Coronavirus : "foireuse" et "délirante", le Pr. Raoult démonte l'étude critiquant l'efficacité de la chloroquine

Dans une vidéo parue lundi, le Pr Didier Raoult à la tête de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) à Marseille, défend son traitement à base d'Hydroxychloroquine après la parution d'une étude pointant son inefficacité et ses risques pour les malades du Covid-19.
Le Pr. Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) à Marseille.
Le Pr. Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) à Marseille. © GERARD JULIEN / AFP
"On a clos notre première grande étude avec plus de 3.600 patients. La plupart des gens ont été traités par l'association hydroxychloroquine et azithromycine (un antibiotique), et dans ce groupe la mortalité est de 0,5%, c'est-à-dire la plus basse au monde", attaque en préambule, celui qui défend depuis le début de l'épidémie, cette molécule, dérivée de l'antipaludéen chloroquine, comme traitement du Covid.

Dans une vidéo de dix minutes parue lundi 25 mai, le Pr Didier Raoult sort de sa réserve pour répondre à une étude "foireuse", faite avec des "Big Data" (compilation de données, ndlr), pointant l'inefficacité de l'hydroxychloroquine et ses risques pour les malades du Covid-19.

"Je ne sais pas si ailleurs, l'hydroxychloroquine tue, mais ici elle sauve beaucoup de gens quand même", indique le Pr. Didier Raoult. Cette étude parue vendredi dans la prestigieuse revue médicale The Lancet, s'appuie sur des données portant sur 96.000 patients au total. Elle conclue que ni la chloroquine, ni son dérivé, ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés.

Selon cette étude, ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

"Il nous est passé 4.000 malades dans les mains, vous ne croyez pas que je vais changer parce qu'il y a des gens qui font du Big Data, qui est une fantaisie complétement délirante, qui prend des données dont on ne connait pas la qualité, qui mélange les traitements dont on ne connait pas les doses données", se défend l'épidémiologiste.

Dans un autre tweet, le Pr. Raoult explique pourquoi selon lui, il y a tant de différences entre les études sur l'hydroxychloroquine.

"Des éléments de réponse émergent quand on constate que les études contre ce traitement sont principalement des études réalisées auprès de bases de données, pas auprès de malades", explique-t-il. "On a fait ce que nous nous considérions comme notre devoir, c'est-à-dire soigner des gens et il faut dire que le gouvernement ne nous a absolument pas empêché de travailler"

Le sujet continue toutefois d'alimenter les débats. Le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé samedi au Haut Conseil de la santé publique (HCSP) de proposer "une révision des régles dérogatoires de prescription" de divers traitements comme l'hydroxychloroquine.

"On peut se suicider avec de l'hydroxychloroquine si on en prend trop, comme avec le Doliprane, qui est en réalité plus dangereux que l'hydroxychloroquine, première cause d'intoxication dans les pays modernes du monde", indique encore le Pr. Raoult.

"C'est la fin de l'épidémie. Il faudra en tirer les leçons avec un peu de patience"
 
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