Mondial d’apnée AIDA à Villefranche-sur-Mer : un moine en quête de profondeur

Loïc Vuillemin, après sa plongée réussi ce lundi en immersion libre. / © Sylvain Bes - AIDA
Loïc Vuillemin, après sa plongée réussi ce lundi en immersion libre. / © Sylvain Bes - AIDA

Parmi les 140 athlètes engagés au mondial Aida d'apnée à Villefranche-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, le Suisse Loïc Vuillemin détone. Rencontre avec le moine apnéiste.

Par Michel Bernouin

C’est probablement le plus profond des apnéistes en lice au championnat du monde Aida qui se déroule jusqu’à ce dimanche à Villefranche-sur-Mer, près de Nice. Spirituellement parlant. Car s’il ne fait pas partie de l’élite mondiale de l’apnée profonde, Loïc Vuillemin surclasse tout le monde sur le terrain de la méditation.
 


Ce moine Bouddhiste, ressortissant Suisse installé en Egypte après vingt ans passés en France, est venu à l’apnée sur le tard. "J’ai reçu la graine de l’apnée quand il était petit. Ça a toujours été une intuition". Un attrait répulsion en fait.
 

"Je me suis noyé quand j’étais petit"

"J’entretenais des peurs avec l’eau, je me suis noyé quand j’étais petit, j’avais vu aussi 'Les dents de la mer', j’avais peur des profondeurs, jusqu’à imaginer le Léviathan sortir de l’océan pour me dévorer… Pour mon développement spirituel il était nécessaire que je fasse face à ces peurs du très profond".
 
Loïc Vuillemin dans les derniers mètres de sa plongée en immersion libre, ce lundi au mondial Aida d'apnée. / © Sylvain Bes - AIDA
Loïc Vuillemin dans les derniers mètres de sa plongée en immersion libre, ce lundi au mondial Aida d'apnée. / © Sylvain Bes - AIDA

C’est finalement au Mexique, en 2017, à 40 ans, qu’il découvre la pratique de l’apnée, à l’occasion de vacances en famille. Deux ans plus tard, ce géant de près de 2 mètres, barbichette poivre-et-sel et lunettes rondes comme des hublots, participe au mondial Aida organisé dans la rade de Villefranche-sur-Mer.
 

"Robot zen"

Dans le village des athlètes depuis lundi, il ne passe pas inaperçu. Et pas seulement à cause de son physique. "On me surnomme 'robot zen', je suis très robotique dans ma pratique de l’apnée. Avant de plonger je ne sens pas mes bras, mes jambes, je ne veux pas me rappeler que j’ai un corps. Mon corps devient un véhicule."
 
Le moine apnéiste, de retour à la surface de la Méditerranée ce lundi. / © Sylvain Bes - AIDA
Le moine apnéiste, de retour à la surface de la Méditerranée ce lundi. / © Sylvain Bes - AIDA

Ce lundi, il a débuté son mondial avec l’épreuve de poids constant sans palmes… et sans se mettre la pression. "La majorité des gens pensent que la peur est une illusion. Ils essayent de se relaxer, de calmer leur mental. Le moine, lui, comprend que la peur n’est pas une illusion : c’est la personne qui a peur qui est une illusion. Quand on se dit 'je stresse, mon stress consomme de l’oxygène', et l’égo, le soi absorbe toutes les difficultés. En ayant fait un grand travail spirituel, on se distancie du soi beaucoup plus facilement."
 

- 57 mètres en "immersion libre"

Résultat : une plongée réussie à – 57 mètres. La 8e performance de ce championnat, sur 22 apnéistes classés. Rebelote ce mercredi, cette fois dans la catégorie "immersion libre". 63 mètres de descente, mais un carton jaune à la sortie de l’eau synonyme de pénalité.
 
Pas de médaille à l’arrivée pour Loïc Vuillemin mais là n’était pas son ambition.

►Pour le voir plonger sans palmes à 57 m lors de la première journée du championnat du monde d'apnée à Villefranche :
Il quitte la Côte d’Azur riche d’une nouvelle expérience : dans les profondeurs de la rade de Villefranche-sur-Mer, et de sa spiritualité.

 

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