Après la polémique Eurolinks, une centaine de parlementaires demandent "d'arrêter immédiatement toutes ventes d'armes" à Israël

Une centaine de parlementaires demandent à Emmanuel Macron d'arrêter toutes ventes d'armes à Israel, même les plus inoffensives. Dans le même temps, pour la première fois, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU prend la même position.

Les révélations faites par les sites d’investigation Disclose et Marsactu, le 26 mars dernier sur l'entreprise marseillaise Eurolinks avaient fait grand bruit. Vendredi 5 avril, une centaine de parlementaires de gauche demandent à Emmanuel Macron "d'arrêter immédiatement toutes ventes d'armes, même celles jugées uniquement défensives, au gouvernement d'extrême droite de Netanyahou". Ce même-jour, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté la même position.

Arrêt immédiat de toutes les ventes d'armes

Un groupe d'environ cent parlementaires, de tendance politique de gauche, a rédigé une lettre à l'attention du président Emmanuel Macron, sollicitant l'arrêt immédiat de toutes les ventes d'armes à destination du gouvernement d'extrême droite dirigé par Netanyahou en Israël, même celles considérées comme strictement défensives.

Ces 115 députés et sénateurs soulignent l'importance de noter que d'autres nations, telles que le Canada, les Pays-Bas et l'Espagne, ont déjà adopté des mesures similaires. Ils font valoir que la France viole les accords internationaux qu'elle a signés en continuant de fournir du matériel militaire à Israël.

En appelant Macron à ne pas risquer de faire de la France un complice dans les crimes contre le peuple palestinien, ils expriment leur inquiétude quant au soutien indirect à des actions pouvant être qualifiées de génocide.

Cesser la vente, le transfert et la livraison d'armes

Dans le même temps, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a exigé, ce vendredi 5 avril, l'arrêt de toute vente d'armes à Israël en guerre contre le Hamas. Cela dans une résolution évoquant les craintes de "génocide" contre les Palestiniens, un terme qui suscite un vif débat.

Il s’agit là de la première prise de position du Conseil des droits de l'homme sur le conflit qui fait rage depuis le 7 octobre 2024. Cette résolution appelle "tous les États à cesser la vente, le transfert et la livraison d'armes, de munitions et d'autres équipements militaires vers Israël... afin de prévenir de nouvelles violations du droit international humanitaire et des violations et abus des droits de l'homme". Elle "condamne l'utilisation d'armes explosives à large rayon d'action par Israël dans les zones peuplées de Gaza" et l'utilisation de l'intelligence artificielle "pour aider à la prise de décision militaire susceptible de contribuer à des crimes internationaux".

Vingt-huit des 47 membres du Conseil ont voté en faveur du texte présenté par le Pakistan. "Il faut que vous vous réveilliez tous et mettiez fin à ce génocide", a exhorté le représentant palestinien Ibrahim Mohammad Khraishi avant le vote, soulignant que son temps de parole imparti ne suffisait pas à lister toutes les atrocités.

Le terme "génocide" fait débat

Six pays ont voté contre, dont les États-Unis et l'Allemagne. Treize pays, dont la France, l'Inde et le Japon, se sont abstenus. La France s'est abstenue notamment parce que la référence au génocide ne peut "être incluse dans un texte d'une portée telle que celle d'une résolution de ce Conseil sans que la qualification n'ait été validée par une autorité juridictionnelle habilitée à le faire", a expliqué l'ambassadeur Jérôme Bonnafont.

Le terme "génocide" faisant polémique, la référence à cette notion avait été enlevée dans plusieurs passages du projet de résolution. Le texte continue toutefois d'y faire référence en "exprimant sa profonde préoccupation face aux informations faisant état de graves violations des droits de l'homme et de violations graves du droit international humanitaire, notamment d'éventuels crimes de guerre et crimes contre l'humanité" et face "à la détermination de la Cour internationale de Justice selon laquelle il existe un risque plausible de génocide".