Incidents match OL-OM : à Marseille les sanctions contre Lyon jugées trop légères

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Écrit par Emilie Méchenin et Pauline Sauthier avec l'AFP
Après seulement 4 minutes de jeu, le joueur Dimitri Payet avait été frappé par une bouteille d'eau lancé depuis la tribune, lors du match OL-OM le 21 novembre.
Après seulement 4 minutes de jeu, le joueur Dimitri Payet avait été frappé par une bouteille d'eau lancé depuis la tribune, lors du match OL-OM le 21 novembre. © Philippe DESMAZES / AFP

La commission de discipline de la Ligue a rendu son verdict ce mercredi 8 décembre, sur le match OL-OM. Il avait été arrêté le 21 novembre dernier après un jet de bouteille d'eau sur Dimitri Payet.

Deux semaines après l'interruption du match de Ligue 1 OM-OL, la sanction est tombée. En fin d'après-midi, ce mercredi 8 décembre, la commission de discipline de la Ligue de Football professionnel (LFP) a pris la décision de retirer un point ferme à l'OL et à rejouer le match, à huis clos, à Lyon.

L'OL a également été sanctionné d'un autre match à huis clos, qui a déjà été purgé lors de la réception de Reims il y a une semaine (défaite 2-1).

Le match du 21 novembre avait été arrêté, après seulement 4 minutes de jeu. En cause : une bouteille lancée depuis la tribune, qui avait frappé la capitaine marseillais Dimitri Payet sur le côté gauche du visage. 

Un projectile reçu alors qu'il s'apprêtait à tirer un corner devant le virage occupé par des ultras lyonnais. Aucun filet de protection n'était installé : sur des vidéos, on voit ainsi plusieurs projectiles lancés sur la pelouse.  

Une décision "incompréhensible"

A l'OM, la décision est mal reçue. Les avocats du club avaient demandé dans un document transmis à la commission une peine "évidemment supérieure à deux points dont un avec sursis, la perte de points étant inévitable". 

"Tout va bien jusqu'à ce que quelque chose de grave arrive... Continuez comme ça. Honte", a ensuite tweeté le défenseur marseillais Alvaro Gonzalez.

Jacques Cardoze, directeur de la communication de l'OM a estimé dans l'"Equipe du soir" que cette décision était "décevante voire humiliante pour les joueurs. Qu'est-ce qui se passe si les joueurs de l'Olympique de Marseille reçoivent 20 bouteilles sur l'ensemble de la saison, on va rejouer 20 match ?"

Le maire de Marseille, Benoît Payan, a de son côté jugé la décision "incompréhensible". "Les valeurs du football ne sont absolument pas respectées ce soir. Nous avons des raisons d'être en colère", a-t-il écrit sur Twitter.

L'OL "se réserve le droit de faire appel"

A l'OL aussi, la décision a été mal accueillie. Dans un communiqué, le club regrette une "très lourde sanction" et "se réserve le droit de faire appel". Selon l'OL, la décision de la LFP "crée une inégalité de traitement sur une même saison", avec "des actes bien plus graves ayant entraîné des sanctions bien plus légères que celles décrétées contre l'Olympique Lyonnais."

La décision de mercredi n'est en effet pas anodine pour l'OL, 12e de Ligue 1 avec
six points de retard sur le podium avant les sanctions annoncées. L'OL estime par
ailleurs à plus de trois millions d'euros la perte financière engendrée par un
match à huis clos.

La sécurité du stade en question

Les membres de la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) ont dû juger la responsabilité de l'Olympique Lyonnais : savoir si la sécurité du stade était suffisante. 

Jean-Michel Aulas, président de l'OL avait plaidé pour "l'acte d'un irresponsable".

De son côté, l'auteur du jet de bouteille a été condamné à six mois de prison avec sursis et ne pourra plus aller au stade de l'Olympique Lyonnais pendant cinq ans. 

Les dirigeants de l'OM n'ont pas été invités à assister à la commission de discipline. "Nous estimons que cette commission est illégitime", a déclaré Jacques Cardoze devant le siège de la Ligue. 

"Dans le rapport de synthèse qui est arrivé en possession des lyonnais vendredi dernier et seulement hier après-midi pour les marseillais on a fait disparaître beaucoup de chose, curieusement. Par exemple, l'état de santé de Dimitri Payet est contenu en quatre petites lignes dans un rapport de douze pages", poursuit-il. Pour lui, "les lyonnais ont cherché à minimiser les événements."

Quelques jours avant la décision de la LFP, le président du club, Pablo Longoria, s'était exprimé dans le journal L'Equipe : "Dans le monde du foot européen, la réaction du cœur pour 90 % des gens est de demander match perdu à l’équipe dont les supporters se sont mal comportés. Je ne pense pas que donner le pouvoir à un spectateur d’influer sur le résultat d’un match soit une bonne idée pour l’équité sportive non plus. Est-ce qu’un supporter, individuellement, peut déterminer le résultat d’un groupe de joueurs qui travaille toute une saison pour aller le plus haut possible ?"

Je ne pense pas que donner le pouvoir à un spectateur d’influer sur le résultat d’un match soit une bonne idée pour l’équité sportive non plus.

Pablo Longoria, président de l'OM

Des annonces gouvernementales attendues

La commission a su se montrer sévère cette saison. Suite aux débordements survenus lors du match Nice-OM, l'OGC Nice s'est vu infliger un retrait de deux points (dont un avec sursis), ainsi qu'un huis clos pour trois matches.

Des violences dans les stades qui sont loin d'être nouvelles, mais qui s'accumulent. Fin novembre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, a promis des mesures pour améliorer la sécurité dans les stades.

Ces mesures sont attendues pour la mi-décembre, pour répondre aux incidents à répétition dans les stades

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