Macron à Marseille : 1,5 milliard pour les transports, la sécurité et la culture, retrouvez les annonces du président

Après 2 jours de visite, Emmanuel Macron a présenté depuis le Pharo son grand plan pour Marseille. Avec 1,5 milliard d'euros alloués à la modernisation des transports, la création d'une structure pour la rénovation des écoles, ou encore des mesures pour améliorer la sécurité ou l'accès à la culture.
Emmanuel Macron achèvera sa deuxième journée à Marseille par la présentation de son rand plan d'investissement pour la ville, au cours d'une visite aux airs de campagne présidentielle
Emmanuel Macron achèvera sa deuxième journée à Marseille par la présentation de son rand plan d'investissement pour la ville, au cours d'une visite aux airs de campagne présidentielle © Daniel COLE/EPA/MaxPPP

Les chantiers sont nombreux et les attentes très hautes : le président de la République a présenté en fin de journée son plan "Marseille en grand". Un plan d'urgence pour soutenir la deuxième ville de France, qui "cumule tous les handicaps" selon l'Elysée. 

Emmanuel Macron a notamment annoncé un investissement d'1 milliard d'euros en faveur des transports, pour "désenclaver Marseille" et transformer son métro, son port, son réseau de bus et ses tramway. Le tout accompagné d'autres enveloppes pour la culture, la santé ou la sécurité, portant à 1,5 milliard le budget engagé. 

"Ce n'est pas le plan de Paris", précise-t-il, annonçant le lancement d'une grande consultation pour associer les acteurs locaux, et des points d'étapes réguliers pour suivre ce projet de "Marseille en grand". Il reviendra notamment en octobre et en février dans la ville pour faire le bilan sur ses engagements.

Pas de budget annoncé, en revanche, pour remédier à l'état catastrophique des écoles marseillaises, un chantier qui dépendra d'une future société ad hoc. Pas de calendrier, non plus, et des mesures qui font bondir les associations de parents d'élèves, comme la mise en place de 50 écoles "laboratoires" dès la rentrée 2022. 

Dans le parterre du Palais du Pharo, qui surplombe le Vieux-Port, sept ministres, de nombreux élus locaux - Martine Vassal, Michèle Rubirola... - et des personnalités comme Franck McCourt, propriétaire de l'OM, ou Dimitri Payet étaient venus pour l'écouter.

"Pourquoi Marseille ?" s'est-il interrogé. "Marseille est la deuxième ville de France [...] elle est plus pauvre que beaucoup d'autres villes, et cette pauvreté s'est concentrée toujours aux mêmes endroits".

"Je ne viens pas ici faire des promesses, je viens prendre des engagements en en demandant", poursuit-il. "En même temps que l'on investit, j'attend de vous Monsieur le Maire que vous réformiez".

Retrouvez les mesures annoncées par le chef de l'Etat ci-dessous :

Automatisation du métro, lignes de tramway, projet de "RER à la marseillaise" : Emmanuel Macron a égrené les propositions pour moderniser les transports, et surtout "désenclaver les quartiers Nord", suscitant les applaudissements du parterre du Pharo. Marseille est en effet l'une des villes les moins bien desservies du pays, avec seulement deux lignes de métro et des quartiers populaires totalement ostracisés. 

Le président souhaite aussi moderniser le port, tout en réduisant ses émissions de carbone.

Aucun territoire n'a son pareil en France en terme de bâti scolaire, a reconnu le chef de l'Etat. "174 écoles de la ville sont considérées dans un état de délabrement tel que l'apprentissage est rendu impossible", évoquant aussi le problème des "grèves " des personnels dans la ville. 

"Nous allons créer une société ad hoc dont Monsieur le Maire aura la présidence", a-t-il annoncé avant d'être interrompu quelques secondes par un orage, et ce d'ici la fin de l'année. Le pilotage sera mené par l'Etat, et les prochaines semaines serviront à finaliser la liste des écoles à rénover. 

"Les chiffres sont bons et ils s'améliorent, mais il y a une criminalité de plus en plus violente liée aux trafics de drogue", a-t-il annoncé en préambule. Face aux trafiquants, le chef de l'Etat a préconisé une politique de "harcèlement des trafics". 

200 policiers arriveront en 2022, pour "pilonner les quartiers". Les deux compagnies de CRS présentes depuis le mois de mars seront pérénisées. 500 caméras de surveillance seront également financées dans les quartiers Nord.

Plus de 8 millions d'euros seront versés pour équiper les policiers marseillais en 2022, un hôtel de police sera bâti pour 150 millions d'euros, et un commissariat du 13e-14e sera bâti, a-t-il résumé, reprenant des annonces que le président avait déjà égrenées hier ou que Gérald Darmanin avait présenté ces derniers mois.  

30 éducateurs et 30 médiateurs supplémentaires seront aussi déployés dans les quartiers sensibles de la ville.

Emmanuel Macron a évoqué le souvenir "douloureux des effondrements de la rue d'Aubagne". Il maintient l'objectif de réhabiliation de 10.000 logements dans les 15 prochaines années, insistant sur la coopération entre la Ville et la Métropole. 

Le président de la République a annoncé l'investissement de 169 milions d'euros pour la rénovation de la Timone et de l'hôpital Nord. Emmanuel Macron a également proposé une enveloppe de 50 millions d'euros supplémentaires pour le pôle mère-enfant de l'AP-HM, et la création d'une maison des femmes. 

Emmanuel Macron a insisté sur la question de l'emploi chez les jeunes, évoquant plusieurs pistes comme le mentorat, le rapprochement d'entreprises et de jeunes éloignés de l'emploi, ou l'entreprenariat, pour ceux qui ont "une idée mais pas de réseau". 

Le chef de l'Etat a fait part de sa pensée envers Bernard Tapie, ancien président de l'OM atteint d'un cancer, rappelant les efforts du club pour venir en aide aux jeunes marseillais. 

"Nous soutiendrons la modernisation du pôle média de la Belle de mai", a annoncé le président, ainsi que de grands studios et une école de formation cinématographique. L'Etat accompagnera aussi la création d'une antenne de la Cinémathèque à Marseille, un projet porté par le président de l'institution parisienne Costa-Gavras. 

"Marseille capitale européenne de la culture, ça ne doit pas durer une année". 

Prévu pour 2026, il s'agirait d'un lieu "d'éducation et de sensibilisation à la protection de l'environnement méditerranéen", a-t-il précisé. 

Au total, l'Etat apportera 1,5 milliard d'euros pour les transports, la culture et la sécurité à Marseille
Au total, l'Etat apportera 1,5 milliard d'euros pour les transports, la culture et la sécurité à Marseille © Antoine TOMASELLI/La Provence/MaxPPP

"Marseille renoue avec son histoire"

Avant lui, le maire de Marseille Benoît Payan avait évoqué une visite "historique" dans sa ville. "Marseille renoue progressivement avec son histoire, celle d'une ville majeure regardant vers la mer et son littoral", a-t-il déclaré. "Nous faisons le choix d'écrire ensemble une nouvelle page de la ville de Marseille, main dans la main".

"Il n'y a pas de fatalité, pas plus qu'il n'existe de solutions miracles ou instantanées, mais il faut répondre à l'urgence", a-t-il poursuivit, évoquant les trafics de stupéfiants qui gangrènent la ville, une ville à "recoudre". "Cela passe par la rénovation urbaine, les transports [...] dans une ville qui assigne à résidence et finit par se scléroser elle-même".

Trois jours de visite "historique" à Marseille

Le déplacement entamé mercredi a pris des airs de campagne présidentielle pour Emmanuel Macron, qui n'a toutefois pas annoncé l'investissement d'au moins 1,2 milliard d'euros pour la réhabilitation des écoles, comme s'en était fait écho la presse. 

La veille, il avait annoncé que 150 millions d'euros seraient déboursés pour donner des moyens humains et financiers supplémentaires à la police, les syndicats estimant cependant qu'il faudrait aller "encore plus loin".

Depuis son arrivée, le chef de l'Etat s'"tait déjà rendu dans la Cité Bassens (15e), à la rencontre des habitants, à la division Nord avec les policiers, puis ce matin dans une école du 13e pour la rentrée scolaire avant de rejoindre l'hôpital de la Timone.

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