Comment gérer le stress lié au confinement, au couvre-feu : des cellules d'écoute permettent de libérer la parole

Depuis un an, l'épidémie de Covid a modifié considérablement nos vies. Après deux confinements, un couvre-feu après 18 heures, et un troisième week-end avec des autorisations de sorties limitées, la santé mentale en prend un coup. 

Les personnes âgées souffrent de l'isolement consécutif au Covid-19.
Les personnes âgées souffrent de l'isolement consécutif au Covid-19. © Philippe Turpin / MAX PPP

Pour les uns, depuis un an déjà, l'épidémie de Covid s'est conjuguée ou se conjugue encore avec travail à domicile, la scolarisation des enfants à la maison. Pour d'autres, c'est le chômage partiel, ou le chômage tout court.

Pour tous, afin de ne pas contracter le virus, c'est le port du masque, l'absence de contacts physiques avec les seniors, et plus du tout de spectacles, de cinéma ou de restaurants.

Le reconfinement, c'est trois week-ends consécutifs dans les communes de la "bande littorale" des Alpes-Maritimes.
Le reconfinement, c'est trois week-ends consécutifs dans les communes de la "bande littorale" des Alpes-Maritimes. © Jean-Luc Flémal / MAXPPP

En un an, nos modes de vie ont changé et ces changements sont très difficiles pour les seniors, les étudiants, les personnes vulnérables ou souffrant de troubles mentaux.

Cette crise pourrait devenir une catastrophe psychologique

Santé publique de France  a lancé l'enquête CoviPrev pour un suivi de la santé mentale de la population. Il apparaît que les états anxieux et dépressifs ainsi que les problèmes de sommeil se maintiennent à un niveau élevé. De nombreuses associations comme les Petits Frères des Pauvres ont accentué le suivi des seniors isolés depuis un an. Idem pour la Croix Rouge.

Les CCAS  ou les Missions locales  de différentes communes organisent également des suivis pour les seniors, les étudiants ou les précaires, mais certains dispositifs mis en place au moment du premier confinement ont perduré. 

862 appels sur un mois pendant le 1er confinement

Dans le périmètre de la métropole Nice Côte d'Azur depuis 2012, la maison pour l'accueil des victimes dispose d'une équipe disciplinaire.

Ecoute, ateliers de sophrologie, art thérapie, groupes de parole permettent de se reconnecter au monde extérieur quand l'isolement a été compliqué ou reste compliqué. Ainsi, Véronique Borré est directrice générale adjointe en charge de la sécurité, de la proximité, mais aussi directrice de l'agence sanitaire de la Métropole. Il y a une plateforme de soutien téléphonique. Les équipes sont renforcées le soir et les veilles de week-ends, car il y a plus d'appels à ces moments-là.

Toute personne qui compose le 04 97 13 52 88, soit le numéro de la plateforme téléphonique, est immédiatement prise en charge ou rappelée par un psychologue dans les minutes qui suivent. Pour info, on a reçu 455 appels du 28 janvier 2021 à aujourd'hui, et jusqu'à 862 sur un mois lors du premier confinement.

Véronique Borré

Les profils sont très différents : certains souffrent de la solitude, d'autre craignent la maladie ou une perte de revenus ou d'emploi.

Une structure mobile pour les 49 communes de la Métropole

Depuis le début de l'année, la Métropole s'est dotée d'une structure mobile qui se déplace sur tout son territoire, y compris sur les toutes petites communes. C'est un service à la demande et à la carte, précise Véronique Borré, avec des inscriptions enregistrées en mairie.

Des ateliers de sophrologie sont organisés à la demande dans toute la Métropole.
Des ateliers de sophrologie sont organisés à la demande dans toute la Métropole. © Métropole NCA

Des vacataires proposent des ateliers au groupe en extérieur. A chaque fois, un psychologue les accompagne. Sa mission : détecter les personnes fragiles et assurer si nécessaire un suivi. Il y a eu 21 signalements depuis le début de l'année.

Le signalement des violences intrafamiliales

Là encore, la Métropole a mis en place un numéro pour les victimes ou les témoins de violences intrafamiliales. Elles ont augmenté pendant les périodes de confinement. Il s'agit du 04 97 13 49 00, un numéro plus facile à composer que le 17 (la police ou la gendarmerie)  pour certaines personnes.

Autre numéro national cette fois : le 3919,  numéro d’écoute gratuit destiné aux femmes victimes de violences et accessible du lundi au samedi, de 9 heures à 19 heures.

Les enfants et adolescents peuvent appeler gratuitement le 119 à n’importe quel moment.

Les étudiants et une réserve sanitaire

Pas facile d'être étudiant depuis un an, avec des cours assurés en ligne. Ceux qui ne vivent plus chez leurs parents sont souvent petitement logés, avec plus de petits boulots pour garantir un apport financier. Pour eux, la métropole vient de mettre en place un système qui leur permet de gagner un peu d'argent avec une mission d'intérêt général : des cours pour les seniors, une aide pendant les jours de vaccination, surveillance de cantines ou des accueils de loisirs.

En deux mois, 300 candidatures ont été reçues. 160 étudiants ont été contactés et 84 recrutés, essentielleme,nt sur la gestion de la crise sanitaire.

Pour tous, voici les conseils de l'OMS en cette période de crise sanitaire :

► Levez-vous et couchez-vous à la même heure chaque jour.
► Maintenir une hygiène personnelle.
► Consommer des repas sains à des heures régulières.
► Évitez de consommer de l'alcool ou des drogues comme moyen de gérer la peur, l'anxiété, l'ennui ou l'isolement social. 
► Faire régulièrement de l'exercice.
► Consacrer du temps au travail et du temps au repos.
► Prendre le temps de faire des activités que vous aimez.
► Restez en contact régulier avec vos proches par téléphone ou en ligne.
► Consultez les dernières informations à des moments précis de la journée, une ou deux fois par jour si nécessaire. 

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