"Je vais travailler, je peux y rester" : après le meurtre d'une infirmière à Reims, l'émotion à son comble au CHU de Nice

Au CHU de Nice comme dans toute la France, le personnel médical a respecté une minute de silence pour leur collègue. Entre tristesse et consternation, ils ont confié leurs émotions à France 3 Côte d'Azur.

Ils se sont rejoints devant l'hôpital Cimiez de Nice. Le personnel médical s'est réuni, mercredi 24 mai, pour partager une minute de silence en hommage à leur collègue tuée à Reims alors qu'elle travaillait. Sabrina est infirmière et a été particulièrement touchée par ce drame. "Cela aurait pu être moi, on ne peut pas s'empêcher de s'identifier à cette personne-là, souffle-t-elle. C'est une collègue, même si on n'est pas sur le même site à la base. Je ne peux que me sentir encore plus touchée parce qu'on a le même âge en fait. Je suis maman comme elle." 

"On a connu un drame en 2022"

Une agression mortelle qui fait écho aux autres drames qui se sont déroulés aussi ici à Nice. Pour Michel Fuentes, sécrétaire général Force ouvrière, la crise de l'hôpital n'y est pas pour rien dans ces faits. "C'est évident que le manque de personnel, la fermeture de lits en médecine ou en psychiatrie, ça provoque aussi des drames comme on en a connu, fustige-t-il. Nous, on a connu un drame en 2022, à l'hôpital Saint-Roch où une infirmière a pris une balle dans la cheville."

"Voilà, qu'est-ce qu'on attend pour réagir ?"

Michel Fuentes, secrétaire général FO

à France 3 Côte d'Azur

Nicolas, lui, se souvient de ses premières années et des tensions qui existaient déjà. "J'ai commencé aux urgences pendant deux ans. C'est vrai qu'il y avait de l'agressivité par rapport à l'attente avec des familles qui attendent leurs proches, confie-t-il. Nous, on y est pour rien, il y a un manque de personnel. Aux urgences, on prend les personnes par gravité, on ne prend pas le premier qui arrive. C'est dur à comprendre pour eux." 

Des mesures mises en place à Nice depuis 2017

Devant l'hôpital Cimiez, impossible de ne pas penser à l'avenir. "Quand on va travailler, on est tout le temps dans le soin, dans la bienveillance", explique Sabrina, infirmière au CHU de Nice. 

"On ne devrait pas avoir cette notion sacrificielle de "je vais travailler, je peux y rester."

Sabrina, infirmière au CHU de Nice

à France 3 Côte d'Azur

Pour le CHU de Nice, contacté par France 3 Côte d'Azur, il y a une tolérance zéro sur les violences envers le corps médical. Depuis 2017, des mesures sont mises en place pour prévenir ou gérer ce type de faits grâce à un plan de sécurisation de l'établissement. Filtrage à l'entrée, boutons d'alerte ou encore vidéoprotection... les équipes travaillent aussi avec la police, la justice et les services pénitenciers

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