VIDEO. Les images de la décharge d'un couple mis en examen pour trafic de déchets

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Écrit par Margaïd Quioc avec Jean-François Giorgetti

Le couple entreposait sur des terrains à Peypin et Marseille des déchets de travaux public et du bâtiment en toute illégalité. L'un deux a été placé en détention provisoire, l'autre est sous contrôle judicaire. Une équipe de France 3 s'était rendue sur ces décharges sauvages l'hiver dernier.

La quantité de déchet stockée se chiffre en dizaines de milliers de mètres cubes. Un couple d'entrepreneurs récupérait des déchets en tout genre, en provenance d'entreprises du BTP de la région et même au-delà. Ils n'avaient pourtant aucune autorisation pour pratiquer cette activité très encadrée.

Le 20 octobre 2022, ils ont été mis en examen pour "exploitation illégale de déchets de travaux public et du bâtiment et pollutions concernant des exploitations situées à Allauch et Peypin", annonce le parquet de Marseille.

Une décharge en pleine nature

A Peypin, le lieu de "stockage" est en fait une décharge sauvage à ciel ouvert et en pleine nature. Une équipe de France 3 s'était rendue sur les lieux en mars dernier.

Derrière un panneau faisant croire à un centre de tri des déchets, nos reporters ont découvert un chemin jonché de déchets en tous genres. Un peu partout sur le terrain des monticules de terre avaient été érigés pour recouvrir les immondices. Certains menaçaient de s'effondrer.

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Les décharges sauvages sont un problème récurrent en région Paca. A Peypin, des tonnes de déchets, gravats ont été déversés sur un terrain public. Mars 2022 ©France télévisions

En février 2022, alors que l'enquête est déjà en cours, un drame a été évité de justesse. Le site, entouré de forêt prend feu.

Sur place, les pompiers ont dû lutter pendant plusieurs jours pour éteindre l'incendie et éviter tout risque de reprise. 

Une société "fugitive" pour gérer les décharges

L'autre décharge gérée par le couple se trouve à Marseille, au 45 route d'Allauch dans un quartier résidentiel.

Elle est portée par une société dite "fugitive", une entreprise régulièrement liquidée puis remontée au gré des mises en demeures.

Celle-ci s'est appelée "Big Bennes" puis "Eco-bennes". Selon Richard Hardouin, président de France nature environnement 13, que nos équipes ont interrogé lors d'un reportage sur la décharge, cette technique est classique.

Celle-ci s'est appelée "Big Bennes" puis "Eco-bennes". Selon Richard Hardouin, président de France nature environnement 13, que nos équipes ont interrogé lors d'un reportage sur la décharge, cette technique est classique.

Des entreprises peu scrupuleuses profitent d'un marché des déchets très lucratifs. "Elles s'installent sur un terrain loué avec un hangar loué et pas de locaux une simple boite aux lettres. Ces entreprises n'ont aucune intention de traiter les déchets. Au mieux, elles les enfouissent mais il n'y aura pas de recyclage."

Malgré plusieurs mises en demeure des services de la préfecture, le couple n'a pas mis fin à son activité hors-la-loi.

L'information judiciaire ouverte par le tribunal judiciaire de Marseille porte notamment sur la gestion irrégulière de déchets provoquant une dégradation substantielle de l’environnement et la gestion d’entreprises malgré interdiction.

Le couple risque trois ans d’emprisonnement et 1.500 000 euros d’amende.

Les décharges sauvages, un fléau dans notre région

Les décharges sauvages sont un véritable fléau dans notre région. Pour éviter de payer les redevances sur le traitement de leurs déchets, des professionnels du BTP peu scrupuleux n'hésitent pas à contourner la loi pour se débarrasser de leurs rebuts.

Certains agissent par opportunisme en abandonnant des déchets à l'abri des regards. D'autres profitent de filières illégales organisées.

Ces agissements posent le problème du manque de traçabilité des déchets, avec de potentiels polluants qui se retrouvent dans la nature.

Ces pratiques sont connues mais la plupart des sociétés trafiquant les déchets agissent en toute impunité. "Les gens ont peur d'eux, ils ont peur des représailles", avance le maire de Peypin, Jean-Marie Léonardis.

En août 2019, un de ces dépôts sauvages a conduit à un drame. Jean-Mathieu Michel, le maire du village de Signes, dans le Var est décédé en tentant de verbaliser un professionnel pris en flagrant délit de dépôt de gravas. En tentant de fuir, le maçon contrevenant avait mortellement percuté l'élu avec son véhicule.

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