Agriculteurs en colère : l'Etat annonce 80 millions d'aides pour la filière viticole du sud de la France

Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau s'est exprimé ce mercredi 31 janvier sur Sud Radio. Il a annoncé que le gouvernement apportait une aide financière de 80 millions d'euros pour soutenir la filière viticole du sud de la France.

Les agriculteurs en colère sont mobilisés depuis plusieurs jours sur les routes de France et bloquent les entrées de Paris. Pour répondre au mieux aux inquiétudes du monde agricole, une première vague d'annonces vient d'être faite par le ministre de l'Agriculture ce mercredi 31 janvier. Elles concernent tout d'abord la filière viticole, dont les bassins du croissant sud-ouest, sud-est et sud de la Vallée du Rhône traversent une crise particulière.  Le ministre annonce 80 millions d'euros d’aides aux trésoreries viticoles et 150 millions d'euros pour l’arrachage sans replantation pour permettre une restructuration.

Une aide déployée rapidement

Dans son communiqué transmis aujourd'hui, le ministère de l'Agriculture annonce que "la crise viticole continue, les bassins de la moitié sud de la France apparaissant comme nettement les plus en difficulté".

C'est dans ce contexte que l'État indique une série de plans d'aide avec "la mise en place immédiate d’un fond d’urgence de 80 millions d'euros pour soutenir nos viticulteurs qui connaissent des difficultés de trésoreries générées par de nombreux aléas". 

Il est précisé que cette aide va "être déployée rapidement avec une ouverture des demandes en préfecture dès le lundi 5 février 2024, et des premiers paiements avant le Salon International de l’Agriculture". 

Accompagner les reconversions

Et conscient de l'évolution des pratiques, du réchauffement climatique, de la crise du mildiou, l'Etat annonce également aider les exploitants viticoles. L'aide viserait ceux qui voudraient sortir de la production de vin et se reconvertir dans une autre filière agricole adaptée aux territoires et à leur climat. L’Etat abonderait "à hauteur de 150 millions d'euros pour mettre en œuvre une restructuration différée, comprenant une option d’arrachage "sans replantation" en vue d’une diversification agricole, tout en assurant la continuité des autres actions du programme national d’aide".

Cela permettra aux viticulteurs qui se décideraient à se retirer de la production vitivinicole de rester dans l’activité agricole et d’investir dans d’autres productions agricoles, adaptées aux territoires et à leur climat.

"Notre filière viticole est notre fierté, elle fait rayonner la France. Outre les aléas et aspects conjoncturels, la filière vin française est confrontée à une situation de crise structurelle multifactorielle, avec notamment une forte chute de la consommation, un ralentissement des ventes à l’export mais aussi un dérèglement climatique qui touche de plein fouet certains bassins viticoles", a précisé Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture.

La consommation de vin en chute libre

En France, le vin a longtemps été la boisson préférée des Français. Fleuron de la gastronomie française, le vin a toujours fait partie des habitudes alimentaires et culturelles en France.

La consommation de vin en France a diminué de 70% en 60 ans et continue de baisser d'année en année. Depuis 2022, selon le Baromètre Sowine Dynatail, le vin a été détrôné par la bière. En 2023, 56% des Français ont placé la bière parmi les trois boissons alcoolisées qu'ils préfèrent.

La tendance des "no/low" se confirme. Les Français sont de plus en plus sensibles aux boissons à faible teneur en alcool ou sans alcool avec 29% de consommateurs, principalement pour "consommer moins d’alcool".

Le vin rouge a perdu de sa splendeur. En effet le vin blanc est en tête cette année encore parmi les couleurs de vin privilégiées, cité par 93% de consommateurs, suivi par le vin rosé avec 88% et le vin rouge avec 83%.

En 2017, le vin représentait 36% des achats de boissons alcoolisés en France, tandis que la bière comptait déjà 44,8 % de parts de marché. En 2022, l'écart des ventes de ces deux boissons s'est encore accru, alors que le vin ne comptait plus que 30,6% des ventes totales contre 52% du côté de la bière.