Emmaüs, Protection Civile, Secours Populaire... La trésorerie est au plus bas pour les associations caritatives

Pour les associations d'aide aux plus démunis, les temps sont durs. Dans les Alpes-Maritimes, les demandes d'aide alimentaire n'ont jamais été aussi élevées. Pour certains organismes, des appels à la générosité publique sur l'ensemble du territoire sont lancés pour la première fois de leur histoire.

Des bénéficiaires du Secours Populaire font la queue sur le trottoir de la rue vernier à Nice, le 3 mai 2020.
Des bénéficiaires du Secours Populaire font la queue sur le trottoir de la rue vernier à Nice, le 3 mai 2020. © MAXPPP / Dylan Meiffret
Les associations caritatives tirent la sonnette d'alarme. Depuis la mi-mars, date du début du confinement, les demandes d'aide alimentaire ont doublé dans les Alpes-Maritimes. Dans le département, le Secours Populaire vient désormais en aide à 10.000 personnes par jour.

"Quelques jours après le début du confinement les gens se sont rabattus sur nos épiceries. On a vu arriver des intermittents, des auto-entrepreneurs, mais également des personnes que l'on n'avait pas vu depuis longtemps, qui ont des travails précaires et qui se sont retrouvées sans emploi."

Il y a également des étudiants, qui sont non-boursiers et qui faisaient des petits boulots pour payer leurs études", se désole Jean Stellittano, directeur du Secours Populaire français.

À cause de cette crise sociale, il y a un véritable risque de pénurie alimentaire car la trésorerie de cette association créée en 1945 est au plus bas.

D'après Jean Stellittano, les besoins n'ont jamais été aussi importants.

"Pour le seul département des Alpes-Maritimes, nous dépensons en ce moment 30.000 euros par semaine pour nourrir les bénéficiaires et leur donner des produits d'hygiène.

"Même si la générosité des particuliers reste forte, nous ne recevons que 15.000 euros de dons par mois. Nos friperies nous permettaient de gagner 50.000 euros par mois mais, pour des raisons de sécurité sanitaire, nous les avons fermées jusqu'en septembre."

La protection civilé sur le terrain

La Protection civile 06 est plus sollicitée que jamais dans l’aide à la gestion de l’épidémie du Covid-19. Mais à cause du confinement, l’association s'est retrouvée privée de ses rentrées d’argents essentielles.

"C'est la première fois dans l'histoire de la Protection Civile Française qu'un appel à la générosité publique sur l'ensemble du territoire est lancé", selon Jérémy Crunchant, directeur général de la Protection Civile 06.

Dans les Alpes-Maritimes comme dans de nombreux départements, la situation est critique et pourrait conduire à l'arrêt des missions de soutien aux populations à court terme".   

La protection civile lance un appel aux dons pour survivre à la crise sanitaire. 

Appel aux dons d'Emmaüs

Emmaüs connaît également des difficultés financières. Emmaüs France a lancé un appel aux dons pour soutenir ses communautés, une première depuis sa création il y a 70 ans.

La communauté de Nice a rouvert ses portes le mardi 19 mai et les dons ont repris. Stéphane Ladj, co-reponsable de la communauté Emmaüs de Nice, est soulagé. "Après deux mois sans activité, les clients sont au rendez-vous. Heureusement, car nous sommes restés deux mois sans aucune recette et, durant tout ce temps, on a continué à héberger, à soutenir financièrement des compagnons."

 "13 millions de pauvres" aujourd'hui

Pour venir en aide aux associations et aux Français les plus modestes, l'Etat a débloqué 39 millions d'euros, une somme insuffisante pour le Secours populaire français, qui demande aux municipalités, aux Conseils départementaux et régionaux de voter des aides rapidement. "On estime que, durant les deux mois de confinement, on a dépensé 300 millions d'euros d'aide alimentaire sur l'ensemble de la France. Il y a, aujourd'hui, 13 millions de pauvres, ils étaient 9 millions au début de l'année", explique Jean Stellittano.

Et l'inquiétude grandit car, cet été, les touristes ne viendront pas en nombre sur la Côte d'Azur. Le Secours populaire voit déjà des saisonniers taper à sa porte pour demander de l'aide alors que la saison estivale n'a pas encore commencée.
 
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