Des véhicules de police incendiés devant le commissariat du 3ᵉ arrondissement de Marseille

Dans la nuit du 3 au 4 avril, le commissariat de police du troisième arrondissement de Marseille a été victime de dégradations volontaires sur les véhicules stationnés en face du bâtiment. Selon une source policière, il s'agit de représailles à la suite des interpellations de l'opération place nette XXL.

Dans la nuit du 3 au 4 avril, vers 2 heures du matin, des individus se sont rendus devant le commissariat de police du 3ᵉ arrondissement, a appris France 3 Provence-Alpes auprès de plusieurs sources policières. Au moyen de cocktail Molotov, ils ont incendié deux véhicules de police stationnés devant le commissariat. Ils ont été entièrement calcinés, tandis qu’un troisième véhicule a été visé sans que la bombe incendiaire n’explose.

L'heure des représailles, selon des syndicats

D’après Rudy Manna, porte-parole national Alliance police, la brigade spécialisée de terrain (BST - unités territoriales de quartier), a été la cible de menaces pendant les opérations "place nette" XXL. Selon plusieurs syndicats de police, il s’agit de représailles à la suite d’interpellations liées au trafic de stupéfiants, la BST ayant été menacée de vengeance sur le terrain durant les opérations. 

Ces faits interviennent 72 heures après que deux fonctionnaires de police, ont été pris à partie par des véhicules "qui ont tenté de les écraser à maintes reprises", assure Eddy Sid, unité SGP Police FO.

Selon plusieurs syndicats de police, ces évènements sont à mettre en perspective avec les opérations "place nette". "La venue d’Emmanuel Macron et les opérations 'place nette', même si on a l’impression que ces opérations ne rendent rien, ça les rend dingues. Car ils ne peuvent plus vendre, les clients viennent moins donc on n’est pas surpris qu’il y ait des représailles", explique Rudy Manna. Un procès-verbal de constatation a été effectué et cela fait office de plainte. 

Contacté par téléphone, le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone, lui, estime qu'il est fort prématuré d'établir un lien direct entre les opérations "place nette" et les faits récents. 

Un contexte tendu pour les policiers

Ces événements s’inscrivent dans un contexte particulièrement tendu pour les policiers. Dans une interview accordée à France 3 Provence-Alpes, Bruno Bartocetti, secrétaire national du syndicat Unité SGP-Police, chargé de la Zone sud, confie qu’entre le manque de moyens, l’opération place nette pour la lutte contre le trafic de drogue, et l’arrivée des JO et la relève du plan Vigipirate au niveau "urgence attentat", les conditions de travail sont rudes. "L'opération Place nette vient s'ajouter à notre quotidien, aux violences intrafamiliales, aux rodéos urbains, aux alertes à la bombe, aux risques d'attentat... Tout devient une priorité, alors comment peut-on travailler autrement que sous pression ?", confiait-il.

Dans cette même interview, il avouait être "frustré" face au mépris des caïds de la drogue, mais avoir la volonté "de ne pas vouloir lâcher". "80 % des Français soutiennent leur police, malgré ce que peuvent dire les narcotrafiquants qui se fichent de nous, ou les voyous qui roulent avec des voitures à 100 000 euros et se sentent impunis."