Les associations caritatives mobilisées pour aider en cette rentrée marquée par l'inflation

Alors que le prix des fournitures scolaires a bondi de 10% en un an, les associations font face à la fois à une hausse des demandes et de leurs frais de fonctionnement.

La rentrée scolaire se fera cette année sous le signe de l'inflation.

Si la Première ministre, Elisabeth Borne, affirmait en juillet que "le pic de l'inflation est sans doute derrière nous" et qu'une baisse des prix alimentaires est attendue, les fournitures scolaires, elles, coûtent en cette rentrée 10% plus cher qu'il y a un an, rapporte l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui évoque une "très chère rentrée".

Dans certains foyers, le budget de la rentrée est une charge devenue trop lourde à porter. 58% des familles jugent "insuffisante" l'allocation de rentrée scolaire versée en août à trois millions de bénéficiaires, rapporte une enquête du gestionnaire d'épargne Yomoni. Le Secours populaire des Alpes-Maritimes organise donc comme chaque année une distribution de matériel scolaire auprès de ses bénéficiaires. "On est très mobilisés", lance Jean Stellitano, secrétaire général de l'association dans le département.

Le prix des fournitures en hausse

La cause de cette inflation, c'est le coût des matières premières qui a augmenté cette année lorsque les magasins distributeurs ont rempli leurs stocks, et qui se répercute aujourd'hui sur les prix en rayon. Les cahiers en papier valent ainsi entre 20 centimes et près de deux euros de plus que l'année dernière.

Et les fournitures scolaires, considérées comme moins essentielles que la nourriture ou les produits d'hygiène, peuvent servir de variable d'ajustement lorsque le pouvoir d'achat est réduit. 32% des Français essaient en cette rentrée de limiter leurs dépenses en matériel scolaire, note Yomoni.

Cette année, le Secours populaire maralpin se prépare donc à distribuer "entre 650 et 750" kits de fournitures scolaires : 500 environ pour les écoliers et 200 pour les étudiants. "Les bénévoles ont collecté dans les supermarchés tout le mois d'août", explique M. Stellitano, évoquant des collectes jusqu'à ce début de semaine, au Cultura Nice Lingostière notamment.

L'objectif des collectes et de se procurer les fournitures pour former des kits d'une valeur d'environ 30 euros. Ils seront offerts directement aux familles bénéficiaires de l'association dans les semaines à venir. Pour les étudiants, des cartes-cadeaux de 30 euros seront également distribuées.

"Parce que c'est rarement de feuilles grands carreaux dont les étudiants ont besoin, mais plutôt de matériel informatique", explique le secrétaire général du Secours populaire.

Autre initiative locale, celle de l'association niçoise Tous citoyens, qui a chapeauté en août une collecte de dons qui seront redistribués ce mercredi 30 août de 10h à 17h et le samedi 2 septembre de 14h à 17h au local de la Fédération sportive et gymnique du travail, 27 rue Smolett à Nice. L'année dernière, 510 kits avaient ainsi été offerts, principalement à des familles de demandeurs d'asiles qui ne bénéficie d'aucune aide d'État du fait de leur statut. L'association espère distribuer autant de fournitures cette année.

Des collectes marquées par l'inflation

La forte inflation générale des prix encaissée cette année cause problème aux associations caritatives. "Il y a un nombre de dons stagnant, mais des frais de fonctionnement en hausse", résume Jean Stellitano, du Secours populaire, qui mentionne la hausse du prix des carburants utilisé pour les collectes. Les personnes en demande d'aide sont également plus nombreuses. Le Secours populaire enregistre "15% de demande supplémentaire" par rapport à l'année dernière à la fin août.

"On a peur de commencer la distribution et que, soudain, arrivent des enfants à qui on n'a rien à donner", confiait à la mi-août David Nakache, le président de Tous citoyens, qui redoute un bond du nombre de demandes.

"On est soucieux de cibler ceux qui ont le plus besoin ; ceux qui ne bénéficient pas de l'allocation de rentrée, ou ceux qui en bénéficient mais dont la situation financière est tellement dégradée qu'ils ont quand même besoin d'aide", développe Jean Stellitano, qui ajoute : "C'est un des effets de la crise économique."

Le secrétaire général de l'association recommande tout de même aux familles qui en ressentent le besoin de se présenter dans un local du Secours populaire où leur demande pourra être prise en compte.

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