De Saint-Brieuc à Marseille, 1200 km à vélo pour aider les étudiants en précarité alimentaire

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Écrit par Annie Vergnenegre .

Matthias ROUX alias Barjot_Barbu, a quitté Saint-Brieuc (Côte d'Armor) le 13 juillet. L'étudiant de 21 ans rejoint Marseille à vélo. Un défi sportif pour sensibiliser le public sur la précarité des étudiants et récolter des fonds pour l'association StudHelp.

"Je suis en dessous de Montélimar, j''ai fait les 1000 km, il en reste un peu de 200 pour aller jusqu'à Marseille, le plus dur est fait", se réjouit Matthias Roux arrivé à la 10e étape de son tour de France, ce vendredi.

"Les jambes, ça commence à piquer un peu, je commence à sentir les jambes lourdes, reconnaît le cycliste amateur, mais je sens que je vais y arriver. Autant, j'ai eu pas mal de pépins physiques au début, des problèmes de dos, des courbatures, j'ai même attrapé une insolation sur Lyon, mais là, ça va !".

Un défi sportif et solidaire

L'étudiant en 1ère année en école d'ingénieurs est parti le 13 juillet de Saint-Brieux (Côte d'Armor). Pour entreprendre un tel périple seul et en pleine canicule, en moyenne 200 km par jour, il faut être un peu fou. Rien d'étonnant, Matthias est Barjot_Barbu sur les réseaux sociaux où il poste chaque jour une vidéo de son aventure.

Pour attaquer la "dernière ligne droite", Matthias a reçu le soutien de son père, Hervé, qui va rouler à ses côtés jusqu'à l'ombrière du Vieux Port, où ils sont attendus dimanche 24 juillet entre 11h et midi.

Parler des étudiants qui ne mangent pas à leur faim

Un retour à son sud natal - il est né à Aix-en-Provence - pour la bonne cause. Le défi sportif de Matthias a pour but de sensibiliser le public à la précarité alimentaire des étudiants et de récolter des fonds via une cagnotte en ligne pour l'association Studhelp, qui l'accueillera à son arrivée à Marseille.

StudHelp partage sur son site quelques chiffres éloquents :

  • 37 % des 18-24 ans sautent au moins un repas par semaine pour des raisons économiques
  • 50 % ont déjà renoncé à des soins médicaux
  • 74 % ont déjà eu des problèmes financiers
  • 20 % des 2,7 millions d'étudiants vivent en-dessous le seuil de pauvreté.

37 % c'est énorme, c'est plus d'une personne sur trois et ce sont des choses qu'on ne voit pas, c'est ce qui m'a le plus choqué.

Matthias Roux

"Je ne connais pas vraiment quelqu'un autour de moi qui m'ait dit "je suis en précarité" mais 37 % c'est énorme, c'est plus d'une personne sur trois et ce sont des choses qu'on ne voit pas, c'est ce qui m'a le plus choqué", souligne le jeune homme de 21 ans, qui veut par son action donner plus de visibilité à un phénomène encore trop peu connu.

Fragilité économique et psychologique

Pour l'hébergement, Matthias fait des étapes en famille mais il profite aussi de l'hospitalité des habitants dans les régions qu'il traverse pour parler de la cause qui lui tient à coeur. "J'ai beaucoup utilisé Warm Shower (NDLR : un système d'échange gratuit entre cyclo-randonneurs), ça m'a permis de rencontrer des gens super, et ça permet de discuter avec les gens de la problématique. Quand on leur dit les chiffres, les gens sont choqués, ils ne s'y attendent pas".

Les étudiants les plus fragiles économiquement ont été fortement impactés par la crise du Covid, notamment ceux qui ont perdu le petit boulot qui les aidait à boucler les fins de mois.

Selon une étude publiée par l’Insee en juin dernier, 83 % des étudiants interrogés bénéficient depuis mars 2020 de l'aide alimentaire et pour 20 % d’entre eux, c’est du fait de la crise sanitaire.

Dans ce contexte de crise sanitaire, de nombreux étudiants ont par ailleurs souffert de détresse psychologique, parfois de dépression. Une fragilité qu'a aussi ressentie Matthias ces derniers mois, et ce défi à vélo pour la cause des étudiants précaires est aussi une façon pour lui de se remettre en selle dans sa vie.

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