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Geneviève Legay “dégoutée” par la récompense décernée au commissaire Rabah Souchi

Le commissaire Rabah Souchi, à Arras, en 2008 / © MAXPPP / BELLOUMI
Le commissaire Rabah Souchi, à Arras, en 2008 / © MAXPPP / BELLOUMI

Selon Médiapart, des policiers impliqués dans des violences survenues lors de manifestations de gilets Jaunes ont été décorés par le ministre de l'Intérieur. Parmi eux figurent Rabah Souchi et sa compagne Hélène Pedoya, mis en cause dans l'enquête sur les violences subies par Geneviève Legay.

Par POC avec AFP

Dans un article publié mercredi 17 juillet, Mediapart a révélé qu'au moins cinq agents "impliqués dans des enquêtes concernant des violences  policières" ont été distingués de la médaille de la sécurité intérieure pour leur engagement dans des opérations d'ordre public, principalement dans le cadre de la mobilisation des "gilets jaunes" débutée le 17 novembre 2018.

Parmi les personnes prochainement médaillées figurent deux commissaires mis en cause dans l'enquête sur les violences subies par Geneviève Legay, une manifestante de 73 ans blessée à Nice en mars 2019 lors d'une charge de police contre un rassemblement interdit de "gilets jaunes".

Joint par téléphone, Gennevieve Legay est abasourdie : "Je suis dégoutée. Lorsque l'on m'a appris la nouvelle les larmes me sont montées aux yeux. Pas pour moi, bien entendu, mais je me demande ce que je vais laisser aux gens que je connais. Je suis triste pour nous tous, pour ce qui se passe en France", précise t-elle.

"Je me demande à quoi joue le gouvernement. C'est de la provocation. Ils veulent nous dire : "on a le pouvoir, on est plus fort que vous". Je trouve lamentable qu'un Etat qui se dise de droit en soit arriver là" ajoute la militante d'ATTAC.
 

La promotion "gilets Jaunes"

Le ministère de l'Intérieur a confirmé dans un communiqué que 9.162 noms ont été retenus dans le cadre d'une "promotion exceptionnelle" de la médaille de la sécurité intérieure, intitulée "Engagement exceptionnel des forces de sécurité intérieure 2018-2019".

L'arrêté a été signé le 16 juin et doit être publié courant juillet au bulletin officiel du ministère de l'Intérieur, est-il précisé. Celui-ci rappelle que "le retrait de la médaille de la sécurité intérieure peut être prononcé en cas de condamnation définitive pour un crime ou un délit, ou de sanction disciplinaire du récipiendaire".
 
 

Cette décision a fait réagir David Nakache. Sur son blog, le président de l'association "Tous citoyens !" accuse le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, de légitimer les violences policières : " Au lieu d'appeler les policiers à la retenue, Christophe Castaner donne une prime à la violence. Au lieu d'attendre le résultat des enquêtes en cours, il passe outre l'autorité judiciaire. Au lieu de promouvoir l'unité nationale, ce gouvernement rompt toute confiance possible entre le citoyen et l'Etat."


L'instruction dépaysée à Lyon

Le 10 juillet dernier, la Cour de cassation a statué : la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire du pays a ordonné le dépaysement de l'instruction de l'affaire Legay. L'instruction sera donc pilotée par un magistrat qui n'est pas dans la juridiction de Nice mais dans celle de Lyon.

Les conditions de la chute de Geneviève Legay, militante de l'association altermondialiste ATTAC avaient fait l'objet de plusieurs versions. Dans un premier temps, le procureur de la République Jean-Michel Prêtre a expliqué que la septuagénaire n'avait pas été touchée par les forces de sécurité.

Puis il avait déclaré dans un second temps, le 29 mars dans une seconde conférence de presse, que les blessures de Madame Legay résultent de l'action d'un fonctionnaire de police, qui a, par la suite présenté ses regrets.

 

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