Muselier veut une alliance avec "la majorité présidentielle", ce n'est pas du goût de certains élus des Alpes-Maritimes

Renaud Muselier, président sortant de la région PACA, tête de liste aux prochaines régionales soutenu par Les Républicains, a appelé à un vaste rassemblement autour de sa candidature. Son regard se tourne vers la majorité présidentielle. Certains élus des Alpes-Maritimes y sont opposés.

Hubert Falco, président de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée et maire de Toulon soutien Renaud Muselier pour ces élections régionales.
Hubert Falco, président de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée et maire de Toulon soutien Renaud Muselier pour ces élections régionales. © NICOLAS TUCAT / AFP

Le président sortant de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, l'a annoncé cette semaine, il brigue un second mandat à la tête de la région pour les élections régionales des 20 et 27 juin.

Tête de liste des Républicains (LR), il souhaite un vaste rassemblement autour de sa candidature estimant "de bon sens" que la majorité présidentielle (LREM) lui apporte son soutien.

"Aujourd'hui, il y a une liste LREM pilotée par un membre du gouvernement", a constaté l'élu lors de la première conférence de presse de sa campagne ce jeudi 28 avril, en référence à la candidature déclarée de Sophie Cluzel, la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées. 

C'est à la majorité présidentielle de décider si elle souhaite maintenir cette liste ou m'apporter son soutien", a-t-il lancé ajoutant que "le bon sens", selon lui, "voudrait que la majorité présidentielle (lui) apporte son soutien,

Renaud Muselier.

Une volonté d'ouverture portée par le maire de Nice Christian Estrosi, Hubert Falco, président de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée et maire de Toulon. Chacun d'entre eux a salué le message d'ouverture exprimé par Renaud Muselier.

Le maire de Nice a souligné le soutien apporté par le gouvernement à la région :

Nous avons la signature d'une majorité gouvernementale qui a validé notre projet" régional et "je me sens totalement associé à ces mains tendues, ces bras ouverts par Renaud Muselier

Christian Estrosi ce 28 avril.

"C'est la région d'abord", a lancé le maire de Nice en s'adressant sans les nommer à ceux qui "font déjà des calculs pour la présidentielle". "Pour moi, il n'y a qu'une campagne présidentielle dans le calendrier, c'est la campagne présidentielle régionale", a-t-il lancé.

Pas de soutien si alliance

Tous les élus LR de la Côte d'Azur ne partagent pas cet élan. Une nouvelle fois, comme dans la gestion de la crise sanitaire, c'est dans l'ouest des Alpes-Maritimes que l'on s'oppose à l'avis du maire de Nice.

Ainsi David Lisnard, le maire LR de Cannes répondait ce mercredi du tac au tac à la question sur LCI :

Je ferai campagne aux côtés de Renaud Muselier oui... Mais s'il y a une alliance avec LREM, c'est non. On ne peut pas d'un côté marquer notre désaccord avec une politique et d'un autre côté faire des accords

argumente David Lisnard.

Echange viril sur les réseaux sociaux entre les deux hommes :

Pour le maire de Cannes, "s'il y a un accord, c'est un renoncement à ce que l'on est à ce que l'on propose". Selon lui, "pour être crédibles, nous avons le devoir de proposer une alternative claire".

A Antibes, le député LR Eric Pauget, estime lui qu'en "politique, avant de s’allier avec ses adversaires, on rassemble sa propre famille. On n’en prend pas le bon chemin. La peur est toujours mauvaise conseillère."

C’est aussi ce qu’a rappelé Eric Ciotti dans les colonnes de Nice-Matin. "Il a dit que je pourrais avoir « la défaite et le déshonneur » aux Regionales2021" constate amer Renaud Muselier. "En 2017, je les ai évités en appelant à voter pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Lui pas. Nous n’avons clairement pas la même idée de la droite, ni de la France."

Le président du département, Charles-Ange Ginesy est venu en soutien à Eric Ciotti par ces mots :"je regrette les propos de Renaud Muselier à l’égard de mon ami Eric Ciotti. Un élu de convictions, défenseur de notre famille politique et des valeurs de la droite républicaine : cette campagne commence bien mal !"

Loïc Dombreval député LREM des Alpes-Maritimes sur la liste ? "Je suis libre par rapport aux étiquettes" 

L'ex maire de Vence Loïc Dombreval et Renaud Muselier, nouveau président de la région Provence Alpes-Côte d'Azur en 2017.
L'ex maire de Vence Loïc Dombreval et Renaud Muselier, nouveau président de la région Provence Alpes-Côte d'Azur en 2017. © Loïc Dombreval

Loïc Dombreval, le député macroniste de la 2e circonscription des Alpes-Maritimes aurait selon toujours Nice-Matin "trouvé sa (bonne?) place sur la liste du parti Les Républicains pour le scrutin régional." Sa réponse au micro de Véronique Varin et de Djamel Mouaki de France 3 Côte d'Azur ce 28 avril :

"Par loyauté, je le soutiens mais je n'ai pas idée. J'ai été surpris de lire dans la presse que j'avais une bonne place sur la liste de Renaud Muselier. Oui, j'aimerais en avoir une. Je n'ai rien négocié mais sans aucune certitude sur la liste. Je crois que pour qu'il puisse remporter cette élection, ce candidat sortant, a fait du très bon travail. Il est le mieux placé. Lui seul peut battre le candidat du Rassemblement national Thierry Mariani."

Ce dernier parlait ce matin "d'une dérive de Muselier vers le parti d'Emmanuel Macron"

Réponse finale (pour l'heure !) de l'actuel président de la région : 

"Je suis LR et je me retrouve politiquement dans la droite et le centre. Mais je vais sortir politiquement du carcan des appareils politiques. Donc, il n'y aura pas d'accord d'appareil. Compte tenu de l'enjeu, je veux fabriquer la meilleure équipe possible pour la région et nous choisirons les meilleurs d'où qu'ils viennent", a précisé M. Muselier.

Le parti de Marine Le Pen, représenté dans la région Paca par l'eurodéputé Thierry Mariani, arriverait en tête du premier tour, selon des sondages, mais serait battu au second par Renaud Muselier.

En 2010, c'est lui, Thierry Mariani qui avait conduit la liste de l'UMP dans la région.

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