Avec 50 tonnes de citrons IGP de Menton vendues, le bilan est un zeste décevant pour certains producteurs

Une saison en demi-teinte, la faute aux confinements succésifs et à la fermeture prolongée des restaurants. Pourtant, le citron de Menton dans les Alpes-Maritimes a su se renouveler et trouver d'autres débouchés.

Le citron de Menton se récolte généralement de décembre à mai. Pour la filière qui pèse 13 fois moins que le marché espagnol, cette année est mitigée. Si la production a été prolifique, c'est au niveau de la vente que ça a été le plus compliqué, 50 tonnes ont tout de même étaient achetées, 10 tonnes de plus que la moyenne.

La faute à la Covid

Produit luxueux, l'agrume mentonnais trône principalement sur les tables des grands restaurants, fin octobre alors que la saison allait commencé les restaurants ont baissé le rideau jusqu'à la fin de la récolte. Une énorme perte. 

Dans un mois et demi, ça part à la poubelle après il n'y a plus de jus à l'intérieur. Moi ça ne m'est jamais arrivé, fin mai normalement j'ai déjà tout vendu.

Pierre Ciabaud, producteur de citrons IGP de Menton.

Pierre Ciabaud est producteur depuis 2008, il possède 90 citronniers, des arbres encore bien fournis pour la période. Stéphane Constantin, directeur de l'association pour la promotion du citron de Menton note aussi une baisse flagrante de la vente pour le secteur :"Même Métro (grossiste alimentaire) a beaucoup moins pris que d'habitude" explique-t-il.

Mi-figue, mi-citron

Si c'est une année noire pour certains agrumiculteurs qui vendent directement aux restaurateurs, d'autres ont trouvé de nouveaux circuits qui donnent espoir à la filière. 50 tonnes ont été vendues cette année, ce sont 10 de plus que la moyenne. Parmi les nouveaux preneurs : des épiceries, des grossistes, des transformateurs ... ceux qui ont pu rester ouverts en France et en Europe. 

Depuis 5 ans, Menton possède son IGP (indication géographique protégée) c'est tout un système qui s'est mis en place de l'agrumiculteurs aux stations de conditionnement jusqu'à l'assiette. 

Ruée vers l'or jaune

Contrairement à d'autres années, à la station de conditionnement de l'Esatitude la production a été excellente: plus de 10 tonnes. 1,9 tonnes ont étaient vendues au détail, 4 tonnes aux grossistes, 4,8 tonnes à des transformateurs (pour faire des confitures par exemple) et seulement 5 kilos aux restaurateurs. 

La deuxième station de conditionnement a quant à elle vendu 12 tonnes et les producteurs ont vendu 28 tonnes. Un bel avenir se dessine pour ce fruit replanté sur les terres mentonnaises.

La filière compte bien se développer d'avantage et plante chaque année de nouveaux arbres sur cette terre ensoleillée.  

"On aimerait passer la barre symbolique 100 tonnes par an d'ici 4/5 ans. Entre 2020 et 2021, plus de 2000 arbres ont été plantés"

Stéphane Constantin, directeur de l'APCM.

A 43 ans, Lyes El Achi est l'un des nouveaux agrumiculteurs "on a planté dans sur ce terrain 60 citronniers" explique-t-il. Il ne reste désormais plus qu'à patienter, un citronnier met environ 5 ans a donner sa première bonne récolte. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
fête du citron événements sorties et loisirs économie crise économique