La ville de Nice inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO

En janvier 2020, le gouvernement retenait la candidature de "Nice, capitale du tourisme de Riviera" à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial pour la présenter à l’UNESCO. La ville est finalement classée !
Nice, ville de villégiature, intègre la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco.
Nice, ville de villégiature, intègre la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco. © Gaëlle Abron

Après l'échec, en juillet 2019, de la candidature des "Alpes de la Méditerranée" à figurer à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial, le gouvernement français avait début 2020 retenu la candidature de "Nice, capitale du tourisme de Riviera".

C'est ce 27 juillet que le dossier a été validé. 12 coups de canon ont été tirés depuis la Colline du Château pour l'occasion.

Les réactions se sont multipliés dans la journée. Le maire de Nice a envoyé sa réaction par mail :

Alors, tout ce qui me vient à l’esprit, dans l’instant, ce sont des sentiments d’une force inégalée : la gratitude, la dignité, la fierté, l’honneur, l’émotion, c’est tout cela qui se mélange dans mon cœur et mon esprit. La gratitude, c’est celle que j’adresse à tous ceux qui ont permis à cet événement : merci au Comité du patrimoine mondial, à son Président S.E. Monsieur Tian Xuejun, et aux représentants des 21 états membres de cette instance. Ma reconnaissance va aussi à l’UNESCO dans son ensemble et à sa Directrice générale, Madame Audrey Azoulay.

Christian Estrosi, maire de Nice.

Et il a également ajouté, "et puis, il y a l’émotion. Nous connaissons tous la devise de l’UNESCO : « Construire la paix dans l’esprit des femmes et des hommes ». Voir aujourd’hui Nice prendre toute sa part à cette mission magnifique par la voie de l’esprit, c’est-à-dire de la culture, c’est une grande émotion. Je pense à cet instant à toutes les victimes des tragédies du passé, à celle que Nice a connues au cours de sa longue histoire, et encore très récemment, victimes de l’intolérance, de la violence, de la haine. Je suis convaincu que la culture est le moyen privilégié pour éviter le plus possible ces tragédies. Alors, je regarde cette inscription à la fois comme un aboutissement et comme un encouragement à aller plus loin encore. C’est donc avec la même détermination que je me consacrerai maintenant à soutenir la candidature de Nice au label de Capitale européenne de la culture 2028. Notre ville est désormais inscrite au patrimoine commun de l’humanité."

Le président du département, Charles Ange Ginésy, a lui salué "un jour historique et une formidable reconnaissance internationale". La ministre de la Culture a tweeté pour se féliciter de la nouvelle. 

Cette inscription consacre Nice comme archétype de la villégiature d'hiver de riviera avec son site exceptionnel, entre mer et montagne, et les diverses influences qui ont façonné son patrimoine

a aussi salué sur Twitter la ministre de la Culture Roselyne Bachelot

Alex Benvenuto, spécialiste de la culture locale, estime que "c'est une culture de l'accueil de la part des Niçois et des structures d'accueil (villas, hôtellerie) qui a été récompensée". L'historien souligne le rôle précurseur de l'Ecossais Tobias Smollett, qui fit la publicité de la ville après un passage de deux ans au XVIIIe siècle : "il est le premier à avoir écrit de belles choses sur Nice. Après, les Anglais et les Russes sont venus".

Aussi, selon lui, Nice a participé autant que Paris au rayonnement de la France à l'international. Il ajoute que la ville a su s'adapter au fil des époques et de leurs changements : "à partir de 1936 (date de la mise en place des congés payés, ndlr) le tourisme d'été a succédé au tourisme d'hiver. Aujourd'hui, le tourisme d'affaires est également important".

Depuis 2008

La capitale azuréenne voulait enfin accéder à la sphère très prisée des membres du patrimoine mondial de l'UNESCO. L'inscription de Nice au patrimoine mondial est l'ambition de Christian Estrosi depuis son élection en 2008. 

Engagée par le maire de Nice, Christian Estrosi, et sous le pilotage de Jean-Jacques Aillagon en 2012, cette candidature concerne l’ensemble urbain de près de 600 hectares qui, de 1760 à nos jours, a joué un rôle exclusif dans le développement urbain de la capitale azuréenne.

En janvier 2020, le ministre de la Culture de l'époque, Franck Riester déclarait à ce sujet : "le dossier de Nice, que nous avons décidé de défendre cette année, est profondément original. Il s’agit de reconnaître la valeur patrimoniale d’un type d’urbanisme inédit : cosmopolite et orienté vers les loisirs. Ce qui s’est joué à Nice à partir de la fin du XVIIIe siècle, c’est l’invention d’une part importante de notre modernité."

Quel patrimoine ?

La candidature à la liste du patrimoine mondial comprend un ensemble urbain de 550 hectares façonné par deux siècles et demi de villégiature et d'activité touristique.

Périmètre du bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial à Nice.
Périmètre du bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial à Nice. © Ville de Nice

C’est à Nice qu’est apparu, à la fin du XVIIIe siècle, un nouveau type d’urbanisme destiné à la villégiature d’hiver, puis, dans un second temps, au tourisme d’été. Sur un site exceptionnel, entre mer et montagne, s’est constituée, à partir d’un noyau urbain préexistant, une ville nouvelle et cosmopolite dont le développement a été, entre 1760 et 1960, déterminé par la fonction de villégiature.

À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, le succès international de Nice a inspiré l’aménagement d’établissements similaires le long des côtes présentant des caractéristiques de relief et de climat comparables. Nice, en raison de son échelle urbaine et de la diversité des strates de patrimoine qu’elle comporte, constitue le modèle de référence de ville de riviera.

C'est cet aspect de l'histoire locale qui a été aujourd’hui salué.

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