EN IMAGES. "L'autre jour, une compagnie a jeté une centaine d'oreillers" : une association transforme les rebus de la mer en art

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vue sur mer art et la mer ©France télévisions

L’association Laissez-passer est installée depuis cinq ans dans le Grand port autonome de Marseille et explore la déchetterie pour y recycler les matières déclassées en mobilier ou œuvres d'art.

Depuis la nuit des temps, la mer fascine, émerveille ou effraye et depuis la nuit des temps, c'est une source d’inspiration pour l’humanité. Le tableau le plus connu du monde est même, parait-il, La Grande Vague de Kanagawa, d’Hokusaï. Et pour ce "Vue sur mer", nous avons justement rendez-vous avec des artistes : ceux de l’association Laissez-passer.

Bienvenue dans la "matériauthéque"

Voici Robin le menuisier, Raphaël, l'architecte, Guillaume, assis au premier plan, le graphiste. A ses côtés, Alex l’ébéniste, Lucie, la seule femme du groupe, est tapissière et enfin Victor, avec son tee-shirt orange, chaudronnier.

L’équipe s’est installée il y a cinq ans dans l’enceinte du Grand Port Maritime de Marseille. Au cœur des anciens bureaux des douanes, sur la digue du large, ils ont créé leur atelier. Ici, ils peuvent tout faire : couper de l’acier, poncer du bois, dénouer du cordage, peindre, souder.

Une énorme structure, transformée en bar, trône sur le côté de l’atelier. "C’est le radôme d’un bateau [contraction de radar et dôme], explique Raphaël. On l’a coupé en deux et aménagé. Il se ferme et s’ouvre. On le loue pour des événements." Des mois de travail, mais l’objet a belle allure.

Photo

"L’idée, c'est qu’un port regorge de matières déclassées. Elles sont pour nous une source d’inspiration."

Raphaël

à France 3 Paca

Pour Guillaume, le graphiste, le port n’est pas seulement un lieu de transit, mais plutôt une sorte d’énorme "matériauthéque". Partout des objets peuvent se transformer.

"Cette échelle est encore assez solide pour des livres"

Lucie a même découvert juste avant qu’ils n’arrivent dans la déchetterie du port d’énormes rouleaux de tissu. Ils viennent d’une compagnie maritime qui a fermé ses portes.

"C’est du Jacquard, un tissu français d’une excellente qualité, s'émerveille-t-elle. Il n’est plus fabriqué aujourd’hui. Avec ça je vais pouvoir confectionner des coussins ou des canapés." Ce jour-là, l’équipe a rendez-vous dans la déchetterie du port. L’association a une convention avec l’entreprise privée qui se charge de recycler ce que les navires ou les compagnies jettent. Régulièrement, les artistes viennent faire un tour ici. 

"L’autre jour, une compagnie a jeté des centaines d’oreillers. On a gardé toutes les plumes. Elles sont en parfait état."

Lucie

à France 3 Paca

Robin, lui, déniche à chacune de ses visites des perles rares. Cette fois encore, c'est une bonne pioche. Au fond d’une benne, une immense échelle de pilote.

"Elles ont une durée de vie. Donc au bout de quelques années, elles ne peuvent plus être utilisées par les pilotes pour monter à bord des navires, en pleine mer. Et ça se comprend !, détaille-t-il. Mais regardez :  il y a des planches et des cordes. Moi, je vois bien une bibliothèque. Cette échelle est encore assez solide pour des livres."

Des trouvailles extraordinaires

L’équipe est venue avec son propre camion. Un tour de grue pour charger l’énorme échelle et la collecte continue. Une aussière de plusieurs mètres de long vient rejoindre l’échelle. C’est un cordage destiné à amarrer les bateaux à quai. Il parait presque neuf, mais lui aussi a été déclassé.

Direction, cette fois, une route tout au bout du Grand Port Maritime de Marseille. Juste avant la forme 10, sont stockées ce que l’on appelle des "Tins". Ce sont d’énormes structures en bois sur lesquels sont posés les bateaux, lorsqu’ils sont en cale sèche..

Le bois des "Tins" est de l’azobé. Un bois exotique aux nombreuses caractéristiques. Il est particulièrement résistant, mais aussi imputrescible. En d’autres termes, il ne pourrit pas. D’énormes morceaux de ce bois sont chargés dans le camion.

Des bouées transformées en lampes

Robin et Alex s’attaquent au délignage de l’azobé. Une poussière rouge recouvre leur poste de travail.
Une fois terminées, les planches pourront servir par exemple à construire des cuisines ou des tables, notamment pour des utilisations en bord de mer.

A l’intérieur, Raphaël, Guillaume et Victor commencent à transformer l’échelle. Il faudra plusieurs jours avant qu’elle ne devienne une bibliothèque. Sur la table : d’anciennes bouées de 300 mètres ont trouvé une autre fonction : ce seront désormais des lampes. 

Les aussières, elles, vont se convertir en sièges et en tables. L’atelier Laissez-passer travaille notamment pour des hôtels ou des maisons d’hôtes. Et si vous savez regarder autour de vous, peut-être reconnaitrez-vous leur mobilier aussi dans des Festivals.

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