Marine Le Pen s'impose d'un souffle en Provence-Alpes-Côte d'Azur : 23 635 voix séparent les deux candidats

Publié le Mis à jour le
Écrit par Anne Le Hars

Après son grand chelem en Provence-Alpes-Côte-d'Azur en 2017, Emmanuel Macron a cette fois été devancé par Marine Le Pen dans trois des six départements de la région, la candidate d'extrême droite s'imposant d'un souffle à l'échelle régionale.

Victorieuse avec 50,48% des suffrages, soit six points de plus qu'en 2017, Marine Le Pen a devancé le chef de l'Etat grâce à sa domination dans les villages et les zones rurales, perdant par contre dans toutes les grandes villes, que ce soit à Marseille, Nice, Avignon et même Toulon, seule métropole où elle était arrivée en tête au premier tour.

Découvrez les résultats du second tour de l'élection présidentielle commune par commune - Exemple à Toulon :

En tête dans cinq des six départements de la région au premier tour, Hautes-Alpes exceptées, la candidate du Rassemblement national a finalement remporté :

  • le Var (55,10%),
  • le Vaucluse (52,00%)
  • les Alpes-de-Haute-Provence (51,45%), avec des progressions de six à dix points en cinq ans.

Dans le Vaucluse, un des départements les plus pauvres de France, où Emmanuel Macron était arrivé en tête en 2017 avec 53,45% des voix, c'est cette fois Marine Le Pen qui rafle la mise en signant des scores vertigineux de plus de 60% dans nombre de communes rurales.

A Bédarrides, commune de 5.000 habitants au coeur d'une zone viticole, frappée d'un taux de chômage de 11%, elle culmine ainsi à 68,85%.


Emmanuel Macron remporte en revanche sans surprise la ville d'Avignon qui, après avoir placé en tête Jean-Luc Mélenchon au premier tour, a voté à plus de 62% pour le président sortant.

A Forcalquier, fief du député et ex-ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dans les Alpes-de-Haute-Provence, le chef de l'Etat a également devancé Marine Le Pen, de plus de 19 points. Au premier tour, il y avait été dépassé de près de 12 points par Jean-Luc Mélenchon.

Le Président du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale, Député des Alpes-de-Haute-Provence n'a pas caché sa joie ce dimanche soir :

Devancé au premier tour, le président-candidat a refait son retard dans les Bouches-du-Rhône (52,08%) et les Alpes-Maritimes (50,13%).

Mais là encore il signe des scores bien inférieurs à ceux de 2017, avec un recul de cinq points à chaque fois.

Victorieux à Marseille (59,84%), le chef de l'Etat recule là aussi nettement, après s'être imposé avec 64,42% des voix au second tour de 2017. 

Christian Estrosi en chef de file dans les Alpes-Maritimes

A Nice, ville dirigée par Christian Estrosi, ex-LR passé dans le camp présidentiel, il obtient 55,39%, en recul également de cinq points par rapport à 2017 (60,14%).


M. Macron s'est enfin imposé dans les Hautes-Alpes, seul département de la région qui n'avait pas placé Marine Le Pen en tête au premier tour. Avec 55,06% des voix, il perd cependant neuf points par rapport à 2017.

"Ce soir, le pire a été évité"

"Ce soir, le pire a été évité", a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan, qui avait appelé à voter pour le président sortant au second tour.

Le score de l’extrême droite, l'abstention massive et le nombre de bulletins blancs doivent nous alerter sur l'état du débat démocratique dans notre pays et sur l'essoufflement dramatique et inquiétant de nos institutions.

Le maire de Marseille, sur Twitter.

Le président ex-LR de la région Paca, Renaud Muselier s'est lui félicité que le "rassemblement des républicains et des démocrates" qui avait déjà "permis d'éviter le désastre de l'extrême droite aux régionales (se soit) reproduit à l'élection présidentielle".


avec AFP