Immeubles effondrés à Marseille : une locataire qui a tout perdu réclame une indemnisation

©	VALérie Vrel
© VALérie Vrel

Une étudiante, locataire d'un des deux immeubles qui s'est effondré le 5 novembre 2018 dans la rue d'Aubagne, à Marseille, réclame une indemnisation provisionnelle, après avoir tout perdu dans la catastrophe. 

Par AV (AFP)

L'étudiante en histoire de l'art louait un appartement au 4e étage, d'un immeuble de la rue d'Aubagne. Elle avait quitté les lieux trois jours avant l'effondrement, qui a fait huit morts, pour se réfugier chez une amie poussé par la crainte que lui inspirait l'immeuble.

Son avocate, Chantal Bourglan, a assigné en référé sa propriétaire, une retraitée habitant le quartier de Noailles, le syndicat des copropriétaires et le syndic ainsi que leurs assureurs.

Premier procès

C'est le premier procès depuis l'effondrement de l'immeuble alors qu'aucune mise en examen n'a été prononcée dans le volet pénal.

La jeune femme réclame 10.000 euros de provisions ainsi que le paiement des 3 premiers mois de loyer de son nouvel appartement.

"Sinon, il faudra qu'elle attende la fin du procès pénal pour être indemnisée, dans cinq à six ans au mieux alors qu'elle a tout perdu : son amie qui habitait en dessous de chez elle, son chat, ses affaires. On lui dit qu'il faut attendre mais elle n'est responsable de rien, elle est victime,"  plaide son avocate.

Nombreuses expertises

S'appuyant sur les nombreuses expertises civiles et l'unique expertise pénale extraite du dossier d'instruction ouvert après les faits, l'avocate pointe des négligences partagées des copropriétaires et du syndic. 

L'immeuble s'est effondré car il était mal entretenu et ce n'était pas imprévisible.

"C'est aussi un drame humain pour les propriétaires", a rétorqué Sophie Pastor, avocate de la propriétaire, estimant pour sa part qu'"aucun élément matériel ne permettait de retenir une faute de défaut d'entretien". Le syndicat des copropriétaires tout comme le syndic ont mis en avant l'intervention, le 18 octobre 2018, d'un expert judiciaire qui avait conclu à un péril grave et imminent mais uniquement sur un appartement du premier étage.

La décision sera rendue le 31 octobre.
 

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