Évasion spectaculaire de Tarascon : trois choses à savoir sur le procès en appel des trois accusés

Trois hommes sont rejugés à partir de ce jeudi devant la cour d'assises d'appel de Draguignan (Var) pour une évasion spectaculaire lors de l'attaque d'un fourgon de police devant le tribunal de Tarascon, en janvier 2019.

Condamnés à de lourdes peines en janvier 2023, Lofty Boussoua, Youness et Mounsif El Asri, sont rejugés à partir de ce jeudi 11 janvier devant la cour d'assises d'appel de Draguignan. En 2019, ils avaient fomenté une spectaculaire évasion armée lors d’un transfert de la prison de Béziers vers le palais de justice de Tarascon. Le suspect et ses deux complices avaient pris la fuite à bord d'un véhicule volé. La cavale de Lofty Boussouak a duré six mois. Fin juillet, les trois hommes ont été arrêtés dans un hameau isolé du Gard, près d'Alès. Pour avoir tiré sur la voiture de policiers, ils sont accusés notamment de tentatives de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique. France 3 Provence-Alpes fait le point sur cette affaire à l'ouverture du procès qui va durer jusqu'au 16 janvier.

Le commando armé fait évader Boussouak

Le 28 janvier 2019, Lofty Boussouak, 27 ans à l'époque des faits, est extrait de sa cellule à Béziers (Hérault). Il doit être entendu par un juge d'instruction au palais de justice de Tarascon. A son arrivée devant le tribunal, à 8 h 30, la fourgonnette de police qui l'escorte est attaquée par deux hommes, munis d'une arme de poing et d'un fusil d'assaut. Il s'agit de Youness et Mounsif El Asri, ses deux complices.

En quelques secondes, les deux hommes parviennent à faire évader le détenu. Un étui de calibre 9 mm et neuf étuis de calibre 5,56 sont retrouvés sur place par les enquêteurs. Le véhicule des trois fonctionnaires de l'administration pénitentiaire, qui escortait Lofty Boussouak, est criblé de cinq impacts de balles, dont un sur le pare-brise avant côté conducteur, à hauteur de visage. Cette balle a traversé l'appui-tête du chauffeur alors que celui-ci, baissé, avait tenté de redémarrer. Au moment de l'attaque, l'un des surveillants, sorti de la voiture pour sonner au portail du tribunal, a reçu un coup de crosse sur la tête. Ses deux collègues, conformément au protocole, ont démarré le véhicule pour éviter l'évasion. Le commando a alors ouvert le feu.

En première instance, l'avocate des parties civiles, Sarah Hounot, avait souligné la violence de l'attaque et le traumatisme de ses clients : "dans l'exercice de leur profession, il y a un avant et un après. Ils ont repris leur activité, pour certains avec un aménagement de poste. Mais il y a une angoisse qui reste prédominante". "C'est une évasion stupide, mais à aucun moment, il n'a été question de tuer quelqu'un, avait répondu Maître Luc Abratkiewicz, l'avocat de Lofty Boussouak, il fallait impressionner, menacer, être crédible". 

Condamnés à des peines de 18 à 25 ans de prison en 2023

Le 20 janvier 2023, Lofty Boussouak a été condamné en première instance par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à 25 ans de réclusion criminelle pour évasion avec armes et complicité de tentative de meurtre de personnes dépositaires de l’autorité publique. Ses complices ont écopé de 18 ans à 22 ans de prison pour tentatives de meurtre de personnes dépositaires de l’autorité publique et complicité d’évasion avec armes, notamment.

A son procès, Lofty Boussouak a expliqué avoir mûri son projet d'évasion après avoir appris que sa famille était menacée pour une dette de 200 000 euros en lien avec un vol de stupéfiants. Ses deux complices, Youness et Mounsif El Asri, deux cousins de 29 et 25 ans à l'époque, ont toujours nié les faits.

Un lourd casier judiciaire

Le jour de son évasion, Lofty Boussouak, nîmois d'origine, devait être interrogé sur sa participation au "gang des pirates", un groupe de malfaiteurs qui braquaient et rançonnaient des propriétaires de voitures de luxe sur les aires des autoroutes A7 et A9, en se faisant passer pour des policiers.

Il n'avait pas le statut de "détenu particulièrement surveillé", avait précisé le procureur de la République de Tarascon Patrick Desjardins, à l'époque de son interpellation. Mais il était "dans le spectre haut de la délinquance, (...) même s'il est encore trop tôt pour parler de grand banditisme".

Son casier judiciaire portait 14 mentions, des faits parfois bénins, mais aussi du trafic de stupéfiants.