Nice, ses ruelles, sa cathédrale... À quoi pourrait ressembler la ville avec la montée des eaux ?

Imaginez Bordeaux ou Nice sous les eaux... A quelques semaines de la COP26 de Glasgow en Ecosse, une nouvelle étude tire la sonnette d'alarme. Elle souligne l'exposition des villes côtières au réchauffement climatique et l'intérêt de limiter ce dernier au maximum pour sauver des vies.

Même si l'humanité parvient à limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, le niveau des mers va monter pendant des siècles, inondant des villes actuellement habitées par un demi-milliard de personnes. Une mise en garde faite ce mardi 12 octobre par des scientifiques.

Si la planète se réchauffe d'un demi-degré de plus, ce sont 200 millions de citadins supplémentaires qui seront ainsi régulièrement affectés par des inondations et rendus plus vulnérables lors des tempêtes, ont-ils écrit dans la revue Environmental Research Letters (lien en anglais).

L'Asie, qui compte neuf des dix mégapoles à plus haut risque, sera la plus durement frappée. Les principaux pays concernés sont la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Vietnam et le Bangladesh. 

Afin que les chiffres soient plus clairs et parlent au public, l'organisation scientifique Climate Central a développé une simulation en images des différents scénarios, baptisée "Illustrons notre futur" (lien en anglais).

Les villes de Bordeaux, Anglet et Nice sont ainsi montrées sous les eaux. Voici la cathédrale dans le Vieux-Nice sous les eaux !

Faites glisser votre curseur pour suivre l'évolution des différents scénarios (+2 °C, +3 °C ou +4 °C) :

En légende, il est bien précisé que : "Les choix climatiques et énergétiques des prochaines décennies pourraient déterminer la destination, mais le moment de l'élévation est plus difficile à prévoir : ces niveaux de la mer peuvent prendre des centaines d'années pour se réaliser pleinement."

On peut noter, que les infrastructures seront les principales victimes de l'élévation du niveau de la mer. En première ligne : l'aéroport de Nice. Une partie du tarmac pourrait être noyé d'ici 2050. On le sait, des projets d'extension sont en cours.

Quid de la Promenade des Anglais ? Le mobilité du trait de côte est l'objet localement de recherches sont réalisées en ce sens et des expériences menées dans les Alpes-Maritimes. Avec des résultats encourageants.

D'un demi mètre à moins d'un mètre

La plupart des estimations actuelles de la montée du niveau de la mer et des menaces qu'elle fait peser sur les villes côtières courent jusqu'à la fin du siècle et vont d'un demi mètre à moins d'un mètre. 
Mais le phénomène va se poursuivre au delà de 2100 sous l'effet du réchauffement de l'eau et de la fonte des glaces, quelle que soit la vitesse de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Sous l'effet du réchauffement climatique, les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique fondent et l'eau se dilate, provoquant une élévation du niveau marin. Notre trajectoire actuelle nous conduit, selon les prévisions du GIEC (en anglais), vers un mètre supplémentaire à l'horizon 2100. 

Environ 5% de la population mondiale vit actuellement sur des terres situées sous le niveau qui sera atteint en marée haute sous l'effet du dioxyde de carbone déjà accumulé dans l'atmosphère par l'activité humaine, 

a dit à l'AFP l'auteur principal de l'article Ben Strauss, président et chef des chercheurs de l'organisation indépendante de journalistes et scientifiques Climate Central.

La concentration actuelle de CO2 est de 50% supérieure à celle de 1800 et la température moyenne à la surface de la Terre a augmenté de 1,1°C. C'est suffisant pour faire monter le niveau des mers de près de deux mètres, que cela prenne deux siècles ou dix siècles, estime M. Strauss.
- Avec AFP 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
méditerranée mer nature