"L'espoir est intact" : l'adoption de l'article 7 en commission mixte paritaire ne fait pas reculer les opposants à la réforme

Les parlementaires réunis ce mercredi 15 mars en commission mixte paritaire ont, sans surprise, adopté l'article 7 du projet de réforme des retraites, qui prévoit le report de l’âge légal de 62 à 64 ans. Les réactions se multiplient en Provence-Alpes.

Les parlementaires réunis ce mercredi 15 mars en commission mixte paritaire ont adopté l'article 7 du projet de réforme des retraites, qui prévoit le report de l'âge légal de 62 à 64 ans. Les partisans de cette mesure sont nettement majoritaires dans la composition de cette commission, réunissant 7 sénateurs et 7 députés, et autant de suppléants. Le texte issu de l'instance devrait encore être soumis jeudi à des votes du Sénat, puis de l'Assemblée.

"L'article 7 qui reporte l'âge de départ à 64 ans est adopté en CMP, avec la complicité des LR. 10 parlementaires votent à huis-clos 2 ans ferme pour l'ensemble de la population", a réagi dans la foulée sur Twitter la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot, présente dans la commission.

Pas de surprise pour les opposants

"Ce n'est malheureusement pas une surprise", réagit le secrétaire général de l'Union départementale CFDT des Bouches-du-Rhône, "c'est une faute politique, alors qu'ils prennent leurs responsabilités, nous, nous restons mobilisés". Alain Rei estime toutefois que "le vote solennel, demain, pourrait encore surprendre". 

Même fermeté de la part de la FSU (Fédération syndicale unitaire). La détermination reste la même, selon Caroline Chevé, la secrétaire départementale des Bouches-du-Rhône. Quant à savoir si l'adoption de l'article 7 pourrait décourager et démobiliser ses troupes, la syndicaliste répond : "bien au contraire, le vote ou le choix du 49.3 pourrait déclencher une colère très forte" et renforcer la détermination de la rue. 

"Le vote de demain, c'est le seul enjeu", pour Hendrick Davi, député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône. "Ce n'est pas fini, l'espoir est intact, j'engage les gens à continuer à se mobiliser. Si le texte passe avec le 49.3, il y aura potentiellement une motion de censure, le gouvernement pourrait être renversé. Tout est sur la table." 

Une satisfaction pour la majorité présidentielle

Pour Sabrina Agresti-Roubache, députée Renaissance des Bouches-du-Rhône, cette validation de l'article 7 est une "satisfaction" et une "étape importante", en cohérence avec la composition de la commission mixte paritaire : 10 des 14 parlementaires de ce conclave sont, en effet, favorables à la réforme. 

Pour mémoire, cette commission mixte paritaire est constituée de 7 députés (3 Renaissance, 1 MoDem, 1 Républicain, 1 RN et 1 LFI) et 7 sénateurs (3 Républicains, 1 UDI, 1 Renaissance, 2 PS).

Dans les rangs de Renaissance toujours, Anne-Laurence Petel, députée des Bouches-du-Rhône, renvoie la balle dans le camp des Républicains : "Ce serait étonnant que les députés Républicains ne suivent pas leurs homologues sénateurs."

La prudence des Républicains

Stéphane Le Rudulier, sénateur LR des Bouches-du-Rhône rappelle l'importance de chacun des articles de ce texte commun. Les Républicains seront notamment attentifs à la mesure de surcote de 5% pour les femmes qui ont une carrière pleine à partir de 63 ans.

Face à la menace d'une radicalisation du mouvement brandie par les syndicats, le sénateur met en garde contre une possible "exaspération" des Français "pris en otage" par des actions, qui pourrait "se retourner" contre les organisations syndicales.

Ils sont en train d'entortiller Les Républicains qui sont comme un bagage accompagné.

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise

AFP

"Ils essaient de rouler tout le monde en faisant des promesses", a réagi Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise en direct de la manifestation parisienne.

Cri de colère du côté des étudiants qui s'opposent à la réforme des retraites depuis le début. "On a manifesté gentiment jusqu'ici. Ils veulent passer en force, le peuple aussi va passer en force", clame Lyes Belhadj, président du syndicat étudiant de l'Unef Aix-Marseille.

"Il y a quelque chose de grave à opposer systématiquement la légitimité de la rue à celle du Parlement", a déclaré la Première ministre Elisabeth Borne ce mercredi après-midi.

L'intersyndicale se réunira ce mercredi soir au niveau national et vendredi au plan local. Un nouvel appel à manifester est d'ores et déjà lancé à Marseille jeudi à 18 h devant la Préfecture. 

Avec AFP.

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