Municipales 2020 : ce qu'il faut retenir du débat à Nice

REPLAY - Ecologie, sécurité, Acropolis, tramway, petites phrases et grandes tirades, 6 candidats participent au débat des élections municipales à Nice sur le plateau de France 3 Côte d'Azur. Tous veulent prendre la place du maire sortant Christian Estrosi 
Débat sur les élections municipales 2020 à Nice sur le plateau de France 3 Côte d'Azur
Débat sur les élections municipales 2020 à Nice sur le plateau de France 3 Côte d'Azur © France Télévision

21h05 - Les 6 candidats entrent sur le plateau. A noter que 8 candidats ont déclarés vouloir se présenter. Les listes ne sont pas officielles car ce sera le cas ce jeudi 27 février au soir. Sur le plateau de France 3 Côte d'Azur il n'y en avait que 6. Vous l'aurez constaté ça fait déjà beaucoup sur un plateau et ça laisse peu de temps à chaque candidats. Le choix des candidats présents est fait d'après les règles du CSA. L'organe impose une "règle d'équité" qui se traduit par une approche de la représentativité du candidat et de son passé politique (mandats, partis soutiens, activités politique...). Ainsi, bien que frustrées, les chaînes sont dans l'obligations de faire des choix. Ne sont donc pas présent, Valéry Sohm de l'UPR (Union Populaire Républicaine) et la liste citoyenne encore en construction. 

Nice ville verte ? 

Le premier thème est déroulé : Nice est-elle une ville verte ? Christian Estrosi défend son bilan avec les 12 hectares du paillon pour la coulée verte. Il s'engage à rendre la mobilité "climat-compatible" grâce aux aménagements comme le tramway. Pour le prochain mandat il veut aller plus loin que la législation européenne concernant la pollution des ferries. Christian Estrosi veut empêcher les navires d'entrer dans le port s'ils émettent plus de 0,1% de soufre (contrairement à 0,5% dans la législation).

Pour Patrick Allemand, la mesure phare tourne autour du plan vélo : " il nous faut un maillage cohérent et une sécurisation des vélos sur l'ensemble de la ville". Pour Jean-Marc Governatori, l'écologie n'est pas "une mesure phare" mais doit se retrouver dans chaque mesure du programme : stationnement, transport, auto-partage, potager en ville... Mireille Damiano se veut plus radicale sur la place de la voiture, selon elle il faut drastiquement baisser le trafic en rendant les transports en commun gratuits. Pour financer cette mesure elle propose d'augmenter la taxe de séjour des hôtels de luxe, et de faire des choix en terme d'investissement et grands travaux : "abandonnons quelques grands projets coûteux et rendons les transports gratuits"

Philippe Vardon qualifie la plaine du Var de "coulée grise" et dénonce la bétonnisation. Il veut "stopper ce qui peut encore l'être".

Benoit Kandel critique le "verdissement de la ville" qui est selon lui artificiel. Il préconise "des mesures simples, comme synchroniser les feux rouges, réguler la lumière des lampadaires" il propose aussi d'inciter les habitants a créer de "petits oasis sur leurs balcons, 50 000 oasis représenteraient 30 équivalent coulée verte" 

Nice ville bleue ?

Question politique posée par Nathalie Layani : la gauche part battue du fait d'être divisée. En effet, la gauche, les citoyens de Viva2020 et les écologistes n'arrivent pas à s'entendre pour former une seule liste, prenant ainsi le risque de ne pas être représenté au Conseil municipal. Patrick Allemand se défend d'en être à l'origine, pour lui le rassemblement aurait pu être plus large. Pour Mireille Damiano, même si les intérêts peuvent être communs, les principes ne sont pas les mêmes. Selon elle, les citoyens doivent mener la liste, pas les partis. Enfin, Jean-Marc Governatori ne veut pas entendre parler de partis ou de liste et dit "se battre pour les Niçois"

Je reste au dessus de la melée, je ne veux aucun clivage partisan - Christian Estrosi

A droite, Christian Estrosi maire Les Républicains est soutenu par le Modem, les centristes, le parti radical et En Marche. Le maire sortant revendique son origine gaulliste et républicaine, mais ne veut pas être "étiquetté" dans ces élections municipales. 

Pour Benoît Kandel il fallait que quelqu'un représente "la droite niçoise puisque Eric Ciotti n'y va pas". Le candidat est soutenu par le CNIP (Le Centre national des indépendants et paysans) qui est, dans beaucoup de villes, associé au Rassemblement National ; Benoît Kandel se défend pourtant d'être d'extrême droite. 

Christian Estrosi attaqué par Philippe Vardon sur l'implantation d'une mosquée

Philippe Vardon attaque Christian Estrosi sur un terrain de 3000 m carré qui aurait été donné dans la plaine du Var pour y installer une mosquée pour l'UOIF. Cette organisation serait affilliée aux frères musulmans eux-même qualifiés d'organisation terroristes dans certains pays.  

C'est une pure invention - Répond Christian Estrosi

Nous avions effectivement fait un reportage en 2018 lors de la plantation symbolique d'un olivier en présence des imams de la Côte d'Azur et du premier adjoint Philippe Pradal. "Un lieu de culte musulman ouvrira bientôt ses portes à Nice. C'est en tout cas la promesse qu'a fait la ville à la communauté musulmane." Expliquait alors l'article. La mosquée devait être construite grâce à des fonds niçois récoltés par une association niçoise d'imams, pas de trace en revanche, à cette époque de l'UOIF. 

Nice ville attractive ? 

Voilà venu le temps du thème du tourisme et donc de l'Acropolis et du futur Palais des Congrès souhaité par Christian Estrosi. Pour Patrick Allemand « il faut sortir du tout tourisme, il faut diversifier l’économie, notamment, dans la plaine du Var pour développer l’économie du développement durable »

Une ville attractive, c’est une ville ou on se sent en sécurité et aujourd’hui la gare de Nice est moins sûre que celle de Marseille - Philippe Vardon

Pour Benoît Kandel « nous devons nous attacher au tourisme d’affaire et ne pas détruire ce qui fonctionne comme l’Acropolis.»
Du côté de la liste Viva et Mireille Damiano  « on doit réguler les locations Airbnb, inciter à la rénovation des logements par des aides pour rendre la ville plus attractive »

Nice ville sécurisée ?

Patrick allemand critique la gestion du maire sortant : "pour la sécurité il y a 179 euros par habitant alors qu'il y 70 euros pour la solidarité et malgré ça, les chiffres sont mauvais." Pour lui, il faut plus d'éducation, d'éducateur, de sensibilisation pour changer les comportements en amont. Christian Estrosi défend son bilan et son programme dont le centre "d'hyper-vision" qu'il veut créer. Il souhaite "se battre" pour obtenir un changement dans la loi concernant la reconnaissance faciale. Philippe Vardon partage le constat de la gauche : "les caméras ne sont pas suffisantes" il faut plus de policiers municipaux et un maillage plus fin des postes de police dans les quartiers. Pour Jean-Marc Governatori aussi, il n'y a pas assez de policiers en ville.

C'est honteux vous êtes un petit militaire monsieur - Christian Estrosi

Benoît Kandel attaque Christian Estrosi avec une petite phrase "vous n'avez pas empéché l'attentat de Nice", Christian Estrosi, outré, a répliqué avec le qualificatif "petit militaire" en référence au passé de colonel du candidat.

Enfin Mireille Damiano clôt le débat et ce thème en partageant le constat du manque de policiers. Elle souhaite cesser les dépenses "inconsidérées en matière de sécurité" et améliorer le climat de peur qui est selon elle, à l'origine de cette insécurité. 

22h00 C'est déjà fini, rendez-vous le 15 mars à Nice, pour le premier tour des élections municipales. 

Le Replay du débat, diffusé en prime time ce mercredi 26 février 



France 3 organise des débats dans plus de 200 villes de France à quelques jours du premier tour des élections municipales.

Retrouvez l'ensemble de ces rendez-vous sur notre carte interactive :Le débat de ce mercredi a été présenté par Nathalie Layani et Henri Migout.

Les candidats invités :La ville de Nice est dirigée par Christian Estrosi depuis 2008. Il en a pris la tête après Jacques Peyrat (de 1995 à 2008). La commune vote traditionnellement à droite et son histoire politique a été marquée par les cinq mandats de Jacques Medecin. L'ancien maire a connu la gloire, la chute puis la prison (pour des affaires de détournement de fonds, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive). 

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et président du conseil départemental jusqu'en 2017, a envisagé un temps, de se présenter face à son ancien ami Christian Estrosi. Finalement, le député renonce en novembre 2019 et laisse le champs libre à Christian Estrosi.
Le maire sortant brigue donc un troisième mandat avec l'investiture Les Républicains, et part favori selon les premiers sondages.

Nice, les forces en présence

 

Christian Estrosi, arrive en tête au second tour des élections municipales de 2014 avec 48.61 % des voix. Le Front National représenté par Marie-Christine Arnautu sur la liste "Nice bleu Marine", rassemblait alors 21.10 %. En troisième position, Patrick Allemand avec la liste "un autre avenir pour Nice" avait rassemblé 17.84 % des voix.

Opposant historique de gauche, Patrick Allemand, conseiller d'opposition, mène en 2020, la liste Nice au coeur. Le candidat est soutenu par le PS et LEF (Liberté Ecologie Fraternité).

Philippe Vardon, candidat investi par le Rassemblement National et conseiller d'opposition se présente en tête de la liste "retrouver Nice".  

Face à Christian Estrosi, Benoît Kandel son ancien premier adjoint, écarté en 2013, se présente pour "incarner la droite". L'ancien colonel de gendarmerie, déçu du maire attaque le bilan et souhaite un retour "à la simplicité". 

Dans la course à la mairie, Mirelle Damiano, avocate à Nice se présente sur la liste Viva 2020 Démocratie, écologie, solidarité. Elle est connue pour son implication dans la défense des migrants et se positionne à Gauche sur l'échéquier politique. Le président de l'association "Tous Citoyens!" David Nakache fait également parti de cette liste citoyenne. 

Jean-Marc Governatori mène, aux côtés de Juliette Chesnel-Le Roux, une liste d'union des écologistes soutenue, entre autre, par Europe ecologie Les Verts et l'Alliance Ecologiste Indépendant. Sur leur liste se trouve aussi Jean-Christophe Picard, membre (et ancien président) d'Anticor.  

L'UPR (Union Populaire Républicaine) mouvement fondé par François Asselineau est représenté à Nice par Valéry Sohm. 

Le parti animaliste a choisi Christian Razeau pour tête de liste. Il se place dans la lignée du parti européen "Mouvement Homme Animaux Nature".

Enfin, Patrick Cribouw, connu sur les manifestations de Gilets Jaunes, se présente sur une liste. Nous ne savons pas, à ce jour, si la liste est complète. Le dépôt des listes peut se faire jusqu'au 27 février, il sera alors possible d'en connaitre précisement la composition.

Les élections européennes 2019 à Nice

Le Rassemblement national est arrivé en tête avec 28,18 % des voix. En deuxième position: La République en marche et le Modem avec 21,83%. Derrière, Europe Ecologie les Verts rassemble 11,87% des voix. Les Républicains arrivent en quatrième position avec 11,7%. Enfin La France insoumise et le Parti socialiste et Place publique rassemble respectivement 4,72% et 4,57%.

Les élections présidentielles de 2017 à Nice

Aux élections présidentielles, Emmanuel Macron rassemblait 60,14% des voix au second tour et Marine Le pen 39,86 %.

Nice, les chiffres clés 

À Nice, le taux de chômage (au sens du recensement) était de 16% en 2016, au dessus du taux de chômage des Alpes-Maritimes (13,9%) en 2016 selon l'INSEE. 

51% des ménages étaient imposables en 2016 et le revenu médian disponible était de 19 533 euros par an, soit 1628 euros par mois. Ce chiffre est inférieur au revenu médian national annuel (20.520 euros), soit 1.710 euros par mois.

Population (2016)

342 637 (en 2016)/ 322 442 (1968)
Après un pic en 2006 (347 060 habitants), la commune perd régulièrement des habitants. 

Naissance / Décès (2018)

4 486 naissances (domiciliées) vs 3 698 décès (domiciliés)

Revenus (2016)

Taux de pauvreté Nice 21%
Taux de pauvreté national 14%, - de 1.026 euros/mois
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