Marseille : l'exposition Folklore démontée avant même d'avoir pu ouvrir au public

Signifiant « savoir du peuple », le folklore est un concept aussi passionnant que complexe, si bien que le Mucem lui consacrait une exposition. Reportée à deux reprises, elle va finalement être démontée avant même d'avoir pu ouvrir ses portes. 

Initialement prévue le 4 novembre, puis repoussée à deux reprises, l'exposition "Folklore" du Mucem n'ouvrira pas ses portes au public.
Initialement prévue le 4 novembre, puis repoussée à deux reprises, l'exposition "Folklore" du Mucem n'ouvrira pas ses portes au public. © Sarah Desreumaux

« C’est folklo ! » Voilà une expression qui fait dorénavant partie de notre vocabulaire. Une locution quelque peu péjorative, loin d'être représentative de la véritable richesse que recèle le folklore.

Mais d’ailleurs qu’est-ce que le folklore ? C’est à cette question que devait répondre le Mucem au travers de son exposition dont l'ouverture, prévue le 4 novembre, a été repoussée à deux reprises. Elle est finalement démontée avant même avoir pu accueillir du public. 

Les équipes du Mucem ont donc posté sur leurs réseaux une vidéo de l'exposition. Guidée par Marie-Charlotte Calafat, co-comissaire de cette installation, cette visite donne à voir les oeuvres installées dans les salles du musée marseillais depuis plus de 4 mois, mais que peronne n'a pu contempler en raison de la fermeture prolongée des structures culturelles. 

Le folklore en question

 Avec "Folklore", le musée marseillais vous invite à explorer le folklore sous toutes ses coutures.

Mélanie Manchot, Perfect Mountain, 2011, épreuves photographiques et vidéo, Courtesy de l’artiste, Parafin London, UK et Galerie m, Bochum, Allemagne.
Mélanie Manchot, Perfect Mountain, 2011, épreuves photographiques et vidéo, Courtesy de l’artiste, Parafin London, UK et Galerie m, Bochum, Allemagne. © Adagp, Paris, 2020 / © Courtoisie Melanie Manchot, Parafin London, UK et Galerie m, Bochum

 Deux musées, une exposition

« Folklore » est le résultat d’une collaboration entre le Mucem et le Centre Pompidou-Metz, Musée national d’art moderne.

Les deux établissements ont mis en commun 360 œuvres et objets. Objectif : retracer la relation parfois ambigüe qu’entretiennent les artistes avec le folklore.

L’implication d’un musée d’art contemporain dans une telle exposition témoigne du rôle paradoxalement prépondérant de la modernité dans le folklore, un terme dont le sens ne fait d'ailleurs pas consensus.
Assimilé à la tradition et l'authenticité, il s'opposerait pour certains à l'idée d'avant-garde, pour d'autre, il est le socle de la création contemporaine.

Parcourir l’Histoire 

De Paul Gauguin et Paul Sérusier lancés dans une quête des origines, à Bertille Bak, qui revisite un folklore uniformisé par la mondialisation, en passant par l’instrumentalisation du folklore au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’exposition offre une profonde réflexion sur ce qu’est le folklore.

Les curiosités ne manquent pas dans l’exposition pour montrer en quoi les folkloristes ont redécouvert, modelé, occulté, falsifié le passé comme le présent.

Marie-Charlotte Calafat, co-commissaire de l’exposition

C’est dans le dialogue entre de grandes œuvres et des artefacts délaissés que réside la grandeur de cette exposition.

Organisée en 6 sections, « Folklore » aborde les paradoxes ainsi que l’inépuisable répertoire de formes et de techniques qu’abrite ce concept.

Vassily Kandinsky, Lied, 1906, tempera sur carton glacé, 49 x 66 cm. Centre Pompidou, musée national d’Art moderne, Paris, Legs de Nina Kandinsky, 1981.
Vassily Kandinsky, Lied, 1906, tempera sur carton glacé, 49 x 66 cm. Centre Pompidou, musée national d’Art moderne, Paris, Legs de Nina Kandinsky, 1981. © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Meguerditchian

Le musée marseillais s'intéresse aussi aux traditions orales, langues, contes et rituels qui constituent son essence, et pose la question de la collecte de de ce patrimoine si précieux dont s’empare aujourd’hui l’industrie touristique.

Peut-on actualiser le folklore ? Le folklore est-il authentique ? Comment sauvegarder le folklore souvent décrié par la science pour son côté fantaisiste ? c'est à ces questions que répondait l'exposition installée au J4.

Mucem chez vous

Malgré la fermeture des établissement culturels, le Mucem est déterminé à tenir en haleine le public. 

Les plus impatients ont pu assister à une grande avant-première en direct sur les réseaux sociaux mardi 3 novembre à 19.00, veille de l'ouverture théorique de Folklore. L'occasion de découvrir avant tout le monde les premiers éléments de l'exposition. Cette émission spéciale diffusée en direct était animée par Olga Bibiloni, journaliste culture à La Provence. 

Revoir l'avant-première :


Les lundis d'après, une série de tables rondes diffusées en direct sur la page Facebook et la chaîne Youtube du Mucem, sont aussi une manière, pour les équipes du musée, de garder le lien avec le public. 

L'exposition connectivités a également fait l'objet de captations qui permettent au public de déambuler à travers l'expostion, comme s'ils y étaient. 


Autant de contenus digitaux, qui tentent de se substituer aux rencontres physiques, que les acteurs de la culture espèrent revivre au plus vite. 


Infos clés :
"Folklore" : annulée
Site du Mucem : ici

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
partenariats événements sorties et loisirs art culture musée tradition expositions artisanat économie tourisme