Un habitant de Belvédère remercie les gendarmes venus le sauver d'une mort certaine après une chute dans une ravine

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Agé de 68 ans, un retraité installé à Belvédère a connu une mésaventure dont l’issue aurait pu être tragique ce 8 février. C’était sans compter sur l’intervention du peloton de gendarmerie de haute montagne des Alpes-Maritimes, qu'il n'a pas oublié de remercier.

C’est par une lettre manuscrite que tout s’est (bien) terminé. Quelques mots de remerciements à destination des gendarmes, qui ponctuent une histoire dont l’issue aurait pu être tragique. Hubert y raconte avoir "chuté dans une ravine et [s'être] retrouvé dans une situation très précaire". 

L'auteur est un habitant de Belvédère, âgé de 68 ans, Hubert, "parti pour une balade de deux heures" ce 8 février. Du moins, c'est ce qu'il croyait. 

Une promenade banale ?

Hubert quitte son domicile "pour une balade banale". "Je croyais m’en sortir, et pas du tout… Ça a été la surprise de la nuit." se rappelle-t-il encore ému.

En quelques minutes, la nuit tombée lui fait perdre tout repère : "Dans la redescende, j’ai accéléré le pas car je devinais des leurs au lointain, et je n’ai pas fait attention. Et je suis un peu lourd, je fais 110 kilos, donc je n’ai pas le physique pour ces virées, ni l’âge. J’ai glissé et c’est devenu dangereux." 

Hubert atterrit dans une ravine, qui n'est pas très profonde, mais sans aide, lampe ou équipement, il lui est impossible de s'en extraire dans ce secteur de Belvédère.

Le peu de batterie sur son téléphone lui permet de passer un très bref coup de fil aux gendarmes. "Je les ai eus deux secondes" avant que le téléphone ne s'éteigne.

Une mobilisation payante

Cet appel est bien reçu, explique le capitaine Corentin Hassmann, du PGHM06, qui a participé à la mission de sauvetage, mais le défi est alors de taille pour ces professionnels de la montagne : "Une personne appelle la gendarmerie et dit "je suis perdu en montagne" et le téléphone se coupe. Il a fallu faire une réquisition téléphonique pour trouver le secteur, sur la commune de Belvédère, puis réaliser un travail de terrain mené par la brigade de Lantosque qui a fait l’enquête de voisinage".

Hubert est alors loin de se douter qu'une douzaine de personnes, sapeurs-pompiers, gendarmes et habitants de la commune, se mobilise pour lui venir au secours.

J’espérais ne pas mourir de froid.

Hubert, retraité de Belvédère

"Je me suis dit : là, je me prépare à une longue nuit. J’étais coincé surtout, j’étais épuisé, c’était une extrême fatigue. J’étais incapable d’avancer plus loin. Ça a duré jusqu’à minuit, une heure même."

Pour Corentin Hassmann, le commandant du PGHM, cette soirée de recherches s'est faite "avec l’aide des villageois, on a pu le trouver en criant. Il était plus que perdu, il était blessé. Il se situait à un gros quart d’heure de marche en montée sèche, en contrebas du sentier d’où il avait glissé. On a dû lui poser une attelle cervico-thoracique et le transporter en civière sur sentier étroit, raide et glissant pendant, plus d’une heure."

Eviter l'issue tragique

Corentin Hassmann tient à "saluer le travail des gendarmes spécialisés, mais aussi le maillage territorial. Le travail d’enquête des gendarmes de la brigade a permis de localiser la zone. Avec le froid et la position immobile durant plusieurs heures, il était en hypothermie. Il n’aurait pas passé la nuit…"

C’est l’euphorie, le sauvetage, le miracle. On passe du désespoir de la nuit à la lumière.

Hubert, retraité de Belvédère

Ce drame, évité de justesse, n'a tenu qu'à un fil, à un bref coup de fil d'une poignée de secondes. Pourtant, Hubert assure être un habitué des sentiers environnants. 

"Je les connais bien en vélo, là vraiment, c’était pour reprendre un exercice physique en vue d’une préparation au vélo justement. J’ai été naïf, très, très naïf. Je n’avais pas de carte, je suis parti très mal préparé. L’idée est que je comptais retrouver un chemin que je connaissais, j’ai insisté lourdement et longuement pour le retrouver. C’est la nuit qui a été décisive, qui a fait que l’on ne peut plus rien faire. Je comptais partir deux heures. Je suis arrivé à Pasteur à 3 heures du matin. Ils étaient très surpris, car je n’avais rien, quelques contusions, mais anodines." termine-t-il pour raconter ce périple qu'il n'aurait jamais du entamer sans être accompagné.

C’est fini de partir seul, surtout sans une condition physique meilleure.

Hubert, retraité de Belvédère

Une lettre saluée sur les réseaux sociaux

Dès le lendemain, Hubert prend un papier et un stylo pour adresser quelques mots au peloton de gendarmerie de haute montagne des Alpes-Maritimes : "Cela va de soit, je ne pouvais pas ne pas les remercier. Sur place, et puis après, pour moi c’est le minimum." 

Un message bien reçu par les militaires du PGHM06 que son commandant garde encore en tête, plusieurs semaines après l'avoir reçu : "C’est relativement rare de recevoir ce type de message, ça doit nous arriver trois ou quatre fois par an au maximum."

Plusieurs centaines de "like", partage ou commentaire situés sous la publication félicitent ces "chers gendarmes" comme l'écrit un internaute; bien conscients qu'une vie a été sauvée ce 8 février, grâce à leur intervention.

Quels conseils pour les randonneurs ?

L'histoire de ce retraité aurait pu être évitée. Pour le capitaine Corentin Hassmann, li est impératif, lors de tout départ en montagne, de "prévenir un ami et donner un itinéraire et une heure de retour" afin de faciliter les recherches après une disparition. 

Le commandant du PGHM06 rappelle que "même si la montagne semble estivale sur certains versants actuellement, il y a des secteurs encore bien glacés, [il faut] rester mesuré dans le choix des itinéraires".

Côté équipement, là c'est le bon sens qui commande : chaussures, eau, téléphone chargé et vêtements chauds restent des indispensables, même pour une courte balade. De quoi éviter ce type de contrariété au détour du chemin.

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