"Diffamation" ou "intimidation" à Peypin ? France Nature Environnement s'interroge sur la liberté d'expression des lanceurs d'alerte

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Écrit par Pauline Sauthier
C'est cette parcelle que France Nature Environnement Bouches-du-Rhône et l'Association de protection des collines peypinoises disent vouloir protéger de l'urbanisation.
C'est cette parcelle que France Nature Environnement Bouches-du-Rhône et l'Association de protection des collines peypinoises disent vouloir protéger de l'urbanisation. © DR

L'association France Nature Environnement Bouches-du-Rhône (FNE 13) se dit victime de "pressions" après la mise en examen pour diffamation de son secrétaire adjoint, Raymond Martini. En cause : un projet d'aménagement sur la commune de Peypin.

Après la mise en examen pour diffamation de son secrétaire adjoint, Raymond Martini, France Nature environnement Bouches-du-Rhône (FNE 13) dénonce les "intimidations" dont il serait victime.

La plainte pour diffamation émane d'un porteur de projet immobilier sur la commune de Peypin (Bouches-du-Rhône), contre lequel Raymond Martini se mobilise, avec France Nature Environnement et l'Association de protection des collines peypinoises. Selon FNE 13, le porteur de projet souhaite réaliser une "opération immobilière spéculative" pour transformer "des espaces boisés inconstructibles en terrains constructibles" à Peypin.

Le plaignant s'estime directement mis en cause par le secrétaire adjoint de FNE 13, qui fait le lien entre des menaces qu'il aurait reçues et ce projet.

 "A la réception d’une lettre de menace de mort, il a déclaré que ces menaces comme toutes les intimidations reçues depuis 8 ans, sont liées à l’annulation par le tribunal administratif d’un permis d’aménager situé en espace naturel boisé et corridor écologique", déclare France Nature Environnement dans un communiqué.

Raymond Martini déclare avoir porté plainte avec constitution de partie civile contre ces menaces en 2014, sans que les "auditions demandées par les plaignants" n'aient été réalisées à ce jour.

Contre une opération d'urbanisation

"La diffamation est l'arme des puissants pour mettre en difficulté les personnes qu'elles accusent et qui ont souvent moins de moyens financiers", estime Richard Hardouin, président de FNE 13.

"Les lanceurs d’alerte que nous sommes et qui œuvrent avant tout dans le sens de l’intérêt général, permettent la prévention ou la révélation des failles et dysfonctionnements de nos Etats, nos économies, nos systèmes politiques et financiers. Leur action, leur liberté, leur sécurité doivent absolument être garanties au titre d’un fondement démocratique à préserver", poursuit le communiqué.

"Cette parcelle n'est pas considérée comme boisée classée"

Le maire de la ville Jean-Marie Leonardis, directement mis en cause par le communiqué, estime pour sa part qu'il s'agit d'"élucubrations".

Contacté par France 3 Provence-Alpes, il répond : "Cette parcelle n'est pas considérée comme boisée classée, elle a été identifiée comme "dent creuse" par les services de l'état, et n'est nullement traversée par un corridor écologique comme le confirment également ces mêmes services de l'état. C'est une parcelle classée 2AU, AU signifie à urbaniser."  

Il poursuit : "je tiens à préciser que la construction de 15 logements sociaux est prévue sur une partie de la parcelle."   Selon lui, Raymond Martini avait l'intention de racheter le terrain qu'il défend désormais. S'estimant mis en cause dans le communiqué de FNE 13, le maire se "réserve le droit de porter plainte pour diffamation". 

Un permis d'aménager contesté

Raymond Martini reconnaît pour sa part avoir voulu acheter cette parcelle qui longe sa propriété, à l'époque où elle n'était pas constructible et où "elle n'intéressait personne".

Il se félicite d'avoir finalement réussi, avec l'Association de protection des collines peypinoises et France nature environnement, à faire annuler le Plan local d'urbanisme (PLU), qui prévoyait de rendre constructible neuf hectares de terrain, sur lesquels se trouvait cette parcelle. Un permis d'aménager déposé par le propriétaire de la parcelle a été accordé par la municipalité en 2019. Il est aujourd'hui contesté par l'Association de protection des collines peypinoises devant le tribunal administratif.  

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