Covid-19 : "au niveau moral et physique, ce sera très compliqué", la détresse du personnel soignant à Marseille

Le niveau 2 du plan blanc a été déclenché le 14 août dernier, la crainte de la seconde vague de Covid 19 se profile. Si cette mesure est avant-tout préventive, le personnel médical appréhende cette éventuelle seconde vague. Physiquement, mentalement, les soignants ne sont pas remis de la 1ere vague.

Opération dépistage des marins pompiers au parc Borély à Marseille le 20 août 2020.
Opération dépistage des marins pompiers au parc Borély à Marseille le 20 août 2020. © V. Urtizberea/FTV
Le nombre de cas positifs au Covid 19 augmente fortement depuis le début du mois d’août dans la région.

Avec 1137 nouveaux cas au 18 août dernier en Paca,  dont 344 personnes hospitalisées actuellement, les Bouches-du-Rhône sont désormais classées en circulation active du virus. 

Dans les hôpitaux, la crise du printemps reste encore ancrée dans les mémoires. 

On craint une deuxième onde de choc et on se prépare comme on peut. 

Niveau 2 du plan Blanc activé

Depuis le 14 août le niveau 2 du plan blanc a été activé.

En théorie, ce stade d’alerte prévoit la déprogrammation des opérations dites non urgentes et le rappel des personnels sur leur temps de congé. 

Toutefois, l’APHM précise que la situation n'est pas encore assez alarmante pour mettre ces mesures en application.  

« Pour le moment le niveau 2 est activé mais pas la déprogrammation des opérations ni le rappel des personnels. C’est au cas où il y aurait un pic épidémique », confient les hôpitaux marseillais. 
  
Pour l’heure, l’APHM se veut rassurante sur la situation : “Les espaces Covid, que nous avons connus pendant l’épidémie, ne sont pas rouverts, ils le seront si besoin".

Seul l’IHU reçoit des patients positifs Covid


"Sur les 75 lits disponibles, 25 sont réservés aux cas de Covid.” 

Sur ces places libres, seuls 19 lits serviraient réellement.

Et l’IHU assure qu’il s’agit de courts séjours “Dès que leur viralité est négative, les patients sortent”, assure l’AP-HM. 

Avant d’ajouter : “La viralité est de très courte durée à Marseille”. 
 
Néanmoins, dans certains services, le traumatisme de la crise sanitaire a laissé des traces indélébiles. 

Le personnel soignant est à bout

Au service de réanimation de l’hôpital Nord, le personnel soignant appréhende une éventuelle deuxième vague avec inquiétude. 
 
Alexandra Bailly y est infirmière.

Elle n’a toujours pas pris de congés depuis le début de la crise sanitaire. Aujourd'hui, elle se dit à bout de force. 

“S’il doit y avoir une deuxième crise, on sera là pour accueillir les patients. Mais au niveau moral et physique, ça sera très compliqué.” 

La soignante dit avoir vu plusieurs de ses collègues se mettre en arrêt, se réorienter professionnellement ou même démissionner de leur poste depuis la crise. 

“J’espère qu’au moins on aurait assez de matériel. Parce qu’au niveau du personnel, ça serait très dur.” 

La première vague a servi de leçon

Malgré tout, elle se promet de répondre présente en cas de regain de l'épidémie. La semaine dernière déjà, elle et ses collègue se sont vu replonger dans la crise.
  
“On a eu un afflux soudain de patients atteints de Covid. On a même dû transférer quelques patients, pour pouvoir recevoir les cas de Covid. On s’est dit "Ça y est, c’est reparti”. 

Les chiffres le montrent, les cas positifs ne font qu'augmenter tout comme les dépistages.
 
“Pour l’instant, on ne sait pas vraiment où l’on va. On n’a pas plus d’écho que ça. Nos cadres nous disent qu’ils sont prêts”, se rassure l’infirmière. 
 
Point positif : les soignants disent avoir appris de la crise. Face à une deuxième, ils se disent mieux armés. 
“Désormais on sait comment prendre en charge un cas covid. Si une deuxième crise devait arriver, on aura moins peur de l’attraper, on pourra travailler plus en sécurité. On a adopté des réflexes qu’on n'a pas perdu”, conclue l’infirmière, sereine. 
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