Immeubles effondrés de la rue d'Aubagne : drapeaux en berne et minute de silence

Les drapeaux de la mairie de Marseille mis en berne à la mémoire des huit victimes de la rue d'Aubagne. / © Mairie de Marseille
Les drapeaux de la mairie de Marseille mis en berne à la mémoire des huit victimes de la rue d'Aubagne. / © Mairie de Marseille

A la veille de la date anniversaire de l'effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne qui avait fait 8 morts, la mairie annonce que les drapeaux ont été mis en berne et qu'une minute de silence sera observée demain à l'Hôtel de Ville.

Par Annie Vergnenegre

Marseille s'apprête à commémorer demain 5 novembre le premier anniversaire du drame de la rue d'Aubagne qui avait huit morts : Marie Blanc, Simona Carpignano, Taher Hedfi, Julien Lalonde, Fabien Lavieille, Pape Niasse, Ouloume Saïd Hassani et Mohamed Zémar. 

Une plaque implantée plus tard sur les lieux 

"Ces huit victimes, j'y pense tous les jours, a affirmé Jean-Claude Gaudin ce lundi face à la presse, c'est en 24 ans de ma fonction de maire, un drame terrible."
"Jamais Marseille ne les oubliera" a assuré le maire qui pourtant ne se rendra pas sur place demain pour la cérémonie de commémoration. L'hommage aux victimes aura lieu à l'Hôtel de Ville où une minute de silence sera observée et une plaque commémorative dévoilée en attendant d'être "implantée plus tard sur les lieux"

Je ne crois pas que ma présence soit souhaitée,

a indiqué Jean-Claude Gaudin assurant chercher "l'apaisement".

377 personnes ne sont pas relogées

Un an après le drame, le maire dresse le bilan de ses actions menées au cours des 12 derniers mois. 

332 arrêtés de péril ont été pris depuis le 5 novembre 2018. Plus de 370 immeubles ont été évacués, ce qui représente un total de 3 252 personnes dont 410 pour le seul secteur de la rue d’Aubagne. 

La Ville indique qu'à ce jour "195 immeubles ne sont pas encore réintégrables et il demeure encore 377 personnes hébergées à l’hôtel dont 15 appartenaient au secteur initialement touché de la rue d’Aubagne".

La Ville précise encore qu'elle a pris en charge les hébergements à l'hôtel de tous les évacués dans le cadre des procédures administratives en cours et que le coût de la gestion de crise s'élève à ce jour à plus de 14 millions d’euros.

L'hommage des citoyens, sans le maire

Mardi 5 novembre, un autre hommage sera rendu rue d'Aubagne par les associations de quartiers et collectifs citoyens très mobilisés depuis le drame. A 9h05, à l'heure de l'effondrement des immeubles des numéros 63 et 65, huit minutes de silence seront respectées. L'absence du maire et des élus de la Ville ne suscite ni surprise ni regret.

"Les habitants seront là. C'est le premier habitant de cette ville, pourquoi il ne viendrait pas?, réagit Badra Delhoum, représentante du Collectif du 5 novembre. 

"Il n'a jamais reçu les familles des morts, il n'a jamais fait de réunion avec les familles délogées; moi je pense que Monsieur le Maire devrait être devant les manifestations, s'il avait la conscience tranquille avec tout son conseil municipal." 

"Pour lui, la crise est "résorbée", s'indigne le représentant d'"Un centre-ville pour tous" soulignant que "sur ces 4.000 délogés près de 1.700 personnes sont encore en situation de précarité, en hébergement temporaire à l'hôtel ou relogées provisoirement".

"La prise d'arrêtés de péril imminent ne règle pas une situation de fond, ajoute-il pointant un parc de 40 000 logements indignes, et 100 000 personnes vivant dans des taudis à Marseille."

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