Deux ans après l'attentat qui a fait trois morts à la basilique de Nice, le rappel des faits

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Écrit par Sarah Dumeau .

Une messe commémorative se tiendra ce samedi 29 octobre, à la basilique Notre-Dame de l'Assomption, précédée d'un temps de recueillement devant la statue "La Colombe de la Paix".

Le 29 octobre 2020, Brahim Aouissaoui pénètre dans la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption, à Nice, à 8h29. Il en ressort environ trente minutes plus tard. 

Dans ce court intervalle, le Tunisien de 21 ans s'attaque à trois victimes. Avec un couteau, il tue Vincent Soquès, sacristain de la basilique, égorge Nadine Devillers, 60 ans, et blesse très grièvement une troisième femme, Simone Barreto Silva, 44 ans et mère de trois enfants. Cette dernière parviendra à s'enfuir mais finira par succomber à ses blessures.

A 8h57, une équipe de quatre policiers municipaux intervient. Ce dernier s'avance vers les forces de l'ordre en criant "Allahu akbar". Après avoir tiré à 14 ou 15 reprises sur l'individu, ils finissent par interpeller l'assaillant, grièvement blessé à l'abdomen, aux jambes et à l'épaule. 

Cet attentat survient treize jours seulement après la décapitation du professeur Samuel Paty par un terroriste islamiste à Conflans-Sainte-Honorine, en banlieue parisienne. Et alors que la ville est encore sous le choc de l'attentat du 14 juillet 2016, qui a fait 86 morts sur la Promenade des Anglais, à Nice. Le procès de l'attentat à la voiture bélier est toujours en cours, à la Cour d'assise spéciale de Paris. 

Une cérémonie d'hommage

Le samedi 29 octobre 2022, deux ans après l'attaque, une commémoration est organisée par la ville de Nice. A 8h30, les Niçois sont invités à venir se recueillir devant la basilique, en présence du maire, Christian Estrosi, et du préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzalez. "À l'issue de ce temps, tous les Niçois pourront déposer une rose blanche" devant la statue "la Colombe de la paix", réalisée par l'artiste Théo Tobiasse. 



Puis, à 9 heures, une messe commémorative se tiendra dans la basilique, présidée par le nouvel évêque de Nice, Monseigneur Jean-Philippe Nault. Par respect pour les familles de victimes, l'entrée sera strictement restreinte.

Le profil de l'assaillant 

L'auteur de l'attaque est un Tunisien âgé de 21 ans. Il se radicalise dans le courant de l'année 2018. En septembre 2020, il décide de partir pour la France. Brahim Aouissaoui est récupéré par un bateau de secours italien et atterrit sur l'île de Lampedusa le 20 septembre. Il est ensuite transporté par le bateau d'une ONG jusqu'à Bari, dans le Sud de l'Italie. Visé par une obligation de quitter le territoire italien puisqu'il n'y a plus de place dans les centres d'accueil, il est laissé libre. Le 27 octobre, soit deux jours avant l'attentat, il arrive clandestinement à Nice, probablement par le train. 

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, dira de lui qu'il est venu en France "manifestement pour tuer". 

Amnésie opportuniste

Mis en examen pour "assassinats et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", l'assaillant assurait, depuis un interrogatoire réalisé en avril 2021, ne pas se souvenir des événements de Nice. Une amnésie qui était due, selon lui, aux tirs des policiers. Il a subi deux anesthésies et plusieurs jours de sédation, après avoir été transféré à l'hôpital Pasteur II, à Nice. 

Cette version a été contredite par une expertise de mars 2022. Le discernement de Brahim Aouissaoui ne doit pas être considéré comme ayant été aboli, ni altéré. L'assaillant est donc considéré comme responsable pénalement. 

Les avocats des parties civiles n'étaient pas convaincu par cette hypothèse : "Il passe d'une stratégie à une autre mais ça ne change rien à la vérité" avait déclaré Samia Maktouf, avocate de la famille d'une des victimes.

Encore en phase d'instruction, le procès de l'attentat devrait avoir lieu en 2023.

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