des festivals, ne pourra jamais comprendre ce que vous et vos concitoyens vivez au quotidien dans vos territoires ». 

Un conflit ancien entre les deux hommes de droite.

Lors des dernières élections régionales : le maire de Cannes n’avait pas soutenu Renaud Muselier face au RN, alors qu’une rumeur d’alliance avec LREM courait.

La voix des élus locaux

Pour l’AMF, choisir un président, c’est choisir une ligne de conduite vis-à-vis de l’exécutif. Soit les relations avec Emmanuel Macron, au moins jusqu’en avril 2022.

A peine élu en 2017, le président de la République avait été hué et sifflé à son arrivée au Congrès des maires. Principale pierre d’achoppement : la suppression de la taxe d’habitation, un important revenu pour les communes.

Un conflit entre pro-Macron et anti ?

Les relations sont depuis restées compliquées. Serait-ce alors un affrontement anti et pro Macron? Entre David Lisnard très critique du président et Philippe Laurent, privilégiant le dialogue avec l'exécutif ? 

Les principaux intéressés s'en défendent. 

Plus des deux tiers de la liste de Philippe Laurent représentent la tendance macroniste. L’AMF doit être indépendante,

nous a cependant indiqué David Lisnard ce lundi.

Chez nos confrères de Franceinfo, Philippe Laurent a déclaré : « Il ne faut pas que l’élection à l’AMF soit prise en otage par l’élection présidentielle », après une légère critique d'Emmanuel Macron qui " n’écoute pas assez les maires"

Les deux candidats se retrouvent cependant sur une même revendication historique de l'AMF : la décentralisation des décisions et des moyens pour redonner du pouvoir aux élus locaux. 

6 choses à savoir sur l'AMF 

  • Association créée en 1907, qui accueille tous les maires et présidents d'intercommunalités, quelque soit la taille de leur commune.
  • Représente les élus locaux auprès des instances nationales et européennes.
  • Remplit aussi rôle de conseil et d'information pour les élus locaux.
  • Veille au maintien des moyens financiers et juridiques des communes pour favoriser la décentralisation.
  • Le bureau est composé à moitié d'élus de gauche et à moitié d'élus de droite.
  • Fédère plusieurs associations : Association des maires ruraux (AMR), Association nationale des élus de montagne (ANEM), etc.

Il n'était pas encore arrivé dans l'histoire du congrès que des listes concurrentes s'affrontent pour le bureau (36 postes à pourvoir) et le comité directeur (composé de 100 membres).

Jusqu'à cette année, le principe qui prévalait était celui de listes uniques, avec un accord entre la droite et la gauche.

Des arrangements qui n'empêchaient pas la compétition pour la présidence, comme en 2011.

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